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Témoins de l’Histoire

Roland Robert et Camille Dieudonné

Céline Tabou / 22 octobre 2012

A l’occasion de la conférence de presse du PCR, le 19 octobre, sur le thème « La manifestation des Algériens le 17 octobre 1961 à Paris : De la solidarité du PCR, à la reconnaissance de la répression par le Président de la République », Roland Robert et Camille Dieudonné ont relaté les faits qui se sont déroulés sous leurs yeux, la manifestation du 17 octobre et les fraudes électorales massives faites dans la violence.

Résidant à Paris, lors de la manifestation de la diaspora Algérienne, le 17 octobre 1961, Roland Robert, alors jeune enseignant de 24 ans, a expliqué les discriminations contre les Algériens et notamment le couvre-feu au faciès. « J’étais jeune Réunionnais blanc, je me faisais contrôler comme les Algériens, car j’étais typé. Moi, qui me croyais blanc, je me suis souvent fait arrêter par la police » a-t-il expliqué.
Ce dernier a indiqué que quelques jours avant la manifestation, « des bruits circulaient, on savait qu’il se passer quelque chose ». Ce défilé, préparé pacifiquement, pour l’indépendance de l’Algérie s’est fini par un massacre. La répression extrêmement violente à l’encontre des manifestants du FLN met aussi en évidence les nombreuses répressions subies par les militants et militantes du PCR qui ont dû faire face aux policiers armés.

Une reconnaissance qui aurait pu arriver plus tôt

Roland Robert a indiqué que « 51 ans plus tard, François Hollande reconnait les crimes ». « Je me suis demandé s’il avait réellement dit ça, car cela ne m’apprend rien ». « Cependant, je note tout de même qu’il y a eu de nombreuses occasions de dire la vérité et de reconnaitre les faits. D’ailleurs, des occasions ont également été données pour faire oublier les déclarations de Maurice Papon ». En effet, ce dernier avait annoncé le 2 octobre précédent la manifestation, que « pour un coup donné, nous en porterons dix ». Pour conclure, Roland Robert a appelé à « un peu plus de respect pour Paul Vergès qui a mené la lutte pour la liberté du peuple réunionnais et algérien », car « Paul Vergès n’a pas forcément besoin d’être réhabilité mais il a le droit au respect ».

Des fraudes orchestrées par le pouvoir

Camille Dieudonné a témoigné des fraudes électorales contre le PCR, également dénoncées par Paul Vergès qui avait porté plainte contre celles-ci. Revenant sur la clandestinité de Paul Vergès, Camille Dieudonné a évoqué les meetings annoncés avec la présence de Paul Vergès, notamment à Saint-Denis, à la Cour Basile, siège de la CGTR. Ces meetings mettaient aux abois les policiers qui le recherchaient et qui, une fois sur place, voyaient une bande sonore tourner avec la voix du président du PCR.
Alors jeune enfant, suivant son père dans les meetings du PCR, Camille Dieudonné s’est souvenue de la fraude massive qu’il y avait eu en 1962, dans les bureaux de vote.
Frappée par la répression de la police et les violences des opposants, Camille Dieudonné a évoqué le rôle de résistance du PCR ainsi que son rôle pour la liberté électorale. « C’était un grand scandale sur le plan des fraudes, si bien que Michel Debré les avait reconnues. C’étaient des fraudes gigantesques et préparées par le pouvoir ». Cette dernière a conclu en expliquant le « parti a montré sa volonté de libérer la parole des Réunionnais » et à faire des Réunionnais des « citoyens pleinement responsables ».

 Céline Tabou 


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