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Tous unis contre la casse de la fonction publique par l’UMP

À un mois des élections cantonales

Manuel Marchal / 8 février 2011

Nouvelle conséquence de l’application du plan d’austérité du gouvernement : après les travailleurs touchés par l’aggravation du chômage et la réforme des retraites, après les retraités visés par la diminution de leur pouvoir d’achat, après les fonctionnaires frappés par des suppressions massives de poste et une remise en cause de leur statut, après les CRS qui lancent une grève de la faim, ce sont cette fois-ci les magistrats et les policiers qui d’un commun accord décident de passer à l’action. Ils sont en effet la nouvelle cible de Nicolas Sarkozy et de la politique d’austérité de l’UMP. Jamais la magistrature n’a connu une grève aussi importante, ce qui montre bien l’ampleur des dégâts de la politique de l’UMP.

Un magistrat à la télévision pour expliquer les causes d’un mouvement de grève dans tous les tribunaux : telle est la dernière conséquence de la politique de casse sociale menée par l’UMP.
A peine un mois après la mise en œuvre du premier des trois budgets du plan d’austérité du gouvernement, le mouvement de protestation atteint un point sans doute inimaginable voici encore quelques mois.
L’an passé, l’actualité des luttes avait vu sur le devant de la scène des travailleurs marchant par millions contre la politique du gouvernement. Malgré le succès éclatant de ces mobilisations, le gouvernement a décidé de passer en force. Il a fait voter la réforme des retraites, et dans la foulée le premier budget de son plan de rigueur. Rappelons que l’objectif du gouvernement est de trouver 100 milliards d’euros en trois ans, et pour cela il compte en priorité réduire les dépenses publiques.
Un mois à peine après la mise en œuvre du premier budget du plan de rigueur, la protestation touche une partie de la fonction publique que d’aucuns auraient pu croire à l’abri : la police et la justice.
Ce sont d’abord les CRS qui ont usé de tous les moyens à leur disposition pour empêcher le gouvernement d’appliquer des mesures d’austérité. Certains ont même été jusqu’à faire une grève de la faim.

Personne n’est épargné

Puis ce sont les déclarations du président de la République qui ont provoqué un mouvement sans précédent dans la police et la magistrature, révélant une crise très profonde. Dans tous les tribunaux, c’est la grève des audiences.
Invité hier soir dans le journal télévisé de Réunion Première, le délégué régional de l’Union syndicale des magistrats a dépeint une situation dramatique, où notamment un fonctionnaire de justice probationnelle doit surveiller 1.000 personnes. Ceci souligne que ces personnes se sont engagées à remplir une mission qu’elles n’ont plus la possibilité de réaliser par manque de moyens. Cette pénurie est à l’origine de faits pour lesquels les magistrats en ont assez d’être désignés responsables par le pouvoir central. Le représentant de l’USM a également noté que cette dégradation touche tout le service public, notamment l’Éducation nationale.
Jamais un tel mouvement n’avait touché la magistrature au cours de la 5ème République. Cela montre que la casse sociale concerne toute la fonction publique, personne n’est épargné.
À un mois d’élections cantonales qui s’inscrivent dans la campagne présidentielle de 2012, tous unis contre la casse de la fonction publique par l’UMP.

M.M.


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