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Tous « au service d’une ambition collective répondant aux aspirations de la population »

Pour préparer le renversement du gouvernement dans cinq mois, appliquons une résolution du 7e Congrès du PCR

Manuel Marchal / 21 décembre 2011

Pour la seconde année consécutive, le gouvernement compte supprimer des postes dans l’Éducation nationale. Sur plus de 14.000 emplois supprimés dans ce service public en 2012, 156 concerneront La Réunion. Il reste cinq mois pour répondre à une aspiration profonde de la population : stopper la casse sociale. Le 7e Congrès du PCR avait rappelé la responsabilité de chacun dans l’accomplissement de cette ambition collective de répondre aux attentes de la population.

L’année dernière, le gouvernement a fait voter le premier budget du plan d’austérité. À La Réunion, une des répercussions a été la suppression de 169 postes d’enseignant. Cette année, c’est la seconde loi de finances du plan d’austérité. Le ministre de l’Éducation nationale a pris les devants. Lors du Comité technique ministériel, il a été annoncé que La Réunion va encore perdre 156 postes supplémentaires. Cette mesure s’inscrit dans un plan global où il n’est pas tenu compte de nos spécificités.

Paris veut faire payer les pauvres

Cette politique d’austérité trouve son origine dans le déficit considérable créé par ce gouvernement. En 2009, le déficit public a frôlé les 8% du PIB. L’objectif est donc de récupérer 100 milliards d’euros. Mais au lieu d’aller chercher l’argent où il se trouve, c’est-à-dire chez ceux qui ont profité des cadeaux fiscaux de l’UMP, le gouvernement tente de pressurer la population la plus pauvre en réduisant les dépenses sociales et en dégradant les services publics. C’est la poursuite de la politique du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, c’est la suppression de la retraite à 60 ans, c’est le coût toujours plus cher des soins qui amène une partie toujours plus grande de la population à ne plus pouvoir faire face au prix des médicaments.
La suppression d’emplois publics à La Réunion est un des volets de cette orientation idéologique : faire payer aux plus pauvres le prix d’une crise qu’ils n’ont pas créé. Cette politique, la population n’en veut pas, et cela d’autant plus qu’à La Réunion, la moitié du peuple vit en dessous du seuil de pauvreté.
La suppression de 156 postes à la rentrée de septembre n’est pas le seul projet que le gouvernement a dans les tuyaux. Il prévoit aussi de retirer 2 milliards d’euros aux collectivités, ainsi le gel des dotations ne serait qu’une étape transitoire vers un désengagement de l’État central de ses responsabilités. Dans le contexte réunionnais, c’est une accélération de la crise en perspective.

Rassemblement et cohésion

Mais tout n’est pas encore perdu. Au mois d’avril a lieu une élection présidentielle. Tout doit être mis en œuvre pour que le candidat de ce gouvernement perde, et que la dynamique créée permette un changement de majorité à l’Assemblée nationale. Ainsi le plan d’austérité de l’UMP sera mis en échec, et l’essentiel sera sauvé avec la remise en marche des grands chantiers tels que le tram-train ou la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise et le renoncement aux suppressions de poste dans le secteur de la fonction publique.
Ce changement est possible à condition que le rassemblement s’élargisse et se renforce. La cohésion doit être telle qu’une feuille de papier ne doit pas pouvoir se faufiler dans le front qui se lèvera, galvanisé par la victoire du PCR à Sainte-Suzanne dans moins de deux mois.
Le 20 décembre est l’exemple vivant de la capacité que nous avons à nous rassembler pour renverser des situations difficiles. À l’époque de la répression la plus féroce, seuls les communistes pensaient que la célébration de l’abolition de l’esclavage allait à nouveau retrouver la lumière. Pendant ces décennies de clandestinité, il a fallu le sacrifice des militants pour qu’aujourd’hui dans toute l’île raisonnent le roulèr et le kayanm de la liberté.
La célébration du 20 décembre correspondait à une attente de la population, il n’y a qu’à voir aujourd’hui l’engouement autour de l’abolition de l’esclavage. Tous les communistes, et notamment les élus, avaient donc pris leurs responsabilités dans cette ambition collective de répondre aux revendications du peuple. Et ils ont gagné, avec leur peuple.
Fidèles aux engagements de nos aînés pour un monde meilleur, à nous d’être à la hauteur pour que notre action militante définie collectivement puisse laisser aux générations futures le droit de vivre dans une Réunion développée. La prochaine étape de cette lutte, c’est le renversement de ce gouvernement par les urnes, pour que cesse cette politique de casse sociale.

M.M.


Un gouvernement perdu

Toutes ces restrictions sont loin d’empêcher l’aggravation de la crise. C’est bien une autre politique qu’il faut mettre en œuvre, mais tant que Sarkozy sera à l’Élysée, c’est ce plan de rigueur qui sera appliqué.
Or, ce plan a plongé la France dans la récession, et pour La Réunion ce sera encore plus difficile. Les mesures du gouvernement n’empêchent pas toute l’économie française de trembler face aux agences de notation. Une dégradation de la note, et ce sont des difficultés nouvelles pour les travailleurs, les collectivités, les banques et les entreprises, car le coût du crédit va augmenter.
Le gouvernement s’est déjà résigné à cette aggravation de la situation. Le Premier ministre ne cherche même plus à convaincre les agences de notation du bien-fondé de sa politique, il va dénoncer la Grande-Bretagne aux agences de notation pour dire en substance "si moi je plonge, pourquoi pas eux ?".


CGTR Educ’action : « les suppressions de postes sont une nouvelle fois au rendez-vous »

Dans un communiqué, la CGTR Educ’action revient sur le projet de supprimer 156 postes dans l’Éducation nationale.

« C’est vendredi 16 décembre que le Comité Technique Ministériel (CTM) a arrêté les "dotations" académiques. Les syndicats ont tous quitté la séance. En effet, alors que le budget n’a pas encore été voté, Chatel s’est assis sur les règles de base régissant le dialogue social en présentant aux syndicats les documents préparatoires au CTM le jour même alors que la réglementation impose une transmission de ceux-ci 8 jours avant la convocation de l’instance paritaire.
Le projet est saignant. Les suppressions de postes sont une nouvelle fois au rendez-vous (…). Ces nouvelles suppressions de postes frapperont toutes les académies à l’exception de la Guyane. Notre académie sera une nouvelle mise à contribution au nom de l’effort national alors que comme en Guyane nous présentons des particularités fortes et que nous aurions du être placés en raison de celles-ci en zone 0 suppression de postes.
Comme cette année, le gouvernement entend taper là où les besoins sont les plus grands :

- augmentation de la taille des classes dans les écoles et les collèges,

- au niveau de la filière administrative : dépouillement des emplois dans les rectorats et EPLE

- enseignants affectés "hors des classes", en particulier disparition progressive des RASED, ces enseignants du premier degré spécialisés pour aider les élèves les plus en difficulté,


- disparition progressive des assistants en langues étrangères dans le premier degré,


- regroupement d’établissements,


- poursuite de la diminution de la scolarisation des enfants de 2 à 3 ans (…) ».


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