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Unanimité et solidarité ciments de l’intercommunalité réunionnaise

Ce qu’une personne veut remettre en cause

Manuel Marchal / 8 avril 2013

À La Réunion, l’intercommunalité a pu enfin se concrétiser en 1985. Structure pionnière, le SIVOMR a donné une dimension réunionnaise à ce regroupement administratif, en introduisant l’unanimité pour chaque décision, et la solidarité. Une personne qui n’a rien compris à l’intercommunalité vient semer le désordre et tente de créer le rapport de forces là où l’unanimité et la solidarité ont permis de faire avancer les projets.

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À sa création, le SIVOMR a été la première structure intercommunale de La Réunion. Il rassemblait des communes de toutes les régions de l’île, avec au départ La Possession, Saint-Leu, Le Port, Sainte-Suzanne, Saint-Louis et Saint-Pierre. Le syndicat intercommunal permettait une mutualisation des moyens. Il a aussi été à la pointe de l’expérimentation, en instituant le principe de l’unanimité pour toute décision. Toute question est donc soumise au débat jusqu’au consensus, ce qui permet d’avancer sur des décisions acceptées par tous. C’est pourquoi dans le SIVOMR, il n’y avait pas de majorité et pas d’opposition, mais uniquement des élus allant dans le même sens.

Mutualisation et décisions unanimes

L’autre préoccupation des créateurs de l’intercommunalité à La Réunion, c’était la solidarité. Avec l’implantation de nombreuses entreprises sur son territoire, la commune du Port est plus riche que la moyenne. L’objectif a été de mutualiser les moyens en direction des communes moins riches. C’est d’ailleurs la solidarité qui a été inscrite dans le nouveau nom de la structure en 1996 : Communauté intercommunale des villes solidaires (CIVIS). Elle était alors composée de La Possession, Le Port, Saint-Louis, Saint-Pierre, Cilaos, Petite-Ile et Saint-Philippe. Cela permettait donc à Petite-Ile, Cilaos et Saint-Philippe de bénéficier de réalisations rendues possibles grâce à la solidarité du Port, par des décisions prises à l’unanimité.

Avec la réforme de l’intercommunalité imposant le regroupement de communes limitrophes, Le Port et La Possession ont formé avec Saint-Paul, Trois-Bassins et Saint-Leu une nouvelle structure : le Territoire de la côte Ouest (TCO).

Les avancées du SIVOMR et de la CIVIS ont été intégrées au fonctionnement du TCO : unanimité et solidarité.

C’est dans ce contexte qu’intervient une personne qui n’a rien compris au rôle de l’intercommunalité. Elle s’appuie sur le présupposé que la population et les médias ignorent ce qu’est l’intercommunalité à La Réunion pour convoquer une conférence de presse afin d’imposer un point de vue.

L’unanimité menacée ?

Huguette Bello amène le désordre, alors que la règle de l’unanimité interdit le rapport de forces. Et comme lors des législatives, c’est la posture de la victime qui est choisie alors que la commune de Saint-Paul a, depuis 2008, bénéficié du soutien du TCO pour d’importants projets. C’est le cas du camping intercommunal récemment inauguré, et de la future médiathèque de Saint-Paul financée par le TCO. Sans oublier que le directeur de cabinet du TCO est un proche d’Huguette Bello.

Si des projets n’ont pas pu se faire à Saint-Paul, cela relève uniquement de la responsabilité d’Huguette Bello. La ville nouvelle de Cambaie et l’hippodrome étaient des réalisations consensuelles du TCO, lancées quand le maire de Saint-Paul était président du TCO. Elle a tout remis en cause.

Le TCO a été réactif, et le jour de la conférence de presse d’Huguette Bello, il a fait parvenir à la presse un communiqué qui rappelle les enjeux de la question qui sera débattue ce soir en Conseil communautaire. Souhaitons que le principe de l’unanimité ne vole pas en éclat à cause de la volonté hégémonique d’une personne, devenue maire de Saint-Paul grâce à l’action des militants du PCR pendant 50 ans dans cette commune.

M.M.


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