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Un budget de 1,5 milliard d’euros pour le Conseil départemental

La plus grosse collectivité de La Réunion face à la baisse de la dotation de l’État

Témoignages.re / 16 mars 2016

Les conseillers départementaux étaient hier en assemblée pour voter le budget primitif de la collectivité. Sur un budget total de 1,5 milliard d’euros, les dépenses de fonctionnement constituent l’essentiel. L’investissement reste stable à 111 millions d’euros. L’État continue de se désengager avec la baisse de la dotation globale de fonctionnement, ainsi que la diminution de sa part dans le co-financement des emplois aidés. Les recettes fiscales sont en hausse.

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Après une minute de silence pour saluer la mémoire de Suger Hoarau, la séance plénière du Conseil départemental a débuté hier par l’examen des motions. Placée sous procédure d’urgence, une motion relative à la recentralisation du RSA (Revenu de solidarité active) a été adoptée. Une autre sur un plan d’action relatif au virus Zika a connu le même sort.

Une motion sur l’amélioration du réseau routier et la résorption des radiers a été présentée par Enaut Rivière, conseiller départemental du groupe Tampon Avenir. La motion demande la mobilisation de tous les acteurs concernés pour que les habitants des Hauts ne soient plus pénalisés par une voirie vulnérable aux crues subites provoquées par les fortes pluies.

Baisse des dotations de l’État

Le budget primitif du Conseil départemental de La Réunion s’élève à plus de 1,5 milliard d’euros. Il se traduit par une hausse des dépenses sociales. Comme tous les ans, les transferts financiers ne sont pas à la hauteur des compétences gérées par l’État à la collectivité. Le différentiel prévu s’élève à 147 millions d’euros. La dette cumulée de l’État dans ce domaine dépasse désormais un milliard d’euros.

Les dotations de l’État sont en baisse, alors qu’elles constituent 25 % des recettes. Les recettes apportées par la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE). L’apport de l’emprunt et de la fiscalité indirecte est en hausse de 6,8 %, grâce à l’augmentation des impôts collectés.

Plus de 1,3 milliard sont consacrés aux dépenses obligatoires de la collectivité. Le niveau d’autofinancement est à 8 millions d’euros. L’encours de dette est de 403 millions d’euros.

29 millions d’euros pour les mesures d’insertion.

111 millions pour l’investissement

Concernant l’investissement, l’investissement reste stable à 111 millions. L’augmentation provient donc des dépenses de fonctionnement. Les deux tiers sont globalisées sous le vocable de « l’épanouissement humain ».

Dans le budget 2016, les dépenses de personnel couvrent les salaires de 4537 agents permanents, pour 210 millions d’euros.

Harry Mussard a déploré que beaucoup de dossier concernant l’habitat sont en attente. Il relève également une baisse de 210.000 euros du fonds social logement.

L’élu du Progrès a noté également la hausse du produit des taxes sur le tabac augmente de 15 millions d’euros, alors que le budget consacré aux actions de lutte contre les addictions ne croît que de 110.000 euros.

Pour un prix unique de l’eau

André Thien Ah Koon a insisté sur l’évolution de la production agricole, avec le problème de l’irrigation. L’eau de Grand-Bassin descend vers la Saphir sans bénéficier aux agriculteurs des hauts.

Il a précisé qu’en termes d’irrigation, 400 hectares de maraîchage irrigués équivalent à 10.000 hectares de pâturage. Or, les éleveurs des Hauts subissent les effets d’un manque d’eau qui les oblige à acheter la paille car l’herbe des pâturages ne suffit pas.

André Thien Ah Koon a plaidé un prix unique de l’eau pour les agriculteurs des Hauts et ceux des Bas. Les premiers se disent touchés par une grave injustice. Ils paient l’eau au tarif de l’eau potable pour désaltérer les animaux et arroser les salades.

L’enjeu est de freiner l’exode de la population, a précisé l’élu du groupe Tampon avenir. Il souhaite que le développement des bas ne se fasse pas au détriment du développement des Hauts.

Le danger des APE

André Thien Ah Koon a également mis en garde contre les accords de partenariat économique, un danger pour La Réunion. « Les entreprises risquent de partir, elles pourront faire entrer des marchandises sans quota ni droit de douanes. L’alerte devra être donnée ». André Thien Ah Koon interpellera les candidats à la présidentielle sur les relations de La Réunion avec l’Europe, en particulier sur les APE.

Michèle Caniguy a constaté que la volonté est d’aller vers un rééquilibrage territorial. Elle a demandé que la micro-région Est bénéficie pleinement de ces mesures, au même titre que les Hauts.


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