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Tram-train : trois jours avant une décision lourde de conséquences

Le président de la Région refusera-t-il la création immédiate de milliers d’emplois ?

Manuel Marchal / 28 mai 2010

L’Intersyndicale BTP propose à l’ancienne et actuelle direction de la Région, à l’État, au groupement Tram’tiss, à la CCIR, à la FRBTP et à la CAPEB de participer à une table-ronde pour faire toute la transparence sur les enjeux de la décision qui doit être prise dans trois jours. Le 31 mai, ce qui sera décidé par le président de Région sera lourd de conséquences.

Mercredi, une semaine après la mobilisation qui a eu lieu de la préfecture à l’hôtel de Région, l’Intersyndicale du BTP a de nouveau tiré la sonnette d’alarme. C’est en effet ce lundi que se termine la période de six mois durant laquelle a couru une clause suspensive au contrat de partenariat public-privé qui lie la Région au groupement d’entreprises Tram’tiss, constructeur et exploitant du tram-train.
Mercredi en conférence de presse, l’Intersyndicale du BTP a révélé sa dernière initiative : une lettre adressée au préfet et au président de la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion demandant la tenue d’une table-ronde sur le tram-train. Outre le représentant de l’État et le président de la Chambre consulaire, sont également invités l’ancienne et actuelle direction politique de la Région, les représentants des salariés et du patronat. L’urgence est déclarée pour notre pays. En effet, outre la nécessité de construire le plus rapidement possible une alternative écologique et économique au tout-automobile, le tram-train est un chantier prêt à démarrer.
La dernière incertitude vient des moyens consacrés par les partenaires de Tram’tiss au versement de la redevance annuelle perçue à partir de 2014 par le groupement d’entreprises qui doit construire et exploiter le tram-train. La levée de cette dernière incertitude est la raison d’être de la clause qui suspend provisoirement l’exécution du contrat liant la Région et Tram’tiss. Cette clause suspensive expire dans trois jours.
Avant les élections régionales, trois pistes avaient été explorées durant des négociations entre l’État et la Région. Il s’agissait notamment du versement par l’État à Tram’tiss d’une subvention d’investissement visant à faire diminuer le montant de la redevance annuelle, d’un effort plus important de la Région pour financer l’équivalent du tiers de la redevance annuelle et d’une dotation de l’État obtenue par une nouvelle recette provenant d’une taxation des bénéfices tirés par les sociétés de jeux de hasard opérant à La Réunion. La somme de ces trois moyens vise à assurer le paiement de la redevance annuelle.

Plus de deux milliards d’investissements

Mais depuis le 21 mars dernier, le changement de direction à la Région s’est accompagnée d’une nouvelle orientation. Le nouveau président de la collectivité a fait part plusieurs fois publiquement de sa volonté de remettre en cause le Protocole de Matignon qui fixe la répartition du financement du tram-train et de la route du littoral entre les différents partenaires : Région, État et Europe. Il a dit qu’il veut supprimer le tram-train.
Or, le document négocié par Paul Vergès, signé par le Premier ministre et l’actuel président de la République prévoit plus de deux milliards d’investissements au cours des sept prochaines années à La Réunion, au moment où notre pays est touché par une des plus graves crises de son Histoire. Sous maîtrise d’ouvrage Région depuis 2007, le tram-train est le projet le plus avancé. Il peut être lancé dès cette année, permettant la création immédiate de milliers d’emplois, sans oublier que les entreprises réunionnaises sont assurées d’avoir accès à au moins 500 millions d’euros de marchés. Dans toute la République, aucun territoire n’a une telle possibilité de relance de l’activité.
Cela signifie que la décision qui doit être annoncée dans trois jours sera lourde de conséquences. Des milliers d’emplois sont en jeu, le président de la Région prendra-t-il la responsabilité de les supprimer ?

Manuel Marchal


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