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Tentative de mise sous tutelle de la CINOR par la Région

Après l’échec de la prise de contrôle du Conseil général

Témoignages.re / 13 septembre 2010

Le président de la CINOR et également 1er vice-président de la Région, Jean-Louis Lagourgue, veut mettre la CINOR sous tutelle de la Région et de son président Didier Robert afin de faire aboutir le projet de la Région du Trans éco express (TEE). Selon la note qui devrait être présentée au prochain Bureau de la communauté, il est imposé une participation financière de la CINOR à la réalisation de l’étude menée par la Région sur le TEE dans le cadre d’un groupement de commande. Et tout cela, sans concertation avec le Département qui, rappelons-le, reste l’Autorité organisatrice des transports interurbains (AOT) en matière de déplacement par bus. S’ajoute également le fait que ce projet de Trans éco express ne constitue qu’un projet d’infrastructure et ne comporte pas de dimension transport du fait que la Région n’est pas une autorité organisatrice dans ce domaine.

Le président de la CINOR, Jean-Louis Lagourgue, veut mettre la CINOR sous tutelle de la Région et de son président Didier Robert. En effet, la CINOR participerait à une étude de faisabilité menée par la Région sur le Trans éco express (TEE). Pour cela, il est demandé une participation financière de la CINOR à la réalisation de l’étude sur le TEE menée par la Région dans le cadre d’un groupement de commande.
De plus, cela se fait sans concertation avec le Département, qui reste l’Autorité organisatrice des transports interurbains (AOT) en matière de déplacement par bus. Un courrier a été envoyé dans ce sens par le Département au président de la CINOR. Le Département n’a été associé à une quelconque réflexion sur l’articulation des offres de transport et de leur complémentarité sur l’itinéraire.

Le Trans éco express est une coquille vide

S’ajoute également le fait que ce projet de Trans éco express ne constitue qu’un projet d’infrastructure et ne comporte pas de dimension transport du fait que la Région n’est pas une autorité organisatrice des transports tels que les bus. Il s’agit donc d’une coquille vide. Ce qui saute aux yeux immédiatement est l’ignorance complète des règles juridiques : en effet, la loi attribue au Département la compétence en matière de transports. La Région ne peut s’y engager qu’en dernier ressort, si elle constate une carence évidente en la matière. Or, avec 5 millions de voyages par an, pour un coût global de plus de 21 millions d’euros, cette condition n’est évidemment pas remplie… d’autant plus que la contribution du Département dans cette somme allouée aux transports publics se monte à 14 millions d’euros, qui s’ajoutent aux 6 millions de recettes.

Didier Robert a menti au Réunionnais

Il est aujourd’hui établi que lors de la dernière campagne électorale, l’équipe qui dirige actuellement la Région a menti purement et simplement à la population réunionnaise.
Alors même que la Région soutient la politique gouvernementale scandaleuse en matière de continuité territoriale par son contenu discriminatoire envers les Réunionnais, Didier Robert demande à la CINOR de participer à l’étude de faisabilité du TEE, projet initié par la Région.
Il aggrave les injustices en faisant payer aux Réunionnais 9 millions d’euros via la Région, une compétence qui relève de l’État.
En effet, la Région se substitue à l’État et débourse 9 millions d’euros en matière de continuité territoriale. Et de l’autre, il y a mise sous tutelle de la CINOR par Didier Robert en demandant à celle-ci de participer à une étude sur le projet de 2.000 bus. Il est par ailleurs étonnant que ce projet de 2.000 bus soit complètement détaché des problématiques d’aménagement du territoire.

Mettre 2.000 bus ne va pas résorber les embouteillages

Mettre plus de bus ne va pas résorber les embouteillages, et encore moins diminuer les émissions de gaz à effet de serre. D’autant que Didier Robert n’a pas pris en compte le coût du kilométrage. Le coût de fonctionnement de 2.000 bus sur une année est de 288 millions d’euros. Ce qui, sur 30 ans, correspond à une dépense de 1 milliard d’euros pour la collectivité. À cela s’ajoute le prix d’achat de 2.000 bus, qui doivent être renouvelés plusieurs fois au cours de ces 30 ans. Sans compter le prix de la construction de couloirs spéciaux, le prix des 2.000 bus serait donc de 8,640 milliards d’euros pour 30 ans, soit beaucoup plus que le tram-train. Le coût global total est très nettement plus important que les 650 millions d’euros annoncés par Didier Robert.
Cet investissement est donc impossible, car cette dépense engloberait une bonne partie du budget de la Région.
Il est donc inadmissible que la CINOR soit mise sous tutelle de la Région en imposant à l’intercommunalité de financer l’étude d’un tel projet.


L’exemple du conflit d’intérêts

Depuis 2008, Didier Robert a fait plusieurs tentatives pour prendre le contrôle du Conseil général. Elles ont toute échoué. Cette fois-ci, c’est la CINOR qui est mise à contribution dans la stratégie de Didier Robert, avec comme levier celui qui était présenté comme le futur président du Conseil général par les amis de Didier Robert, c’est-à-dire Jean-Louis Lagourgue.
Durant la campagne électorale, Didier Robert avait promis un réseau de 2.000 bus supplémentaires destiné à mailler les quartiers des 24 communes, le Trans éco express. Moins de six mois après le changement de Direction à la Région, il n’est plus question de 2.000 bus, mais d’un projet d’infrastructure routière appelé Trans éco express. Et en plus, Didier Robert veut faire payer aux collectivités ce projet.
Candidat battu à l’élection de la présidence du Conseil général, Jean-Louis Lagourgue est le président de la CINOR depuis peu, et il est aussi le vice-président de la Région depuis le mois de mars. Il veut imposer aux communes de Saint-Denis et Sainte-Suzanne le financement d’une étude pour le prolongement du TCSP Bus de Saint-Denis à Sainte-Suzanne qui, comme par hasard, correspond à l’embryon du Trans éco express, c’est-à-dire le réseau de 2.000 bus sans les bus.
Les élus de la CINOR ont protesté et demandé de retirer le dossier de l’ordre du jour car la CINOR n’est pas là pour payer les études d’un projet de la Région. De plus, cette étude n’est pas non plus une décision de la CINOR, ni du Conseil général, autorité organisatrice et compétente en matière de transport interurbain par bus.
Le 1er vice-président de la Région recule et manœuvre alors en coulisse. Aux dernières nouvelles, on apprend qu’il serait susceptible de retirer le dossier pour le représenter sous une autre forme.
En matière de conflit d’intérêts, c’est un véritable cas d’école.
Jean-Louis Lagourgue exprime-t-il les intérêts de la CINOR qu’il préside, ou le 1er vice-président de la Région utilise-t-il la CINOR pour satisfaire les intérêts de la Région et de la politique du gouvernement.
Tout le monde a vu Didier Robert décider de prélever 9 millions d’euros du budget de la Région pour financer des billets d’avion à la place de l’État. Va-t-on voir cette fois-ci le 1er vice-président de la Région faire payer une étude de la Région par les contribuables de la CINOR ?


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