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Un chèque-cadeau de 30 millions d’euros à la plus grosse fortune de France

Pendant que le gouvernement veut prendre encore dans les poches des plus pauvres

Manuel Marchal / 6 juillet 2010

En janvier dernier, le gouvernement a annoncé officiellement son objectif d’atteindre un déficit public de 3% par an au lieu de près de 8%. Pour cela, il faut trouver 100 milliards d’euros : poursuite de la suppression de dizaines de milliers d’emplois dans la fonction publique, remise en cause des règles de la retraite et réduction des dépenses liées à la solidarité nationale. Mais des décisions du gouvernement montrent qu’il y a de l’argent pour financer des cadeaux. Qu’en pense Didier Robert, membre du bureau politique de l’UMP ?

La crise en Grèce a donné l’opportunité au gouvernement de tomber les masques. Son objectif est de traiter la question du déficit public par des coupes dans les dépenses. Cela passe notamment par la suppression de 100.000 nouveaux postes de fonctionnaires, par la remise en cause du droit à la retraite et par une baisse annoncée des dépenses d’intervention, c’est-à-dire des sommes allouées à la solidarité nationale. Ce sont donc les principaux flux financiers concernant La Réunion qui sont concernés. Il sera donc très intéressant de connaître la position de nouveau président de Région sur ces dossiers. Membre du bureau politique de l’UMP, Didier Robert choisira-t-il de voter pour des mesures que personne ne veut à La Réunion ?
Mais le gouvernement qui veut faire passer ce plan d’austérité est en pleine crise. Eric Woerth, le ministre du Travail devant présenter la mesure-phare de ce plan d’austérité, la réforme des retraites, est au centre d’un grand scandale. En tant que trésorier de l’UMP, il a été plusieurs fois en Suisse dans le cadre de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, affirme-t-on du côté de Genève où les langues se délient.
Il s’avère aussi que Mme Woerth travaille dans une société qui a opéré le transfert de 280 millions d’euros de la fortune de Mme Bettencourt vers une banque suisse. Et en 2008, quand Eric Woerth était ministre du Budget, les services fiscaux ont envoyé un chèque de 30 millions d’euros à Mme Bettencourt au titre du bouclier fiscal. Une pareille somme est forcément connue en haut lieu.
Mais le ministre du Travail n’est pas le seul concerné par un scandale. Il y a eu les appartements de fonction de Christian Estrosi ; l’hôtel de Rama Yade en Afrique du Sud, plus cher que celui des Bleus ; l’appartement de fonction de Fadela Amara occupé par un membre de sa famille ; le jet privé d’Alain Joyandet et les cigares de Christian Blanc. Le président de la République avait annoncé un remaniement ministériel en septembre, mais la pression de l’opinion est telle que le ménage a dû commencer. Pourquoi alors Alain Joyandet et Christian Blanc ont-ils dû partir et pas d’autres ? Ce choix n’est pas un hasard, il suppose une stratégie.

Exemple suivi à La Réunion ?

Membre du bureau politique de l’UMP, que pense Didier Robert des difficultés traversées par son trésorier Eric Woerth ? En tout cas, le nouveau président de Région a appliqué à la lettre l’exemple venu du gouvernement. Il a décidé de ponctionner 8 millions d’euros du budget de la Région pour financer la continuité territoriale à la place de l’État, permettant au gouvernement de faire des économies, tout en créant des postes de chargés de mission, soit des dépenses nouvelles. Les missions de ces derniers sont tellement floues que l’Alliance a refusé de voter cet engagement financier de la Région.

Manuel Marchal


Les voyages en Suisse du trésorier de l’UMP

« Ce 23 mars 2007, Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, était venu en ami à Genève. Patrick Devedjian, à l’époque député des Hauts-de-Seine, l’accompagnait. Cette visite en Suisse avait un but : récolter de l’argent pour financer l’« effort de guerre » du candidat de la droite, opposé à sa rivale socialiste, Ségolène Royal. Le comité de soutien UMP Suisse avait vu grand pour accueillir les émissaires de Sarkozy : une réception à l’Hôtel Crowne Plaza en début de soirée, suivie d’une réunion au Caviar House, dans la très chic rue du Rhône, avec le « premier cercle », autrement dit, les donateurs les plus fortunés.
Banquier français amer
« Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français », raconte un banquier français opérant dans une banque genevoise. S’il parle au « Matin Dimanche » aujourd’hui, c’est qu’il est dégoûté par les « techniques peu glorieuses » employées en ce moment par le même Woerth pour faire plier les évadés fiscaux. »
("Le Matin.ch du 19 septembre 2009)


La classe politique discréditée en France

Plus de six Français sur dix jugent leur classe politique corrompue et 75% d’entre eux estiment que les mesures de réduction du train de vie de l’Etat sont insuffisantes, selon un sondage Viavoice pour "Libération". Dans ce sondage à paraître lundi dans le quotidien, les hommes politiques semblent ainsi payer le prix des affaires qui ont éclaboussé le gouvernement français ces derniers temps.
Selon le sondeur, 64% des Français estiment que leurs dirigeants politiques sont "plutôt corrompus", seuls 29% d’entre eux les tenant pour honnêtes.
Viavoice estime qu’il s’agit d’un score très élevé et souligne que l’institut de sondages Sofres, qui pose une question proche depuis 30 ans, donnait un chiffre de 38% en 1977, 46% en 1990 et 58% en 2002.


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