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Un Prix Nobel d’Économie déclare : « l’avenir de l’euro sera peut-être très bref »

Aggravation de la situation

Manuel Marchal / 5 mai 2010

Interrogé hier par la BBC, Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’Économie, a fait part de ses doutes quant à la capacité de l’euro à surmonter l’aggravation de la crise que connaît l’Europe. Selon lui, le problème touche aux structures de l’Union européenne. Cet événement est là pour rappeler la gravité de la situation. Il souligne que tout comportement d’apprenti sorcier doit être banni. Plus que jamais, face à l’aggravation de la crise et aux incertitudes, l’heure est à la réalisation du tram-train. Le 31 mai prochain : "oui" au tram-train, "oui" à 4.000 emplois, "oui" à 1,5 milliard d’euros d’investissements pour La Réunion.

Hier, un nouvel événement a exprimé l’aggravation de la situation. Sur les ondes de la BBC, radio publique britannique, Joseph Stiglitz a fait part de ses doutes quant à la capacité de l’euro de résister à la crise économique.
« L’avenir de l’euro sera peut-être très bref », a-t-il dit. Cette déclaration fera date car c’est la première fois qu’un expert de ce rang fait part d’une telle conclusion. Ce propos se base sur une analyse : le traitement par l’Union européenne de la crise grecque.
« Quand on aura vu à quel point il a été difficile à l’Europe d’adopter une position commune pour aider un des plus petits pays, on réalisera que si un pays un peu plus grand a des difficultés, il est probable que l’Europe aura encore plus de mal » à s’entendre, a-t-il expliqué à BBC-4. Il a indiqué que l’aide apportée à la Grèce et le plan d’économie drastique imposé, 110 milliards d’euros prêtés par des pays européens et le FMI, ne feront que retarder l’échéance. Car pour Joseph Stiglitz, « ça peut marcher pendant quelque temps, mais à long terme, tant que les problèmes institutionnels fondamentaux seront là, les spéculateurs sauront qu’ils existent, et au fur et à mesure que les faiblesses de l’Europe s’aggraveront je pense qu’ils s’en donneront à coeur joie ». Le Prix Nobel estime donc que la survie de l’euro est menacée du fait de faiblesses structurelles : si l’Europe « ne règle pas ses problèmes institutionnels fondamentaux, l’avenir de l’euro sera peut-être très bref ».
Le problème vient, selon Joseph Stiglitz, d’un cadre budgétaire trop fragile pour garantir la survie de la monnaie unique. Cette faiblesse aurait pu être compensée par une solidarité des Européens face à la crise. Mais cette solidarité n’a pas été au rendez-vous quand la Grèce s’est trouvée en grande difficulté, constate Joseph Stiglitz, qui se dit donc très pessimiste pour l’avenir de l’euro si un pays plus grand est touché de manière aussi intense que la Grèce. Hier, les spéculateurs ont en tout cas clairement désigné l’Espagne. Une rumeur faisant état d’une possible demande d’un prêt de 280 milliards d’euros a été entretenue, entrainant la plongée de la Bourse de Madrid. Après la Grèce, l’Espagne sera-t-elle le maillon qui fera plonger l’euro ?
Cette déclaration de Joseph Stiglitz interpelle. Lorsqu’en septembre 2008, le gouvernement américain avait décidé de laisser couler Lehman Brother en pleine crise des subprimes, tout en sauvant d’autres banques pour donner à Bank of America le rang de première banque du monde, "Témoignages" avait vu dans ces décisions une stratégie de guerre monétaire visant à affaiblir l’euro, la seule monnaie susceptible de faire de l’ombre au dollar.
18 mois après la chute de Lehman Brother, l’Europe reste la seule région du monde où la situation ne se redresse pas. Et l’éventualité de la fin de l’euro est clairement exprimée par un Prix Nobel d’économie sur les ondes de la radio de l’État britannique, à moins de 48 heures des élections législatives en Grande-Bretagne.

Manuel Marchal


Une priorité pour La Réunion

"Oui" au tram-train le 31 mai

La tournure très inquiétante des évènements en Europe concerne La Réunion. Il est en effet question de la remise en cause de l’existence de la monnaie que les Réunionnais utilisent tous les jours. L’impact de cette guerre économique mondiale ne sera pas sans incidence à La Réunion, car c’est l’Europe qui est visée, c’est-à-dire la principale source d’approvisionnement aussi bien en termes de marchandises que de transferts publics.
Dans un tel contexte, la priorité est de garantir l’essentiel. Cet essentiel, il a été obtenu par la signature du Protocole de Matignon qui prévoit la réalisation de deux grands équipements d’ici 2017, soit plus de deux milliards d’euros d’investissements. L’un de ces deux chantiers a déjà démarré, il s’agit du tram-train. Le partenariat public-privé a été signé le 2 décembre dernier, et plusieurs collectivités ont déjà terminé des travaux d’aménagement destinés à préparer l’arrivée du tram-train sur leur territoire.
Dans un contexte international très incertain, le tram-train, c’est l’assurance d’un investissement de 1,5 milliard d’euros, et de 4.000 emplois.
Plus que jamais, tout comportement d’apprenti sorcier doit être banni. Un caprice ne doit pas remettre en cause ce qui a été obtenu et qui est l’assurance pour notre pays d’avoir un outil capable d’amortir la crise.
Plus que jamais, le 31 mai, ce sera "oui" au tram-train, "oui" à 4.000 emplois, "oui" à 1,5 milliard d’euros d’investissements tout de suite.


Qui est Joseph Stiglitz ?

Joseph Stiglitz a vu ses travaux récompensés par le Prix Nobel d’Économie en 2001. L’année précédente, il quittait son poste d’économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale, sur fond de critiques virulentes des institutions de Bretton Woods : Banque mondiale et Fonds monétaire international.
Auparavant, Joseph Stiglitz a été le dirigeant des conseillers économique du président Clinton.
En 2008, il a été chargé de mission par le président de la République.


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