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Un budget 2012, loin des réalités économiques

Crise en France, conséquences à La Réunion

Céline Tabou / 30 décembre 2011

Chômage en hausse, possibilité de perte du triple A, récession annoncée, la situation économique de la France est loin de celle qui a fait naître le projet de loi de finance de 2012. Voté par la Cour Constitutionnel, ce budget entrera en vigueur le 1er janvier et touchera en premier les foyers modestes.

Les deux lois de finances, la loi rectificative pour 2011 et la loi de finances 2012, ont été publiées jeudi 29 décembre, au Journal officiel après avoir été validées par le Conseil constitutionnel sur l’essentiel de leurs mesures. Ce vote par les sages fait suite à la demande du groupe socialiste de l’Assemblée nationale qui jugeait le budget non conforme au principe de sincérité.
Le Conseil constitutionnel a "écarté les griefs tirés du défaut de sincérité", ont indiqué les sages dans un communiqué de presse cité par Reuters. Le Conseil a noté que le gouvernement avait modifié le projet de loi après avoir abaissé sa prévision de croissance et que "les hypothèses de croissance finalement retenues ne paraissent pas entachées d’une intention de fausser les grandes lignes de l’équilibre de la loi de finances". Cependant, les rectifications ne prenaient en compte que les indicateurs passés et présents et non les estimations.

Un budget dépassé

Né des deux plans de rigueur lancés par le gouvernement de François Fillon, le budget 2012 compte toutes les mesures de hausses d’impôts et de taxation décidée par l’UMP. Ses plans d’austérité prenaient alors en compte la crise économique d’août et novembre 2011, au moment où les dettes de certains États européens et des États-Unis avaient conduit Nicolas Sarkozy a lancé des mesures pour répondre aux marchés et éviter les sanctions européennes.
Cependant, ces plans de rigueur devenus loi budgétaire de 2012 n’ont pas pris en compte la situation économique actuelle et avaient pour unique objectif de permettre à la France de respecter ses engagements de réduction des déficits publics, malgré le ralentissement économique. Pointé du doigt pour ces mesures ne favorisant ni la croissance économique, ni l’emploi, le gouvernement n’avait pas, non plus, pris en considération les estimations sur la hausse du chômage, la récession et la précarité croissante en France et dans l’Outremer. Mais par contre, le gouvernement a bien décidé de faire contribuer la classe moyenne et les plus démunis qui devront se serrer la ceinture pour éviter à la France des sanctions de la part de Bruxelles, notamment avec le nouveau traité de l’Union européenne qui devrait être lancé.

15 milliards d’euros de hausse d’impôts en 2012

Forcé de constater que dès janvier, les prix vont considérablement augmenter. Mutuelle, assurance, TVA, impôt sur le revenu, gaz, électricité, taxation des plus-values immobilières, tous les secteurs de l’économie vont augmenter, mais pas les salaires, ni la création d’emploi. Cette augmentation des impôts va peser sur le pouvoir d’achat, le gouvernement devra alors réduire ses dépenses au lieu d’augmenter les impôts.
Parmi toutes les mesures mises en œuvre par l’UMP, le gel des prestations sociales devrait porter atteinte à la vie des Réunionnais, dont 1/3 survivent grâce aux aides sociales, de même que le gel des dotations de l’État aux collectivités va réduire les subventions régionales et générales, mais aussi freiner l’investissement de toutes les collectivités.
L’absence de croissance et les décisions imposées au budget 2012 font tout pour approfondir la prochaine récession à travers une rigueur brutale. D’autant plus que l’activité va être contractée et donc augmenter tous les déficits. La récession sévit en France et à La Réunion, tous les indicateurs sont au rouge et la question est de savoir si le prochain gouvernement de droite, conservera le budget tel quel, ou de gauche, tentera de réparer les dégâts économiques, politiques et sociaux de Nicolas Sarkozy.

Céline Tabou


Kanalreunion.com