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Un kilomètre de route du littoral = 3 MCUR

La route du littoral ne se fera pas

Céline Tabou / 6 octobre 2010

Qui pourrait croire que Didier Robert va mener à bien un projet 30% plus cher que le tram-train, pas financé, et dont le coût au kilomètre équivaut à trois MCUR ? Car, qui paiera les déjà plus de 2 milliards d’euros ? Didier Robert ou plusieurs générations de Réunionnais ? Le président de la Région est rattrapé par la réalité et connaissant ses arguments, tout le monde sait que les travaux ne seront jamais lancés tant que Didier Robert sera à la tête de la collectivité.

"Témoignages" titrait mardi 5 octobre, « La nouvelle Route du Littoral ne se fera pas », la rédaction a d’ailleurs reçu de nombreux appels de personnes surprises par cette révélation, mais d’accord sur les raisons qui font que tant que Didier Robert sera président de la Région, cette route ne sera jamais construite.
Adepte de la parole, plutôt que l’action, comme le montre le dossier "Région : Bilan après six mois" du "Quotidien", cet élu a fait de nombreux effets d’annonces.
Didier Robert a surtout fait espérer aux travailleurs et aux patrons, la signature du Protocole de Matignon pour la réalisation de la route du Littoral. Sans cesse reportée, cette signature n’est toujours pas là, et pas l’ombre d’un Premier ministre à La Réunion pour signer le document comme cela a été annoncé. Mais ce qui est acté, c’est que Didier Robert a supprimé le Tram Train, un investissement de 1,6 milliard d’euros.

Plus de 180 millions le kilomètre

Lors de sa campagne électorale, Didier Robert avait accusé la Région d’allouer des sommes pharaoniques pour la réalisation du Tram-Train, et la Route du Littoral. Or, le Tram Train devait coûter 1,6 milliard d’euros, dans le cadre d’un accord signé par l’état, et la Région, ainsi que l’engagement de fonds européens. Aujourd’hui, Didier Robert présente une nouvelle route du littoral à 2,2 milliards d’euros. Comme le titre "Le Journal de l’île" « La facture explose », car un kilomètre de cette route coûte déjà l’équivalent de trois Maisons des Civilisations et de l’Unité réunionnaise.
C’est la décision de Didier Robert de changer totalement le projet, qui est à l’origine de ce dépassement considérable, alors que les études ne sont pas terminées.
La réalité a rattrapé l’élu qui avait tablé sur une hausse de 300 millions d’euros en plus. Mais là, c’est déjà le double du prix total du projet initial. De plus, ce sera sans péage, ce qui va à l’encontre des propositions de l’État pour la route à 4 voies.
Répétant constamment que la Région n’avait pas les moyens de réaliser la route, « tout le monde a conscience que la Région, malgré le financement apporté par l’État et l’Europe, ne dispose pas des moyens pour réaliser ce projet, qui hypothèque l’avenir », Didier Robert a axé sa politique sur la chasse aux grands projets. Mais aujourd’hui, il sait que la réalisation de grands ouvrages nécessite d’importants financements. Didier Robert paiera-t-il ces 2,2 milliards d’euros, ou alors les Réunionnais seront endettés pendant des générations pour satisfaire l’ambition d’un élu qui veut faire construire la route la plus chère du monde ?

Céline Tabou


Quand un UMP rend service à un gouvernement UMP

Didier Robert proclame sa volonté de signer un nouveau protocole de Matignon pour obtenir le financement d’une route qui coûte plus de 180 millions d’euros par kilomètre, soit plus d’un milliard de francs. Mais le président de la Région n’ignore pas que le contexte est totalement différent de celui dans lequel se sont passées les discussions qui ont amené la signature de Paul Vergès, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy en bas du contrat de financement du tram-train et de la route du littoral.
Quand l’ancienne équipe de la Région a commencé à négocier le Protocole de Matignon, l’État était le propriétaire des routes nationales à La Réunion. La nouvelle route du littoral était donc un projet État, et il devait être accéléré car quelques mois auparavant, la falaise s’était effondrée sur les 4 voies. Compétente pour sa part dans le ferroviaire, la Région travaillait sur le projet de tram-train.
Cela explique pourquoi le choix du tracé a été fait par l’État, et c’est de l’État que vient l’idée du péage. L’État avait en effet fait cette proposition pour boucler le financement.
Lors de la contractualisation du financement des deux projets, tram-train et route du littoral, l’État a maintenu le péage sur la nouvelle route.
La signature est intervenue en 2007, puis les routes nationales ont été transférées à la Région.
Aujourd’hui, ce n’est plus l’État mais la Région qui est propriétaire de la route du littoral. D’ailleurs, chaque annonce de basculement ou de fermeture n’est plus faite par la préfecture, mais par un service de la Région.
Cela veut dire qu’aujourd’hui, rien dans la loi n’oblige l’État à mettre un centime dans la nouvelle route du littoral, alors qu’au moment de la négociation du Protocole de Matignon, la loi l’obligeait à payer.
C’est donc un grand service que l’UMP Didier Robert a rendu à son parti.


« La Région, malgré le financement apporté par l’État et l’Europe, ne dispose pas des moyens pour réaliser ce projet, qui hypothèque l’avenir »

Voilà ce que disait Didier Robert pour justifier l’arrêt du tram-train : « Tout le monde a conscience que la Région, malgré le financement apporté par l’État et l’Europe, ne dispose pas des moyens pour réaliser ce projet, qui hypothèque l’avenir ».
C’est donc encore plus vrai pour un projet 30% plus cher, et qui à la différence du tram-train n’est pas financé, et n’a fait l’objet d’aucun engagement de la part de l’État et de l’Europe.


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