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Une crise structurelle ancrée

Paul Vergès et l’analyse globale de la situation

Céline Tabou / 27 mars 2015

Lors d’une précédente conférence de presse, le 16 mars, Paul Vergès avait « apporté tous les éléments de la crise économique, social et évènementiel arrivés à un point de convergence » faisant des années à venir « une période décisive ». Deux semaines plus tard, « les derniers évènements confirment notre analyse », a expliqué le sénateur communiste.

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« Les derniers évènements confirment notre analyse », a dit ce vendredi Paul Vergès en conférence de presse. En effet, avec la hausse du chômage, « les décisions à venir sur la canne à sucre », la crise du logement, la hausse prochaine des carburants, l’endettement croissant des familles, l’augmentation probable des impôts ou du moins la revalorisation des seuils pour les bas salaires, ainsi que les possibilités d’une remise en cause de la surrémunération, sans oublier « les problèmes dans le domaine de l’enseignement et de la recherche, avec 116 000 illettrés » ; « on est engagé en 2015 dans des décisions irréversibles » a assuré Paul Vergès.

Le chômage, point d’orgue de la crise

Pour ce dernier les indicateurs économiques et sociaux découlent de la crise structurelle de La Réunion « avec toutes les conséquences découlant de la loi du 19 mars 1946 ». Ainsi par cette loi, « un apartheid a été mis en place » permettant à une seule couche de la population de bénéficier d’un salaire indexé, engendrant des monopoles.

« Tous les gouvernements successifs essaient de trouver des moyens de soutenir une économie frappée par cette crise structurelle », a déploré Paul Vergès pour qui « un homme politique doit se baser non sur les évènements mais sur la grande tendance qui est là depuis 69 ans : le chômage ». Depuis six décennies, « le chômage a continué à s’aggraver, cela doit être un élément de notre analyse », a assuré Paul Vergès.

Un chômage qui pourrait être réduit, si l’environnement régional de La Réunion était pris en compte. En effet, avec l’évolution démographique et économique de Madagascar, Maurice et des Seychelles, par exemple, La Réunion sera vite dépassée par les évènements. Mais surtout, l’île devra faire face à des concurrents de poids sur les marchés internationaux, particulièrement face aux partenariats mit en place entre les pays de la zone Océan indien et les pays émergents tels que la Chine et l’Inde.
Dans un contexte géopolitique et géoéconomique en mouvement, La Réunion va rapidement se trouver isolée, si aucune politique de coopération n’est mise en place dans les intérêts des réunionnais et de son économie. « Que fait La Réunion dans la COI ? » a posé Paul Vergès. Figurante au sein de la Commission de l’Océan indien, La Réunion a un très faible poids dans les échanges. Une des raisons pour lesquelles, le conseiller régional a déploré « les visites protocolaires et le développement des îles Vanille », qui n’auront aucun poids face aux alliances déjà faites entre l’Inde et l’île Maurice, par exemple.

Pour l’élu, « la politique internationale remet tout en cause de façon décisive ». D’autant plus, que le bouleversement de l’ordre mondial se concentre sur l’Afrique et l’Asie, deux continents ayant participé au peuplement de La Réunion et avec lesquels les liens culturels sont très présents chez les Réunionnais.


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