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« Un nouvel acte de décentralisation »

Investiture du nouveau président de la République

Céline Tabou / 16 mai 2012

Le 7ème Président de la Vème République vient de prendre ses fonctions. Le socialiste François Hollande s’est vu remettre le collier de grand maître de l’Ordre national de la Légion d’honneur. Après une cérémonie « sobre », comme convenu, le chef de l’Etat a évoqué dans son discours « un nouvel acte de décentralisation » car, il croit « en la démocratie locale ».

Dans son allocation d’investiture, le nouveau Président a expliqué qu’il assumera « pleinement les responsabilités exceptionnelles de cette haute mission. Je fixerai les priorités, mais je ne déciderai pas de tout, pour tout et partout », en référence à l’ancien président Nicolas Sarkozy, qualifié de président « omniprésent ». François Hollande a également ajouté « nos différences ne doivent pas devenir des divisions, nos diversités des discordes. Le pays a besoin d’apaisement, de réconciliation, de rassemblement, c’est le rôle du président de la République d’y contribuer ».

Revivifier la démocratie locale

François Hollande a exprimé sa confiance dans la démocratie « elle-même ». « Je crois en la démocratie locale et j’entends la revivifier par un nouvel acte de décentralisation susceptible de donner des libertés nouvelles pour le développement de nos territoires » a-t-il indiqué. Cette annonce est une avancée pour les départements d’Outre-mer. En effet, le 1er septennat de François Mitterrand a été marqué par la mise en place de lois de décentralisation qui se sont avérées être une évolution importante pour La Réunion et l’Outre-mer.
Les déclarations de François Hollande entrent dans une continuité, depuis 1981, en effet, les collectivités territoriales auront plus de marges de manœuvre pour le développement de leur territoire. Le nouveau chef de l’Etat remet ainsi en cause la volonté de Nicolas Sarkozy de donner plus de pouvoir au préfet, qui aurait pu avoir tout pouvoir sur certaines collectivités.
Appliquant son programme de campagne, et notamment les 60 engagements pris durant la campagne présidentielle, François Hollande s’est engagé à réaliser « une nouvelle étape de la décentralisation en associant les élus locaux ». Lors de la campagne présidentielle, il avait alors promis de faire « voter une loi sur le renforcement de la démocratie et des libertés locales. Elle prévoira notamment l’abrogation du conseiller territorial et la clarification des compétences ».
Fidèle à ses engagements, le chef de l’Etat devrait appliquer ses promesses vis-à-vis des collectivités territoriales. Il avait annoncé « un pacte de confiance et de solidarité (qui, ndlr) sera conclu entre l’État et les collectivités locales garantissant le niveau des dotations à leur niveau actuel » à l’aide d’une réforme de « la fiscalité locale » donnant « plus d’autonomie aux communes, aux départements et aux régions, en contrepartie d’une plus grande responsabilité », a rappelé l’Agence France Presse.

Un réformiste comme président

Pour tenir ses différents engagements faits lors de la campagne présidentielle, François Hollande vient de nommer Jean-Marc Ayrault, Premier ministre. Député-maire de Nantes et président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault est un proche et un fidèle de François Hollande, ce qui « augure d’un gouvernement sévère marqué au centre-gauche » a indiqué le journal "L’Humanité".
Qualifié par les médias de « réformiste, prudent, pragmatique, Jean-Marc Ayrault n’en possède pas moins un sens politique aigu. Il jauge les individus, mesure les rapports de forces, pratique avec habileté l’art du compromis, mais toujours avec la même application à faire aboutir les orientations majeures qu’il a mises en œuvre », écrit "Le Monde". Ce nouveau Premier ministre devrait peser dans la balance européenne et permettre à François Hollande de peser face à Angela Merkel.

Céline Tabou


Kanalreunion.com