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Un recours très politique

Le SAFPTR et le tram-train

Geoffroy Géraud-Legros / 24 avril 2010

Pour un changement de date d’une réunion des personnels de la Région, la SAFPTR a engagé un recours administratif contre le tram-train, visant à annuler un projet d’1 milliards 500 millions d’euros, créateur de milliers d’emplois sur plus d’une décennie. Une procédure qui, sous couvert d’action syndicale, sert des intérêts politiques.

Jeudi, la rapporteure publique près le Tribunal administratif (TA) de La Réunion restituait ses conclusions dans le cadre du recours déposé par le Syndicat autonome de la fonction publique territoriale (SAFPTR) contre la validité du marché du tram-train conclu entre la Région Réunion et le groupe Tram-tiss. Contrairement à ce qu’avaient annoncé hâtivement certains médias, Isabelle Legrand n’a pas requis l’annulation du marché demandée par Jean-Pierre Lallemand, président du SAFPTR.
On peut sans trop s’avancer supposer que le Tribunal suivra ces conclusions, mettant fin à une procédure qui est devenue bien plus politique que strictement syndicale.

Action orientée

La question du tram-train a créé un contexte politique tel qu’on peut se poser des questions sur les fondements véritables de la démarche du SAFPTR. Le motif invoqué par cette action en justice — le défaut de consultation d’un organisme paritaire impliquant les personnels de la Région — valait-il une procédure dont le but avoué était de mettre fin au tram-train dans son ensemble ?
À bien y regarder, la démarche du syndicat dit autonome apparaît inspirée avant tout par des motivations politiques. Un tour d’horizon montre que l’action déployée par cette organisation syndicale cible avec une préférence affirmée les responsables et les collectivités communistes. Les actions et les revendications mises en avant dépassent elles aussi largement le cadre des revendications du travail.

Syndicat, ou force de frappe politique ?

C’est à Saint-André que cette dérive du syndicalisme vers la manœuvre politique est le plus clairement apparue : le responsable du secteur-Est du SAFPTR, Karl Malbrouck, fidèle entre les fidèles de Jean-paul Virapoullé y livre depuis plus de deux ans une guerre de tranchées dans le but de monter le personnel communal contre le maire élu, Éric Fruteau. Pour qui douterait de la dimension politique de cet engagement syndical, il est bon de rappeler que Karl Malbrouck a créé la section saint-andréenne du SAFPTR immédiatement après la défaite de Jean-Paul virapoullé…
Récemment, on a entendu les porte-parole de cette organisation sortir franchement du registre syndical pour réclamer la « démission » du maire réélu de Saint-Louis, Claude Hoarau.
À bien y regarder, le SAFPTR apparaît aujourd’hui comme une machine de combat assez bien rôdée, qui utilise dans des buts politiques les moyens judiciaires et les outils traditionnels du syndicalisme.

Tout est bon contre le tram-train

Cette pratique éclaire les objectifs poursuivis par la procédure engagée contre le tram-train : au fondement du recours déposé par les syndicats, le SAFPTR invoque l’absence de consultation des personnels de la Région, qui n’a pu intervenir au cours des délais impartis à cause d’une réunion décalée. Un argument bien faible pour demander l’annulation d’un immense projet porteur de 3.000 emplois directs et d’autant d’emplois indirects, de centaines de millions d’euros disponibles aux entreprises réunionnaises plongées dans la crise. La décision finale du TA devrait clore cet épisode de l’interminable feuilleton du harcèlement contre le tram-train. Décidément, tout aura été mis en œuvre pour empêcher ce grand projet d’intérêt général de voir le jour.

Geoffroy Géraud-Legros


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