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Un train pour désenclaver et dynamiser la région Sud

Micro-région Sud

Cinthia Fontaine / 8 juin 2012

Les collectifs “Nou vé nout tram” et “Pour le développement de la Micro Région Sud” souhaitent faire du réseau ferroviaire un enjeu de la campagne des législatives. Les collectifs annoncent dès aujourd’hui qu’ils enverront un courrier au lendemain des élections au Président François Hollande pour lui rappeler ses engagements pris en faveur du train lors de sa venue à La Réunion.

Pour préparer La Réunion au million d’habitants, un moyen de transport express entre les villes est primordial pour désenclaver l’île et sortir du tout-automobile sur un réseau routier toujours plus saturé, voilà le message que souhaitent faire passer les collectifs “Nou vé nout tram” et “Pour le développement de la Micro Région Sud”. « Car dans 10 ans, nous ne saurons pas loin du million d’habitants et avec 220.000 automobiles supplémentaires, soit près de 600.000 au total. Le réseau routier sera davantage saturé et le coût du carburant à la pompe au-dessus de la barre de 2 euros. Il serait alors trop tard, puisque nous serions à ce moment dans une impasse », souligne leur porte-parole, Krishna Damour.
Lors de sa venue en tant que candidat, François Hollande s’est prononcé pour un train afin de désenclaver les villes réunionnaises. « Maintenant que François Hollande est le nouveau Président, nous devons agir pour concourir à l’aboutissement de ce projet vital pour La Réunion. N’attendons pas que nous soyons dans l’impasse dans 10 ans pour comprendre qu’il aurait fallu prendre une décision en faveur de la solution ferroviaire », explique-t-il. « C’est donc ici et maintenant que nous devons mettre en chantier ce réseau ferroviaire. Son impulsion doit venir de l’État avec le soutien de l’Europe. Ainsi, nous devons revenir sur le Protocole de Matignon initial qui incluait une partie du financement à destination du tram-train ».

Un train régional express

Pour les collectifs, il faut cependant faire évoluer le projet du tram-train, transport inter-urbain vers un train-tram, un réseau TER (Transport Express Régional) connecté au réseau de transport commun inter-urbain déjà en place et au TCSP à venir. Cette évolution présenterait de nombreux avantages pour les collectifs. Ce transport à vocation régionale permettrait de réduire le nombre de gares et la longueur effective du tracé, et constituerait donc ainsi une économie majeure, qui « correspondrait davantage aux exigences financières du contexte budgétaire actuel », souligne le porte-parole. « L’inter-connexion entre le réseau bus ou taxi intra et inter-urbain deviendrait les membres du train », ajoute-t-il, de plus, ainsi, « La Réunion pourra prétendre, au même titre que la Région du Limousin ou de Franche-Comté, aux mêmes subventions ferroviaires. Pour son réseau ferroviaire, le Limousin, où le nombre d’habitants est équivalent à celui de La Réunion, reçoit deux types de subvention par an, une subvention du TER pour compenser le déficit du réseau et une subvention pour le maintien de l’infrastructure ».
Pour les collectifs, le chantier qui pourrait se faire en trois phasages : Saint-Pierre/Le Port ; Le Port/Saint-Benoît et Saint-Pierre/Saint-Joseph, aurait avantage à commencer par le tronçon Saint-Pierre/Le Port. Cela aurait « l’avantage de commencer par la partie la moins coûteuse. Et du fait du rapport coût/km de rail moindre, le retour sur investissement serait plus rapide », explique Krishna Damour. « Il s’agit d’une opportunité pour le Sud que nous ne devons pas rater pour l’amélioration des déplacements ».
La deuxième phase étant conditionnée par la traversée du littoral, elle nécessitera sans doute de nouvelles études et « nous refusons de croire à cette fable de la route du littoral sur mer pour un coût qui dépassera les deux milliards d’euros. Car comment croire l’hypothèse de cette version lorsque tant d’incertitudes persistent sur sa sécurisation d’une part et sur sa faisabilité d’autre part », ajoute-t-il.

Refondation du Protocole de Matignon 2

Les collectifs souhaitent une refondation du Protocole de Matignon 2 qui est « une erreur majeure en termes d’aménagement et de mobilité, et au regard des enjeux énergétiques ». Initialement, le Protocole de Matignon 1 signé en 2007 prévoyait la construction sur deux tracés distincts d’un tram-train sous la responsabilité de la Région et de la partie couverte par l’État d’une nouvelle route du littoral en 2X2 voies dont le choix du tracé restait à définir sous la responsabilité de l’État. Le financement de la route du Littoral aurait été alors assuré par la combinaison des contributions de l’État, de la Région, de l’Europe et d’un péage.
Pour le Protocole de Matignon 2, la Région Réunion dirigée alors par l’UMP a préféré la suppression du tram-train pour une route du Littoral en 2x3 voies sur mer. Pour les collectifs, ce choix est lourd de conséquences puisqu’il fait peser le financement de route utilisée quotidiennement par 1 seul automobiliste sur 7 sur l’ensemble de la population. D’autant plus que pour les collectifs, cette route « rencontre de nombreux obstacles, techniques, environnementaux, financiers, qui font douter de sa réalisation, son coût très élevé compromet pour l’avenir toute possibilité de réaliser un transport ferroviaire. Ce choix est anachronique aux critères du développement durable qui doivent promouvoir les modes de transports propres ».
En plus, « ce coût important risque d’hypothéquer le financement du développement structurel du Sud », souligne le porte-parole. « Or, le Sud a besoin d’un nouveau souffle ; tel qu’un quai débarquement pour accueillir des navires de croisière pour dynamiser le développement de l’économie touristique, d’un prolongement de la route des Tamarins jusqu’aux Lianes pour irriguer la zone à mi-hauteur afin d’accueillir la croissance démographique, car comme vous le savez, le Sud devra absorber 37% du million d’habitants attendu, de redynamiser les centres universitaires du Sud et donner un nouvel envol à l’aéroport de Pierrefonds en le spécialisant vers des vols à moyen-courrier régionaux ».

Elie Hoarau, un candidat aux côtés de la majorité présidentielle

C’est pour ces raisons que les collectifs "Nou vé nout tram" et "Pour le développement de la Micro Région Sud" écriront « au nouveau Président de la République pour lui rappeler ses engagements pour le train, mais aussi pour que l’État puisse accompagner la mise en place et financer ce chantier nécessaire pour l’emploi et pour l’amélioration des déplacements » et qu’ils ont choisi de s’engager auprès d’Elie Hoarau qui est le seul candidat à promouvoir une solution ferroviaire et à être lié avec son Parti par un contrat passé avec le nouveau président de la République dans ce sens. Le bilan de baptiseur du Sud du candidat du PCR « nous pousse à nous inscrire en sa faveur dans ces élections législatives du 10 juin 2012 », a conclu le porte-parole.

CF


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