Actualités

Un membre du bureau politique de l’UMP à l’opposé des préconisations de Jean-Louis Borloo

L’application des orientations du Grenelle de l’Environnement par Didier Robert

Manuel Marchal / 20 juillet 2010

Un communiqué du ministère de l’Écologie daté du 13 juillet dernier annonce que 170 milliards d’euros seront investis au cours des 20 à 30 prochaines années dans les infrastructures de transport. 52% des investissements seront consacrés au rail, et 4% aux routes. Voici comment Didier Robert, membre du bureau politique de l’UMP, décide d’appliquer les directives de Jean-Louis Borloo : il supprime le tram-train et le remplace par 2.000 bus qui circuleront sur la route.

En France, le Schéma national des infrastructures de transports a été rendu public par le ministère de l’Écologie et du Développement durable.
Ce document fait état des grandes orientations sur 20 ans à l’échelle de la République. Ce sont 170 milliards d’euros qui seront investis, avec comme ligne directrice l’application du Grenelle de l’Environnement.
Le grand gagnant des arbitrages est le rail. Les projets de chemin de fer auront droit à 52% de l’enveloppe. À l’opposé, la route sera traitée de manière marginale, avec 4,5% des investissements.
Ces financements illustrent donc une volonté politique clairement affichée par Jean-Louis Borloo et le Grenelle de l’Environnement : priorité aux modes de déplacements collectifs les moins polluants et les moins chers. Cela explique pourquoi le rail se taille la part du lion, car économe en emprise foncière, et pouvant fonctionner avec de l’électricité produite avec des énergies renouvelables et non pas du carburant importé.
Le communiqué du ministère de l’Écologie date du 13 juillet dernier. Il est donc intéressant de constater comment ces orientations sont appliquées par Didier Robert, membre du bureau politique de l’UMP.
Alors que Jean-Louis Borloo fixe la priorité au rail et marginalise le transport routier, Didier Robert s’empresse de supprimer le tram-train dès qu’il en a la possibilité pour le remplacer par 2.000 bus et un viaduc en mer à six voies. Voilà comment un membre du bureau politique de l’UMP applique les orientations découlant du Grenelle de l’Environnement : Didier Robert fait l’inverse de ce que préconise Jean-Louis Borloo.
Or, comme l’a rappelé Jean-Pierre Marchaud lors de la dernière conférence de presse de l’Alliance, les nouveaux projets d’infrastructure devront passer un filtre supplémentaire lié à une nouvelle étape du Grenelle de l’Environnement, celui de l’adaptation au changement climatique.
Seront en effet privilégiés les projets qui renforcent la protection face aux conséquences du changement climatique. Au même titre que la route des Tamarins, le tram-train est une infrastructure qui renforce l’adaptation au changement climatique puisqu’il permet une liaison totalement à l’abri des aléas climatiques entre le Nord et l’Ouest de l’île.
D’un autre côté, les projets qui contribuent à accentuer la vulnérabilité aux effets du changement climatique ne seront pas vus d’un très bon œil, ce qui aura sans doute des répercussions négatives sur la participation financière de l’État aux investissements. Or, peut-on dire qu’un viaduc en mer à six voies au large d’une île tropicale située sur le chemin des cyclones renforce l’adaptation au changement climatique ? Et cette interrogation est d’autant plus inquiétante qu’une telle infrastructure n’est pas réalisée pour servir seulement 40 ans comme la route du littoral actuelle. Mais ce projet est lancé sans que personne ne soit capable de dire si un tel viaduc ne sera pas submergé régulièrement par les conséquences de la montée des océans. Et plus le chantier tardera à démarrer, plus les critères seront rigoureux pour obtenir cette compatibilité au Grenelle de l’adaptation. Or, force est de constater que pour la nouvelle route du littoral, la première décision de la Région n’a pas été d’accélérer le chantier mais de retarder son démarrage au moins jusqu’en 2013.

Manuel Marchal


Où sont passés les 2.000 bus ?

Toujours pas de nouvelles des 2.000 bus et des infrastructures spéciales qui doivent être en service dans les 24 communes d’ici mars 2013 selon les promesses de campagne de Didier Robert distribuées dans la population.
Plus le temps passe, et plus l’effort devra être important pour que cette promesse soit tenue. Pour que l’engagement pris auprès de la population soit respecté, la Région devrait actuellement mettre en service 2 bus type "Car jaune" par jour en service sur les routes réunionnaises, quant aux travaux d’aménagement, ils doivent commencer d’ici la fin de l’année, assurait Didier Robert. Mais où sont donc passés ces 2.000 bus et leurs 4.000 chauffeurs, et où circuleront-ils ?


Kanalreunion.com