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Un budget encore plus restreint

21 milliards d’économies en 2015

Céline Tabou / 2 octobre 2014

Présenté mercredi 1er octobre, le budget de l’État pour 2015 a des difficultés pour réduire la dette et les déficits malgré les efforts faits sur la dépense. En dépit du discours volontariste du ministre des Finances, Michel Sapin, la situation économique du pays reste très tendue.

La France « tient impeccablement les dépenses » et a « pris ses responsabilités », a assuré Michel Sapin, mettant le dérapage du déficit sur le dos de la conjoncture et du manque de soutien de l’activité par l’Europe. « L’Europe doit elle aussi prendre ses responsabilités dans toutes ses composantes », a indiqué le ministre lors d’une conférence de presse.

Prévision de croissance de 1 % en 2015

Le gouvernement prévoit une croissance de 1 % en 2015, qui devrait s’accélérer progressivement, à 1,9 % en 2017 en raison d’un redémarrage de l’inflation après un taux de 0,9 %, hors tabac, l’an prochain. Mais ces estimations restent floues d’autant que le Haut conseil des finances publiques a estimé le chiffre de 1 % “optimiste”.
L’organisme indépendant de l’exécutif pense que le « redémarrage rapide et durable de l’activité » ne s’annoncent pas avec les derniers indicateurs conjoncturels, ce qui signifie que la base statistique sur laquelle s’est construit le budget 2015 est déséquilibrée.
Globalement, le pays doit réaliser en 2015, 21 milliards d’euros d’économies, et 50 milliards sur trois ans, afin de limiter la hausse des dépenses publiques à 0,2 % par an. Toutefois, la hausse des dépenses est en « progression spontanée », et selon le gouvernement « si ces économies n’avaient pas été faites, elle aurait été de 1,7 % ». Pour Michel Sapin, ces économies sont les preuves de la crédibilité budgétaire française face à Bruxelles, et particulièrement la chancelière allemande, Angela Merkel.

21 milliards d’économies

Le projet de loi prévoit 21 milliards d’euros d’économies l’an prochain, dont 7,7 milliards sur l’État, 9,6 milliards sur les comptes sociaux (dont 3,2 milliards sur l’assurance maladie) et 3,7 milliards sur les collectivités territoriales. De 2015 à 2017, le gouvernement promet 50 milliards d’euros d’économies, soit l’équivalent d’environ 4 % du total des dépenses publiques.
L’État et ses agences devraient réaliser 19 milliards d’euros d’économies d’ici fin 2017, les collectivités locales 11 milliards et la protection sociale 20 milliards, dont 10 milliards pour l’assurance maladie. Ces économies se feront en parallèle avec les baisses d’impôts qui entreront en vigueur l’an prochain et l’application du pacte de responsabilité et de solidarité, qui devrait accentuer la baisse des prélèvements sur les entreprises commencées avec le CICE. Toute ceci dans l’espoir de relancer l’investissement et inciter à la création d’emploi.
Ainsi, les entreprises bénéficieront en 2015 d’une exonération des cotisations sociales patronales totale au niveau du SMIC et dégressive jusqu’à 1,6 SMIC (4,5 milliards d’euros) et de la suppression partielle de la C3S (un milliard).

La suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu pour 3 millions de foyers fiscaux et la baisse de l’impôt pour 6 millions d’autres, devraient représenter 3,2 milliards d’euros, a précisé le secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert. Pour les entreprises, la baisse des prélèvements devrait représenter environ 12 milliards d’euros l’an prochain.

La barre des 3 % largement dépassé

Le déficit public de la France est estimé à 4,3 % du PIB en 2015, après avoir reconnu que celui-ci ne reculerait que très faiblement l’an prochain, à 4,3 % du PIB, après 4,4 % en 2014 et 4,2 % en 2013. Son montant s’élèverait à 93 milliards d’euros fin 2015, dont 75,7 milliards pour l’État (après 87 milliards en 2014).
L’obligation des 3 % de Bruxelles, ne devrait s’effectuer qu’en 2017. Contrairement aux promesses de ramener son déficit structurel à zéro ou presque dès 2017, le gouvernement a admit que la situation ne prêtait pas à un tel recul. « Notre politique économique ne change pas mais le déficit se réduira plus lentement que prévu du fait des circonstances économiques », a expliqué le ministre, se disant avoir « tout à fait bon espoir » quant à l’issue des discussions avec la Commission européenne. Le gouvernement a expliqué que ce dérapage, de plus de 6 milliards d’euros en 2014 par rapport aux objectifs et plus de 25 milliards en 2015, est dû à la panne de croissance et à l’inflation.
Michel Sapin a assuré qu’il ne sera pas demandé d’efforts supplémentaires aux Français. Car si le gouvernement assume le sérieux budgétaire pour redresser le pays, il se refuse à l’austérité ». Cela entrainera une hausse de la dette publique à plus de 2.000 milliards d’euros désormais. Ainsi, la dette publique devrait continuer d’augmenter jusqu’en 2016, atteignant 97,2 % du PIB fin 2015, après 95,3 % fin 2014, puis 98,0 % fin 2016 et 97,3 % fin 2017.


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