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Tous les jeunes dans l’action pour le 28 novembre

L’AJFER présente l’Année internationale de la jeunesse à La Réunion

Témoignages.re / 4 octobre 2010

L’année internationale de la jeunesse qui s’est ouverte en août dernier doit avoir son écho à La Réunion. C’est dans ce cadre que l’AJFER a effectué les démarches auprès de l’ONU afin que la date du 28 novembre 2010 soit inscrite au calendrier de l’année internationale comme le "Symposium de la jeunesse réunionnaise". L’AJFER appelle toutes les organisations de jeunesse à participer à cet événement « afin de construire ensemble La Réunion de demain, La Réunion du million d’habitants ».

La Réunion sera pleinement présente dans cette Année internationale de la jeunesse. Notre île le doit à l’Alliance de la jeunesse pour la formation et l’emploi à La Réunion (AJFER). L’AJFER organise en effet un "Symposium de la jeunesse réunionnaise" le 28 novembre prochain. Contribution réunionnaise à un événement planétaire, ce symposium fera entendre la voix des jeunes Réunionnais à l’occasion de l’Année internationale de la jeunesse.
La Réunion compte, selon l’INSEE, 232.000 jeunes de 15 à 34 ans qui représentent 30% de la population totale et les jeunes forment 42% de la population active. Cette jeunesse, force vive de La Réunion, souvent citée comme exemple, reste malheureusement trop souvent marginalisée aux grandes décisions qui les concernent.
Pourtant la situation dans laquelle se trouve notre jeunesse est des plus préoccupantes. En effet, dans une société déjà touchée par un taux de chômage très élevé, ce sont les jeunes qui en payent le plus lourd tribut avec plus de 50% des jeunes de moins de 25 ans au chômage. « Ce taux n’est comparable à aucun autre département de France et d’Europe », rappelle l’AJFER.

« Assé gaspi nout jeunesse ! »

Avec 52% de la population vivant sous le seuil national de pauvreté et une crise qui va en s’amplifiant, c’est quotidiennement que les jeunes de La Réunion voient leur avenir de plus en plus s’assombrir avec la fin des grands chantiers, les fermetures d’entreprise (1.500 supplémentaires prévus d’ici la fin de l’année), la baisse du pouvoir d’achat et l’augmentation de la pauvreté.
L’AJFER tire la sonnette d’alarme : « alors que l’OIT parle de « génération perdue », si rien n’est fait, à La Réunion, c’est toute la jeunesse qui sera totalement perdue ».
Face à cette situation déjà catastrophique, des décisions politiques vont aggraver la situation des jeunes et des plus pauvres à La Réunion : réforme des retraites, suppression de 16.000 postes dans l’Éducation nationale, gel des dotations des collectivités, diminution des aides au photovoltaïque, fin de la défiscalisation, fin du protocole de Matignon, fin du programme GERRI, fin des contrats aidés, fin de la politique publique de santé.
« Ces décisions sont autant de crimes commis à l’égard des jeunes », constate l’AJFER, « car ce sont bien nous qui trainerons comme un boulet durant toute notre vie ces décisions que nous n’avons pas choisi mais qui pèseront sur notre avenir, l’avenir de La Réunion ».
Car il est urgent d’agir. La Réunion atteindra le million d’habitants en 2030. Comment faire face aux défis actuels tout en prévoyant l’arrivée de 200.000 personnes de plus en moins de 20 ans ?
« Nous avons donc 20 ans pour redresser les choses », affirme avec force l’AJFER, « il est de notre responsabilité de prendre l’avenir de La Réunion en main, de construire le développement durable de notre île et de garantir notre avenir et celui des générations futures ».

Arèt coz la jeunesse, sans la jeunesse !

Car dans cette lutte, l’AJFER appelle les jeunes à assumer leur responsabilité historique dans la bataille : « nous devons porter l’avenir de La Réunion tout en étant digne de ce que nous ont laissé les générations avant nous et en ayant la responsabilité de ce que nous laisserons comme héritage aux générations après nous ». « Nous devons créer les conditions pour que chaque jeune puisse s’exprimer et porter ses revendications. Faisons entendre la voix de la jeunesse réunionnaise », ajoute l’AJFER.
C’est dans ce combat qu’intervient la participation de La Réunion à l’Année internationale de la jeunesse. L’AJFER a pris contact avec l’ONU pour que la contribution de notre île soit inscrite dans le calendrier international de l’Année internationale de la jeunesse. Rendez-vous donc le 28 novembre pour le "Symposium de la jeunesse réunionnaise".
Ainsi, l’Année internationale de la jeunesse à La Réunion permettra d’amplifier la voix de ceux qui représentent l’avenir de notre pays, et qui sont très durement touchés par la crise.
« Ce sera l’occasion pour l’ensemble des jeunes de s’exprimer et de définir ce qu’ils veulent pour leur avenir », précise l’AJFER. « Nous appelons l’ensemble des jeunes et des organisations de jeunesse à nous rejoindre pour cet événement afin de construire ensemble La Réunion de demain, La Réunion du million d’habitants ».


Priorité à l’embauche des jeunes formés à La Réunion

Face à ce contexte difficile qui en plus, ne cesse de se dégrader, l’AJFER constate que des injustices persistent, notamment dans les recrutements à La Réunion.
« Chaque année, sur 1.000 embauches dans l’Éducation nationale, seulement 100 Réunionnais sont recrutés (Cf. rapport sénatorial et INSEE) alors que La Réunion ne manque pourtant pas de jeunes qualifiés et diplômés », rappelle l’AJFER. Autre exemple : « pour la rentrée 2010, sur 600 arrivants, seuls 59 étaient originaires de La Réunion. Dans le même temps, 63 professeurs stagiaires réunionnais étaient jetés en France hexagonale dans des conditions déplorables, alors que des postes sont vacants à La Réunion ».
« Depuis 20 ans, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui ont échappé aux Réunionnais. Tout cela n’a que trop duré », ajoute l’AJFER.

Voici les revendications :

- la transparence sur le recrutement à La Réunion

- un état des lieux de la situation de l’emploi à La Réunion

- l’établissement d’un besoin prévisionnel en emploi, à La Réunion et ce pour les vingt prochaines années

- un plan de formation pour que les jeunes à La Réunion puissent occuper les emplois disponibles dans l’île

- l’adaptation du nombre de places aux concours en fonction des besoins réels de l’île

Ces revendications seront exposées à M. Boisson, sous-préfet en charge de la cohésion sociale et de la jeunesse, avec qui l’AJFER a rendez-vous le 15 octobre prochain.
« Nous espérons du sous-préfet, nommé lors du CIOM, qu’il mette en place les mesures concrètes afin de lutter contre ce chômage de masse qui condamne toute une génération à être perdue », affirme l’AJFER. Les élus seront également interpellés par l’AJFER « dans l’optique d’une concertation la plus large possible ».


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