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Une comptable met le trésorier de l’UMP dans l’embarras

Affaire Bettencourt/Woerth

Céline Tabou / 23 juillet 2010

Le ministre du Travail au premier plan, non pas pour la réforme des retraites, mais pour son implication dans des affaires financières douteuses lorsqu’il était ministre du Budget. Voilà ce qu’il ressort de l’enquête.

Au fur et à mesure que les jours passent, les révélations se succèdent sur cette affaire. Claire Thibout, ancienne comptable de Liliane Bettencourt atteste que des hommes politiques de l’UMP auraient reçu des enveloppes de la part de la milliardaire, de manière illégale.
Mais, avant les révélations de l’ex-comptable, des affaires financières ont été évoquées par "Le Canard enchaîné", concernant l’affaire Wildenstein collectionneur et marchand de tableaux mort en 2001, dont une partie de son patrimoine se trouve dans des paradis fiscaux. Selon notre confrère, les services fiscaux auraient laissé passer, au moment ou Éric Woerth, ministre du Budget et trésorier de l’UMP, menait une "croisade" contre l’évasion fiscale.
De plus, il aurait cédé au trésorier de l’UMP "une parcelle de la forêt de Compiègne avec son hippodrome et son golf à une association amie", la Société des courses de Compiègne, indique le journal "La Croix". Il s’agirait selon "Le Canard enchaîné" d’une transaction qui aurait eu lieu "de gré à gré sans enchère ni appel d’offres". Interrogé sur RTL, Éric Woerth a démenti, affirmant que cette opération s’était déroulée normalement "dans le cadre d’une politique de vente immobilière des biens de l’État et au montant estimé par les Domaines".

Dons illégaux à l’UMP

L’ancienne comptable Claire Thibout a précisé devant le juge que des enveloppes "pouvaient aller de 20.000 à 100.000 euros". Cette dernière explique avoir fait "des déductions entre les demandes d’enveloppes et la venue de certains politiques en campagne électorale". De plus, elle maintient ses accusations de financement illégal de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. En tant que trésorier de l’UMP, Éric Woerth aurait, selon Claire Thibout, reçu une enveloppe avec 150.000 euros en liquide au printemps 2007. Il faut savoir qu’un parti politique ne peut recevoir de don de plus de 7.500 euros de la part d’une personne physique.
Les enregistrements entre la milliardaire et Patrice de Maistre, révélés par "Mediapart", mettent Valérie Pécresse, en première ligne, "c’est la ministre de la Recherche, et elle fait la campagne pour être présidente de Paris. Elle va perdre. Mais il faut que vous la souteniez. Et c’est des sommes très mineures, c’est des petites sommes".

La démission du trésorier de l’UMP

Suite à la polémique dans les médias et à l’Assemblée nationale, où les députés de l’opposition ont multiplié les questions au ministre du Travail sans que celui-ci ne daigne y réponde. Ce sont ces amis politiques François Baroin, son successeur au ministre du Budget, Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur et François Fillon qui se sont relayés pour défendre Éric Woerth.
Interrogé au Sénat par un parlementaire PS sur le risque de "confusion des genres à propos du cumul des fonctions de ministre et de trésorier du parti d’Éric Woerth", le porte-parole du gouvernement, Luc Châtel indique qu’elles ne sont pas incompatibles.
Pour défendre Éric Woerth sur la question du cumul de mandat, François Baroin, ministre du Budget, décide de saisir l’Inspection générale des finances (IGF) pour faire la lumière sur cette affaire. Le rapport, rendu dix jours plus tard, innocente Éric Woerth. Mais des doutes persistent, car le délai d’enquête est jugé trop court par l’opposition.
Profitant de la publication des résultats du rapport de l’IGF, Éric Woerth décide d’annoncer la programmation de sa démission du poste de trésorier de l’UMP pour se consacrer au projet de loi de la réforme des retraites. "L’Inspection générale des finances a montré qu’il n’y avait eu aucun conflit d’intérêts entre mes fonctions de trésorier et de ministre du Budget. Néanmoins, ce cumul fait l’objet d’une polémique. J’en prends donc acte", explique-t-il.

(à suivre)

Céline Tabou


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