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Un mini-Sommet de crise

Céline Tabou / 17 août 2011

Une nouvelle rencontre entre les dirigeants français et allemand a eu lieu, mardi 16 août à Paris. Ce mini-Sommet doit tenter de restaurer la confiance dans une zone euro à la croissance économique quasi nulle. L’objectif affiché est de trouver un moyen de soutenir les banques au moment où les bourses s’inquiètent de la crise de la zone euro.

Nicolas Sarkozy a reçu depuis 16 heures la chancelière allemande afin d’évoquer la gouvernance de la zone euro et le problème des dettes. Le porte-parole du gouvernement allemand a indiqué lundi qu’il « ne faut rien attendre de spectaculaire » de cette rencontre et « encore moins la création d’obligations européennes, qui permettraient de mutualiser les dettes des pays membres de la zone euro », a indiqué “Les Échos”.

Les deux premiers pays de la zone euro en difficulté

Cette rencontre prend un caractère particulier, après l’annonce de la faible croissance de la première économie de la zone euro. L’Allemagne a enregistré une faible croissance de 0,1%, loin des 0,5% attendus par les économistes. La France, seconde économie de la zone euro, a vu son PIB stagné au second trimestre et les prévisions officielles de croissance de l’Hexagone devront « vraisemblablement » être revues à la baisse.

« Ces chiffres confirment que le noyau dur économique européen n’est pas en mesure de soutenir les pays fragiles de l’Union monétaire, ce qui renforce le risque déjà existant d’éclatement de la zone euro », a expliqué au “NouvelObs” Jennifer McKeown, de Capital Economics.
Devançant sa rencontre avec Angela Merkel, l’Élysée a annoncé qu’une rencontre entre le chef de l’État et le Premier ministre, François Fillon, avait débouché sur des « propositions communes concernant la réforme de la gouvernance de la zone euro » qui seront soumises à Herman Van Rompuy, le président de l’Union.

Les bourses accrochées à cette rencontre

En attendant, les bourses européennes attendent les conclusions de cette rencontre. Cependant, peu rassurées, les principales places européennes ont fini en baisse mardi 16 août, mais elles ont réduit leurs pertes dans l’après-midi après la confirmation par Fitch du triple-A des États-Unis et une statistique de la production industrielle américaine jugée solide.

« Les marchés attendent un signe très fort : Y a-t-il un pilote dans l’avion pour gouverner la zone euro ? Va-t-on enfin parler d’une même voix au sein du couple franco-allemand et cesser d’entretenir la cacophonie qui perdure depuis de longs mois ? », a indiqué au journal “La Croix” un analyste parisien sous couvert d’anonymat.

La Commission européenne a de son côté rappelé que les décisions annoncées devraient par la suite être discutées avec les autres pays de l’Union monétaire. En parallèle, Amsterdam a souhaité que les pays de la zone euro, qui ne respectent pas certaines règles concernant leur budget, soient sanctionnés.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a appelé les États à faire preuve de discernement, par crainte que « les cures de rigueur européennes ne tuent la croissance ». « Ne laissons pas le coup de frein budgétaire bloquer la reprise mondiale », a-t-elle déclaré dans le quotidien “Financial Times”.

Céline Tabou


Kanalreunion.com