Actualités

TCSP, train et nouvelles routes pour libérer les Réunionnais des embouteillages

Patrick Lebreton présente une nouvelle politique des déplacements à La Réunion

Manuel Marchal / 16 octobre 2015

Après la politique portuaire au Port, le développement des aéroports et du tourisme à Pierrefonds, Patrick Lebreton tenait hier sa troisième conférence de presse thématique. La tête de liste de l’Union des Forces de Progrès pour le Développement et l’Égalité aux élections régionales a présenté hier ses propositions « pour une nouvelle politique des déplacements ». Au programme : la réalisation sur plusieurs mandats d’un TCSP entre Saint-Benoît et Saint-Joseph en privilégiant le chemin de fer et en incluant Le Tampon, à plus court terme de nouvelles routes pour désenclaver l’Est, le Sud et Le Tampon, et l’annonce d’un audit financier, juridique et environnemental sur le projet de nouvelle route du littoral. Car si son coût dépasse 1,6 milliard d’euros, alors tous les autres investissements seront compromis.

JPEG - 74.4 ko
Christine Soupramanien, Lindsay Malet, Mélissa Mogalia, Gérard Perraut, Michèle Caniguy, Patrick Lebreton, Jean-Claude Fruteau et Maurice Gironcel.

Patrick Lebreton, tête de liste de l’Union des Forces de Progrès pour le Développement et l’Égalité, avait donné hier rendez-vous à la presse à Saint-Benoît. L’objet était la présentation des propositions pour une autre politique des transports. À ses côtés : Jean-Claude Fruteau, député-maire de Saint-Benoît, Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR et maire de Sainte-Suzanne, Michèle Caniguy, conseillère départementale et membre de l’Association pour la défense des intérêts des Réunionnais de l’Est, Lindsay Malet, étudiante, Christine Soupramanien, conseillère régionale du Progrès, Melissa Mogalia, secrétaire de la section socialiste de la Plaine des Palmistes, et Gérard Perraud, conseiller municipal de Saint-Benoît.

Jean-Claude Fruteau a lancé la conférence de presse en expliquant que Saint-Benoît illustre le coma circulatoire que connaîtra La Réunion si des mesures efficaces ne sont pas prises. Il a aussi rappelé qu’aux côtés de Maurice Gironcel au Conseil général, il avait travaillé à la création du réseau des Cars Jaunes. Jean-Claude Fruteau va également animer le Comité de Parrainage aux côtés de Paul Vergès. Au sein du Comité, il sera aussi question des déplacements, car c’est un problème qui ne pourra être réglé que sur le long terme.

Patrick Lebreton fait tout d’abord le constat d’une hausse constante du trafic routier : 2 à 4 % par an. Le parc automobile a triplé en 20 ans. Conséquences : 90.000 véhicules par jour entre l’Est et Saint-Denis, 61.000 entre Saint-Denis et l’Ouest, 84.000 entre Saint-Paul et Le Port, 67.000 entre Saint-Pierre et l’Ouest, 55.000 entre Le Tampon et Saint-Pierre, 27.000 entre Saint-Pierre et le Sud Sauvage.

Un TCSP pour toute l’île

« La NRL ne réglera pas le problème de la saturation du réseau routier », souligne Patrick Lebreton, « et risque d’empêcher un vrai projet et une vraie vision pour La Réunion ». Son coût n’est pas maîtrisé et les 1,6 milliard annoncés ne seront qu’un acompte.
L’Union des Forces de Progrès propose donc une alternative qui s’inscrit dans le court, le moyen et le long terme.

La perspective, c’est la réalisation sur plusieurs mandats d’un Transport en commun en site propre (TCSP) allant de Saint-Benoît à Saint-Joseph en passant par Saint-Denis. « C’est Paul Vergès, président du Comité de parrainage, qui est à l’origine de cette belle idée », poursuit Patrick Lebreton, rappelant les débat qui ont eu lieu autour du projet de tram-train en 2010. « Le TCSP sera l’avenir de notre île. Il faudra privilégier la voie ferrée », précise-t-il, « nos amis communistes l’ont compris avant d’autres ».

Le chantier débutera par les deux extrémités. Cela permettra dans un premier temps un mode de transport rapide entre Est et Nord (de Saint-Benoît à Saint-Denis) et entre Sud et Ouest (de Saint-Joseph à Saint-Leu). Le Sud comptera 400.000 habitants, et le projet de TCSP inclura Le Tampon, une ville de mi-pente qui aura plus de 100.000 habitants en 2030.
Les autres tronçons viendront ensuite, afin que le coût financier soit supportable. C’est pourquoi le prochain mandat sera celui des études et du début du chantier, et le suivant celui de la réalisation.

Désenclavement de l’Est, du Sud et du Tampon

À plus court terme, Patrick Lebreton prévoit de nouvelles liaisons routières. Il propose de réparer le réseau routier de l’Est entre Basse Vallée et Sainte-Anne, pour régler le problème des ponts rétrécis et des radiers.
La déviation de Saint-Benoît sera réalisée, ainsi que la nouvelle route des Plaines. Autre projet : « la rocade du Tampon s’impose aujourd’hui. Elle accompagnera l’essor de cette ville qui accueillera 100 000 habitants en 2030 ». L’Union des Forces de Progrès pour le Développement et l’Égalité prévoit de boucler la Croix du Sud, liaison routière rapide entre Saint-Louis, Le Tampon, Saint-Pierre et le Sud sauvage. Ce sera la construction de la liaison Asile Balance à Saint-Pierre.
Cela représentera entre 450 et 600 millions d’euros d’investissements.
Patrick Lebreton se place dans une vision globale, en lien avec l’aménagement du territoire. C’est la nécessité de revoir les grands équilibres, et doter les Réunionnais des grands équipements auxquels ils ont droit.

Responsabilité financière

Il place ce programme sous le signe de la responsabilité financière et d’une réponse rapide aux problématiques les plus urgentes. C’est un projet qu’il propose de partager auprès des intercommunalités.

C’est pourquoi Patrick Lebreton note l’importance d’un audit financier, juridique et environnemental du projet de nouvelle route du littoral. « Si ça dérape, on ne fait plus rien ». Il rappelle que dans le montant initial de 1,6 milliard figurait l’entrée de Saint-Denis. Or les 300 millions annoncés pour cette portion sont déjà dépassés, et la mairie de Saint-Denis étudie un péage…

MP3 - 1.5 Mo
Patrick Lebreton.


Kanalreunion.com