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Tout dépendra de la commande publique

Perspectives 2013 pour le BTP

Céline Tabou / 16 février 2013

En dépit d’un « climat de grande incertitude et d’inquiétude pour la grande majorité des entreprises du secteur » l’activité du BTP à La Réunion devrait être assurée par la construction de logements sociaux et plus généralement par la commande publique.

À l’occasion d’une conférence de presse jeudi, la Fédération Réunionnaise du bâtiment et des travaux publics (FRBTP) a indiqué qu’en 2013, « la production de logements sociaux sera grandement conditionnée par la finalisation, dans les temps, d’une nouvelle procédure simple et lisible de garantie d’emprunts avec des acteurs se substituant au Conseil général ».
Selon une étude réalisée par la FRBTP en janvier 2013, 60% des entreprises membres de l’organisation ont prévu une stabilité pour cette année, contre 15% pour une hausse de l’activité et 25%, une diminution de celle-ci. Parmi ces entreprises, 10% devraient lancer des procédures de licenciements économiques. L’étude a également révélé une certaine morosité de la part des entrepreneurs qui sont 50% à penser que l’activité générale du BTP en 2013 sera en perdition.

Une inquiétude persistante

Les principaux sujets d’inquiétudes sont le volume d’activité, les prix anormalement bas et les délais de paiement. 70% des entreprises interrogées comptent sur la commande publique de travaux pour relancer l’activité du secteur.
Cette commande publique repose pour la FRBTP en grande partie sur le maintien de la production de logements sociaux à hauteur de 4 à 5.000 mises en chantier, l’accélération des « ordres de service de mises en chantier des projets des collectivités grâce à la mise en place de la Banque Publique d’Investissement venant redonner aux collectivités un accès au financement de leurs projets », et enfin la poursuite sur le plan régional, les grands chantiers et les plates-formes aéroportuaires et portuaires.
Dans le secteur privé, les acteurs attendent le développement des travaux d’économie d’énergie et quelques investissements en bâtiments industriels, commerciaux ou hôteliers. Avec 8.000 emplois directs perdus, la FRBTP a tenu à interpeller sur l’attitude des maitres d’ouvrages, notamment publics vis-à-vis des offres anormalement basses, des clauses et conditions d’insertion difficiles à tenir pour une grande partie des entreprises. La FRBTP a accusé la spéculation faite par certains maitres d’ouvrage qui s’attirent des marchés à des prix bas, sous couvert de ne pas payer leurs dettes sociales et salariales.

Céline Tabou

Des actes et non plus des paroles

• La FRBTP a dénoncé les effets d’annonce lors des périodes électorales et a accusé le coup « du séisme dont le secteur a été victime depuis quatre ans ». « Nos entreprises ont besoin de visibilité et de perspectives à moyen et long terme. Elles ont également besoin de reconnaissance : qualification et compétence, rôle économique, social, sociétal et territorial », a conclu Bernard Siriex, président de la FRBTP.


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