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Un ministre loin des caméras

Qu’est donc venu faire le secrétaire d’État chargé de la Fonction publique ?

Manuel Marchal / 26 août 2010

Durant 48 heures de visite ministérielle, seules trois séquences ont été ouvertes à la presse. Tous les autres rendez-vous du secrétaire d’État chargé de la Fonction publique se sont passés loin des micros. Venant d’un membre d’un gouvernement si prompt à utiliser les médias pour faire sa propagande, cette décision ne manque pas de surprendre. Pourquoi Georges Tron a-t-il décidé de cacher ses interlocuteurs ?

À peine une petite heure sur le site "Messageries" de la Préfecture, une photo avec les syndicats de la fonction publique d’État avant une réunion à huis clos, et une visite du RSMA à Saint-Pierre : ces trois rendez-vous constituent la totalité des séquences ouvertes à la presse durant les 48 heures de visite de Georges Tron.
Mais tout le monde sait qu’avant d’arriver à la Préfecture, Georges Tron a rencontré Gilbert Annette, le maire de Saint-Denis, Nassimah Dindar, présidente du Conseil général, et Didier Robert, président de la Région. Autant de visites protocolaires fermées à la presse. À cela s’ajoute au moins une rencontre avec des militants afin de leur expliquer “comment concilier militantisme et défense de l’intérêt général”.
Pourtant, lorsqu’un membre du gouvernement est en visite dans notre île, la tradition veut que la totalité de son programme soit rendue public, y compris les rencontres où la presse n’est pas autorisée.
C’est bien la première fois que les visites protocolaires à la Mairie du chef-lieu, au Conseil général et à la Région ne figurent pas dans le programme officiel ouvert à la presse, est-ce pour montrer que le secrétaire d’État veut cacher ses interlocuteurs ?
Force est de constater une différence de traitement avec la précédente visite ministérielle. En mai dernier, Marie-Luce Penchard avait été reçue en grandes pompes à la Région. Elle a pu s’exprimer solennellement dans l’hémicycle devant les élus de la majorité UMP lors d’une séquence ouverte à la presse. Elle avait en particulier annoncé la signature d’un avenant au Protocole de Matignon avant le mois de juillet.
Mais mardi, la venue d’un ministre à la Région n’était pas un événement suffisant pour être ouvert à la presse. Didier Robert a-t-il eu honte de recevoir Georges Tron à la Région, ou le secrétaire d’État voulait-il cacher ce rendez-vous à l’opinion ?

M.M. 


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