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Une autre politique pour faire reculer le terrorisme

Résultat désastreux de la guerre de l’OTAN au Moyen-Orient

Manuel Marchal / 14 janvier 2015

Dans son édition d’hier, ’Témoignages’ a expliqué quelles sont les causes les plus fréquemment admises pour expliquer le terrorisme. Les inégalités, la pauvreté et les effets de la mondialisation ultra-libérale créent les conditions du développement des extrémismes. La politique des pays occidentaux a accéléré cette crise dans les pays allant du Sahel à l’Asie centrale. Une autre politique doit permettre de sortir de l’impasse.

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Manifestation de soutien à la paix en Palestine à La Réunion.

Au lendemain de l’attentat contre les tours du World Trade Center de New-York et le Pentagone à Washington, George Bush a désigné les coupables. Il a décidé de lancer la « croisade contre le terrorisme ». Cela a confirmé la transformation de l’OTAN en une organisation militaire d’agression inaugurée lors de sa participation au démembrement de la Yougoslavie dans les années 1990. Un mois après les attaques du 11 septembre 2001, les armées de l’OTAN sont partis à l’offensive en Afghanistan. Cette stratégie s’est ensuite notoirement déployée en Irak, puis en Libye. Ces actions ont déstabilisé une région allant de la Mauritanie au Pakistan. Force est de constater que cette crise s’est concentrée dans une région du monde où la majorité de la population est de religion musulmane. C’est précisément une région parmi les plus dynamiques du monde sur le plan démographique, et elle est en état de guerre.

Bush avait lancé une « croisade »

L’implication de l’OTAN date de 2001, cela fait plus de 13 ans. Elle a permis aux dirigeants occidentaux de construire des bases militaires dans une région stratégique sur le plan des richesses naturelles. Mais cette stratégie s’est heurtée à de vives résistances. L’objectif affiché était d’installer la démocratie à l’occidentale. Le bilan est la déstabilisation sans que les Occidentaux puissent redresser la situation. L’OTAN s’est retiré de l’Afghanistan sans avoir pu venir à bout des Talibans. Le régime qu’ils ont mis en place est gravement menacé. En Irak, le pays est divisé. Il doit en plus faire face à la poussée de l’armée de l’État islamique. En Syrie, c’est la guerre civile depuis 4 ans entre un Etat combattu par les dirigeants occidentaux face aux djihadistes.

Palestiniens sous les bombes

En Libye, la guerre lancée par la France a fait exploser l’unité du pays. Une conséquence, c’est le déferlement de djihadistes sur le Niger et le Mali. Dans le sillage de l’effondrement de la Libye, tout le Sahel est devenu une zone instable dans laquelle les expatriés européens ne sont plus en sécurité.
Le prétexte des interventions de l’OTAN, c’était notamment la défense des libertés et des droits humains. Mais les dirigeants occidentaux continuent de protéger les exactions de l’armée israélienne. Cette année, Israël a écrasé Gaza sous les bombes. Les militaires ont visé des écoles de l’ONU servant de refuge aux habitants, et ont tiré sur un hôpital. Ce sont des crimes de guerre et pourtant l’Occident laisse faire. Il accepte même que le Premier ministre israélien fasse partie du cortège de la manifestation de solidarité aux victimes des attentats de Paris.

Lien entre pauvreté et terrorisme

L’ONU souligne qu’aux côtés de la pauvreté et des inégalités, la frustration devant un sentiment d’injustice est aussi une explication de la radicalisation dans l’action armée.
La guerre lancée par l’OTAN est un obstacle à la réduction des inégalités et de la pauvreté dans les pays touchés. Les dirigeants qui ont défilé dimanche ont donc entre les mains une grande partie de la solution au problème. Elle est rappelée par Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations-Unies, qui a lancé un appel à l’unité mondiale dans la lutte conjointe contre la pauvreté et le terrorisme.


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