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Un gaspillage d’argent public pour servir la propagande de l’UMP

Encore une ministre UMP en campagne électorale au Tampon, à Sainte-Marie et à Saint-Pierre.

Manuel Marchal / 29 janvier 2011

La visite de la ministre des Solidarités n’a rien à voir avec l’intérêt général. C’est une action de promotion du camp gouvernemental dans la droite ligne de l’opération de désinformation du ministre Estrosi, à une semaine des Régionales l’an passé. Actuellement, en Île-de-France, le président de Conseil régional, Huchon, risque de perdre son poste pour une campagne d’affichage ayant eu lieu dans la période des six mois précédent les élections. Mais l’UMP utilise sans vergogne des ministres pour faire sa pub à quelques semaines du vote dans l’impunité. Quand prendra fin ce détournement des moyens de l’État au service d’un seul parti ? Il n’y a qu’à voir les 3 communes qu’elle a choisies de visiter pour constater l’orientation sectaire et partisane de cette visite.

À la lecture du programme de la visite, et à la teneur des annonces faites par la ministre, à quoi sert de déplacer un ministre depuis 10.000 kilomètres de Paris ?

La première raison officielle de ce déplacement, c’est l’installation d’une Réunionnaise à la tête d’un service de l’État. Ah, la belle affaire ! Cela ressemble trop à l’opération Sarkozy vantant les mérites de Marie-Luce Penchard choisie pour remplacer Yves Jégo.

Si le gouvernement était sincère sur la réunionnisation des emplois, il était complètement inutile de s’en vanter ou d’exhiber l’heureuse élue comme un trophée. Mais propagande oblige, on ne lésine sur rien.
Ce n’est en effet pas la première fois qu’un Réunionnais est nommé à la tête d’une direction régionale d’un service de l’État. Il y eut la déléguée à la condition féminine. Chacun se souvient qu’au moment où a éclaté la crise des emplois-jeunes en 2003, c’était Alix Séry qui était le directeur du Travail. Il y eut aussi le Réunionnais Edmond Lauret, directeur de l’Agriculture et de la Forêt. Autre exemple : le directeur de Pôle Emploi est Jean-Luc Minatchy. Cette liste n’est pas exhaustive, et elle démontre que la présence d’un ministre n’est pas indispensable à la nomination d’un Réunionnais à la tête d’une direction régionale de l’État.

Le RSA et la lutte contre l’illettrisme étaient les deux autres temps forts de la journée. Mais dans un cas comme dans l’autre, il y a de quoi s’interroger sur la pertinence de la visite ministérielle. Le RSA existe depuis trois ans en France. Un ministre s’est-il déplacé dans une région de France pour faire un bilan au bout d’un mois ? Quant à la lutte contre l’illettrisme, aucune nouveauté. Que du discours ! des intentions… et le mépris des Réunionnais, catalogué comme assistés.

L’objectif des cantonales

Autrement dit, l’objectif de la visite n’a rien à voir avec ce qui est annoncé officiellement. Pour le connaître, il suffit d’en situer la date et les lieux.
La date tout d’abord, c’est à peine 4 jours après le passage d’une autre ministre, et le lendemain d’une réunion de l’UMP visant à désigner des candidats pour les cantonales dans deux mois.
Les lieux ensuite : à part la préfecture, un passage obligé pour tous les ministres, les trois communes visitées sont dirigées par des membres éminents de l’UMP-Objectif Réunion. Le 1er vice-président de la Région, Jean-Louis Lagourgue, est le maire de Sainte-Marie, Didier Robert est le premier adjoint du Tampon, et Michel Fontaine, président de la fédération départementale de l’UMP, est le maire de Saint-Pierre. À croire que pour le gouvernement, en dehors de ces trois villes dirigées par ses alliés, La Réunion n’existe pas.
Quant au contenu de la visite, il touche directement aux compétences du Conseil général. C’est en effet la collectivité qui est responsable de la gestion du RSA et de l’action sociale en général. Or, toutes les séquences officielles concernent l’action sociale.

Le précédent des Régionales

Il est donc évident de constater que la date, les lieux et les messages adressés à la population sont liés à l’approche des élections cantonales.
C’est une nouvelle fois un ministre en déplacement au service des intérêts d’un parti en campagne.
En Île-de-France, Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional, est inquiété pour une campagne d’affichage sur le transport. Un adversaire l’a fait poursuivre pour ne pas avoir inscrit les dépenses de cette campagne d’affichage dans son compte de campagne.
Mais si Jean-Paul Huchon est inquiété, que dire alors du gouvernement qui dépêche ses ministres à La Réunion pour tenter de gagner des élections.
Une semaine avant le premier tour des Régionales, le ministre de l’Industrie avait animé un meeting de Didier Robert et déclaré à la télévision que le tram-train ne se fera pas alors que rien ne permettait de le dire. Cette fausse nouvelle a nuit à la sincérité du scrutin, contribuant à déstabiliser l’opinion.
Moins d’un an plus tard, l’UMP envoie de nouveau les ministres au charbon à l’approche des cantonales. Quand l’UMP sera-t-il inquiété pour cette utilisation de l’argent public au bénéfice de ses candidats ?

Manuel Marchal


Jean-Paul Huchon inquiété, et l’UMP ?

Que reproche-t-on au président PS de la Région ? Une campagne d’affichage, vantant les réussites en matière de transports du Conseil régional d’Île-de-France, et annonçant les futurs projets. Pour l’UMP, dont l’un des militants est à l’origine de la plainte, les frais de ces affichages auraient dû être intégrés au compte de campagne du candidat Huchon. Il s’agit d’une somme de 800.000 euros.
Le 3 décembre, le rapporteur du Conseil d’État se prononce pour l’annulation de l’élection de Jean-Paul Huchon. Pour se défendre, le camp Huchon dépose une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Il conteste la constitutionnalité de la loi selon laquelle il est jugé. Les sages se penchent alors sur cette QPC.
Le rapporteur du Conseil d’État a jugé les arguments recevables pour renvoyer cette QPC au Conseil constitutionnel. Un bon signe pour l’élu, qui gagnerait trois mois de sursis. Mais ce sera le Conseil d’État qui tranchera sur l’éventuelle culpabilité de Jean-Paul Huchon.


Rien à voir en dehors de trois communes UMP et de la préfecture ?

Roselyne Bachelot a débuté sa visite à la Direction de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale où elle a installé cette nouvelle structure ainsi que sa directrice, une Réunionnaise, Denise Hong-Hoc-Cheong. « Je mesure l’importance des responsabilités qui me sont confiées », a affirmé Denise Hong-Hoc-Cheong lors de son discours.
La nouvelle directrice a suivi un « parcours classique » dans la fonction publique. Après un Institut régional d’administration (IRA), elle est devenue inspectrice de la Formation professionnelle avant de rejoindre la Direction du Travail. Son dernier poste était celui de directrice adjointe à la Direction du Travail.
La ministre a ensuite réuni les acteurs locaux de l’insertion professionnelle afin d’établir un bilan de la mise en œuvre du RSA (Revenu de solidarité active) à La Réunion et des perspectives, un mois après son lancement dans les Départements d’Outre-mer. Elle s’est rendue au point accueil RSA du quartier du Chaudron et a rencontré les agents qui accueillent le public.

 La ministre a assisté ensuite à Sainte-Marie à un atelier de lutte contre l’illettrisme, organisé par FEI, un organisme de formation et d’accompagnement aux personnes en difficulté d’insertion sociale et professionnelle.


Ce samedi, Roselyne Bachelot sera au Tampon. Elle visitera la résidence "La Bruyère", un ensemble de logements sociaux pour étudiants et personnes âgées. La ministre se rendra ensuite à Terre Sainte (Saint-Pierre). Elle inaugurera l’Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP) de l’Association laïque pour l’éducation, la formation, la prévention et l’autonomie (ALEFPA). 

Dans l’après-midi, un contrat d’objectifs pour la période 2011–2012 sur l’économie sociale et solidaire, engageant l’État, la Région et la Chambre régionale de l’économie sociale (CRES), sera signé en présence de la ministre à la Préfecture. 

La visite officielle se terminera après une conférence de presse en fin d’après-midi.



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  • L’UMP pense rééditer son coup des régionales à la Réunion, c’est aux Réunionnais de la mettre en echec aux cantonales ! cela est inadmissible de dépenser l’argent public de cette maniére alors que beaucoup de secteurs à la Réunion comme en métropole sont au bord de l’effrondement, il est temps de renvoyer dans leurs foyers ces politiciens sans vergognes, qui n’hésitent pas et par tous les moyens, à ruiner l’economie Françaises à des fins partisanes ! Madame Bachelot ne devrait méme plus étre à un poste ministériel avec le scandales des vaccins qui a couté une fortune aux Français, mais sarkozy récompense toujours ceux qui ne le méritent pas ! et se moque totalement de l’opinion du peuple ! il paiera son mépris, en 2012 soyez en sur !

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  • il faut rappeler la collusion de cette future ex ministre, avec le monde des laboratoires..
    il faut appeler à sa démission du gouvernement (mediator), ainsi que celle de son successeur, son prédécesseur sur son ancien poste.

    ce type de voyage ne sert personne, n’intéresse personne. L’ Etat se veut exemplaire, qu’il interdise ce genre de voyage.

    si elle veut parler mixité, qu’elle le fasse à Neuilly !! suffit d’envoyer des enveloppes, les habitants de cette ville savent quoi faire des enveloppes !

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