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Un manque de respect avéré envers les emplois verts

L’Alliance dénonce le clientélisme de la Région

Céline Tabou / 14 août 2013

Paul Vergès et Catherine Gaud ont dénoncé, lors d’une conférence de presse, l’utilisation « clientéliste » des emplois verts. « Il y a un manque de respect de la part de la Région vis-à-vis des employés », s’est indignée Catherine Gaud.

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Catherine Gaud et Paul Vergès dénoncent la manipulation de personnes, dans les plus pauvres de La Réunion par la Région à travers les emplois verts.

En effet, le groupe L’Alliance au Conseil régional a apporté la preuve d’un « usage électoraliste » des emplois verts à travers la Journée des Emplois Verts et l’obligation des associations usant de ce dispositif à s’inscrire auprès de la « plate forme des associations des emplois verts ».

Manipulation des Réunionnais

Catherine Gaud a expliqué comment la Région « manipule les personnes » à travers les emplois verts. Cette dernière est revenue sur la création de la Plateforme des associations des emplois verts (PAEV 974), présidée par « une très proche de Didier Robert et de son parti », Brigitte Naze (Saint-André). Cette dernière a obtenu, à travers une convention-cadre avec la Région, une subvention de 110.000 euros, contre les 54.582 euros demandés au départ.

L’objectif de cette plateforme est « d’accompagner toutes les associations de La Réunion bénéficiaires du dispositif Emplois Verts sollicité par la Région pour la soutenir dans la réalisation de ses futurs projets ». Le but de ce statut s’apparente à la main mise d’une association sur l’ensemble des associations de l’île, car « aujourd’hui, une personne devra faire allégeance à cette plate-forme politique pour avoir un emploi vert, alors qu’il s’agit de l’argent public », a dénoncé Catherine Gaud.

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Deux travailleurs sont en train de nettoyer un espace qui sera ensuite apprécié pour pique-niquer ou tout simplement s’aérer. Ces heures de travail méritent autre chose qu’une grossière opération de manipulation payée par des fonds publics.

Dans un second dossier, l’association PAEV 974 a obtenu l’autorisation d’organiser la Journée des Emplois Verts (JEV), le vendredi 16 août 2013. Cette journée financée en premier lieu à 60.000 euros coûtera finalement 80.000 euros, selon la Commission solidarité, égalité des chances et continuité territoriale. Cependant, d’après les déclarations de Fabienne Couapel-Sauret, lors d’une conférence de presse, mardi 13 août, cette journée obtiendra 110.000 euros.

Une convention-cadre «  floue  »

« On constate que cette convention-cadre est floue », car les objectifs de la convention fixent les modalités de partenariat, afin de « définir les modalités de collaboration qui leur permettront d’atteindre leurs objectifs partagés ». « Pour nous, cela semble électoraliste. La Région apportera son soutien à cette plateforme et consolidera ses activités », a indiqué la conseillère régionale. D’autant plus que selon l’article 3 de la convention entre les deux parties, il y a la « mise en place d’outils d’information et de conseils de tous les projets emplois verts – adhérents à la plateforme ». « Les autres associations devront payer 70 euros pour adhérer à la plateforme et obtenir des soutiens » afin de disposer d’emploi vert financé par le Conseil régional.

L’Alliance a pointé du doigt une « redondance des structures existantes » et demandé « une cellule de contrôle » pour plus de transparence concernant ce dispositif. « Cette convention doit être signée le 16 août lors de cette journée des emplois verts », alors que « Didier Robert n’est pas mandaté pour signer cette convention », car cela relève de la Commission permanente. La Région « engage des crédits pour des actions faisant de la Commission permanente, une chambre d’enregistrement » a dénoncé Catherine Gaud. « Didier Robert signe en avance cette convention-cadre, c’est interdit. C’est à la Commission permanente d’engager des dépenses et non au président » a ajouté cette dernière.

Une manipulation «  honteuse  »

Catherine Gaud et Paul Vergès ont dénoncé cette journée des emplois verts. « Ils ont invité l’ensemble des employés et leurs familles. Il faut un minimum de respect vis-à-vis des personnes, on les traite comme du matériel électoral, si je puis dire », a indiqué la conseillère régionale. Cette dernière a expliqué : « on ne pense qu’à eux pour une visée électoraliste. Certains se sentiront forcés de venir. Ils sont manipulés, on leur manque de respect ». Les conseillers régionaux de L’Alliance ont précisé qu’il s’agissait du même système dans de nombreuses communes.

« Il y aura un chapeautage des emplois verts à travers la plateforme », d’autant plus qu’en 2009, le nombre de chantiers était de 50, pour être à 100 aujourd’hui. Le nombre d’emplois verts est passé de 1.000 à 2.700, avec un budget de 20 millions d’euros, contre 6 auparavant. « On se rend compte que l’objectif n’est pas d’insérer les gens », a expliqué Catherine Gaud. Face à une telle situation, L’Alliance a réitéré sa demande d’un plan pluriannuel de gestion des emplois verts, pour plus de « transparence » et de « clarté » vis-à-vis de ce dispositif.

Céline Tabou

Arrangement entre amis

Lors de cette conférence de presse, Paul Vergès et Catherine Gaud ont dénoncé les passe-droits auxquels avaient eu droit deux associations, tenus par des alliés politiques de Didier Robert. Preuve supplémentaire de l’utilisation des associations par le Conseil régional, les conseillers régionaux de L’Alliance ont mis en évidence les emplois verts aux associations Mouvement Solidaire Portois (MSP) et Accueil Formation Insertion Sociale de Saint-André.
L’association "Mouvement Solidaire Portois", présidée par Isabelle Abdalah, a reçu 15 CAE/CIU et 2 encadrants pour « accompagner les enfants et les adultes souffrant de l’illettrisme, favoriser et concrétiser toutes émergences d’idées ». Un statut qui met en évidence les intentions de l’association, dont le correspondant est Valérie Auber, tête de liste aux municipales de l’union de la droite au Port. L’association "Accueil Formation Insertion Sociale", présidée par Pierre-René Audifax, a reçu 10 CAE/CUI et un emploi plein d’encadrant. Cette association dont le correspondant est Françoise Gercara, proche de Valérie Auber et Gérard Agathe, président de la plateforme des emplois verts.
« C’est infect de manipuler le peuple à des fins électoralistes. Cette politique est honteuse. L’argent public est détourné », a dénoncé Catherine Gaud. D’autant que ces conventions sont signées pour trois ans et engage un renouvellement des actions tous les ans. « C’est du populisme et de la manipulation, ce n’est pas digne du peuple réunionnais », a conclu Catherine Gaud.


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