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Terla appelle à l’union pour écarter la politique de Didier Robert

Bilan désastreux d’un mandat qui coûtera cher aux Réunionnais

Témoignages.re / 6 novembre 2015

Catherine Gaud et Maya Césari ont expliqué pourquoi l’urgence est d’écarter la politique de Didier Robert « nuisible, clientéliste et rabaissante » qui a pour principe de ne pas respecter les Réunionnais en essayant d’acheter les consciences.

« Tout d’abord, sur cette mandature, une somme considérable est concentrée sur 12,5 kilomètres de route. On oublie totalement les entrées de Saint-Denis et les autres régions de La Réunion. Nous sommes OK pour une route du littoral, mais pas de cette surdimension ». Ce choix de Didier Robert correspond à une « ignorance affichée du président de Région pour le tiers des Réunionnais qui n’ont pas de voiture, les plus pauvres ».

Baisse des énergies renouvelables

Aujourd’hui, toutes les listes proposent un transport ferré, y compris celle du président sortant. « C’était notre proposition. On a donc perdu du temps ». Catherine Gaud rappelle qu’avec « la renégociation des accords de Matignon, les Réunionnais vont payer à 100 % les surcoûts » du chantier de la NRL. Sur ce dernier point, il est reproché à Didier Robert d’avoir « engagé les travaux avec une légèreté incroyable », notamment sans prévoir les matériaux nécessaires… « tout ça pour un chantier qui n’embauche que très peu de Réunionnais ».
L’élue de l’opposition revient sur la promesse des 2000 bus qui au final sont moins de 200 et qui contribuent à augmenter les embouteillages.
Le mandat de Didier Robert marque aussi la fin de l’ambition d’autonomie énergétique 2025, l’abandon de GERRI, de la géothermie, de la centrale énergie thermique des mers, de la centrale photovoltaïque de la route des Tamarins. « Le pourcentage des énergies renouvelables dans le mix énergétique a diminué ».

Désastre culturel

Maya Césari revient sur le plan ordinateur portable, 9 millions d’euros par an, soit au bout de cinq ans suffisamment d’argent pour construire un lycée. Cette « égalité des chances » à la mode du président de la Région Réunion n’en est pas une. « Nous considérons que l’égalité des chances est de diminuer le fossé entre ceux qui sont suffisamment aisés pour payer un ordinateur à leurs enfants, et ceux qui ont besoin d’être accompagnés.L’égalité des chances, c’est garder la propriété publique ».
Au lieu de cela, « c’est ce principe de distribution de chèques qui est mise en avant » par Didier Robert.
« La politique culturelle a été mise à mal. Des troupes historiques de La Réunion mises au tapis, Talipot, Acte Trois et Vollard en grandes difficultés », explique la conseillère régionale. Tout cela pour un « saupoudrage de subventions sans critère objectif. Chaque mardi passent des dossiers d’associations culturelles nées il y a quelques mois à qui ont donne quelques milliers d’euros ».
En tant que sénateur, Didier Robert a voté récemment la question préalable qui a bloqué le dossier qui permettait de consolider la défense de la langue créole. Il s’est donc opposé à la ratification de la Charte européenne des langues régionales ce qui « va à l’encontre de l’identité, de la mémoire et de la culture réunionnaise ».

Avenir sacrifié

Le co-développement est totalement réduit à des partenariats purement économiques, poursuit Maya Césari. « Cette politique est confiée presque exclusivement à une association présidée par le frère d’une vice-présidente : de 150 000 à 600 000 euros de subvention annuelle. Le président de cette association a bénéficié d’une subvention de 30 000 euros pour faire un audit dans son entreprise », déplore l’élue. « On a vu apparaître une très grande fréquentation des Seychelles, alors que Madagascar 25 millions d’habitants, avec un lien historique important avec La Réunion est à peine prise en considération », indique Maya Césari. Or le développement de La Réunion ne pourra se faire sans avoir à l’idée qu’à quelques centaines de kilomètres de notre île « Madagascar comptera 55 millions en 2050 ».

Didier Robert le gaspilleur

« On a pu voir la multiplication des embauches politiques avec des élus de municipalités de droite employés au cabinet ou ailleurs à la Région », poursuit-elle. Les dépenses de personnels sont passées de 60 à 120 millions, avec le recrutements de centaines de contractuels. Didier Robert, c’est le doublement des frais de bouche et des frais de mission, sans que les bénéficiaires des missions ne soient tenus de faire un compte-rendu aux autres élus en Commission permanente.
Autre gaspillage : « le passage de plusieurs associations en SPL, qui permettent aux présidents de ces sociétés d’être rémunérés, or tous les présidents de SPL sont des élus de la Région, et la rémunération ne subit pas l’écrêtement ». Le plus gros exemple est celui de Maraïna. Cette SPL était très fortement déficitaire pendant 3 ans, ce qui n’a pas empêché Didier Robert de s’octroyer un salaire de 8000 euros par mois quand il était président de cette structure.
Les dépenses pour l’IRT (Ile de La Réunion tourisme) ont été augmentées : 35000 euros de loyer par mois. Maya Césari note l’achat de la propriété de Montgaillard au-dessus du prix des Domaines, « ça profite à qui ? », ainsi que la location a un prix élevé de la Maison des grands chantiers au Barachois, toujours vide de public, mais qui rapporte un bon prix à son propriétaire.

L’échec du tourisme

Catherine Gaud revient sur l’année de la jeunesse : aucun lycée construit dans cette mandature ce qui prouve que l’éducation n’est pas si importante que ça. Elle note une politique de formation professionnelle inadaptée : 300 millions qui partent pour que les jeunes ne trouvent pas d’emploi. De plus, « le sénateur Didier Robert a proposé de prendre 10 millions d’euros du budget du RSMA pour le mettre sur la continuité territoriale pour distribuer ».
Ce mandat a été celui de l’échec du tourisme, alors que Didier Robert en avait fait une affaire personnelle en décidant de gérer lui-même cette délégation. Où sont les 600 000 touristes promis ? Tout cela malgré les multiples missions du président de Région et de son large entourage : plus de 300 000 euros de dépenses pour voyage en Australie, 10 missions aux Seychelles.
Quand Didier Robert a laissé son siège de député à Jacqueline Farreyrol, « il s’est fait nommer parlementaire en mission pour faire un rapport sur le tourisme et l’artisanat », mais où est ce rapport ?

Pour l’union des listes progressistes

Enfin, le président de la Région Réunion a renoncé à demander à l’État UMP de considérer les Réunionnais comme des citoyens à part entière. Il a choisi de prendre dans l’argent des Réunionnais pour financer des dépenses relevant de l’État. C’est l’exemple de la continuité territoriale : « il a renoué avec des vieilles manières, en faisant perdre 25 millions d’euros chaque année au budget de la Région ».
« Au regard de ce bilan accablant, il nous apparaît essentiel de faire appel à tous ceux qui s’opposent à l’actuelle politique de Didier Robert. Que ces différentes listes puissent s’engager à s’unir, à mettre de côté leurs différends, leurs rancœurs passées pour un objectif d’intérêt général », souligne Catherine Gaud, « en tant que Terla, nous souhaitons appeler au rassemblement des forces progressistes, que l’essentiel c’est le programme, que les programmes soient débattus, que l’intérêt supérieur des Réunionnais gagne ».


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