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Une gestion catastrophique des fonds publics par le "gaspilleur" Didier Robert

L’Alliance des Réunionnais tire la sonnette d’alarme sur des risques de décisions très graves de la Région aujourd’hui

Témoignages.re / 21 décembre 2010

Un choix symbolique : ce lundi 20 décembre, jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans notre pays, les élus de l’Alliance au Conseil régional ont tenu une conférence de presse pour alerter les Réunionnais sur les méthodes passéistes dont le président de la Région et ses complices gèrent les fonds publics de la collectivité. Où est la liberté des Réunionnais devant l’obscurité totale, le gaspillage éhonté et l’utilisation à des fins électorales de leur argent par des élus qui soutiennent une politique néo-coloniale de casse sociale ? Il suffit de voir certains dossiers au contenu scandaleux débattus ce mardi en Commission permanente de la Région…

Hier après-midi, quatre conseillers régionaux de l’Alliance ont attiré l’attention des Réunionnais sur deux dossiers très préoccupants, sur lesquels ils sont déjà intervenus sans écoute lors de l’assemblée plénière du 14 décembre dernier, mais que la majorité UMP de la Région veut valider aujourd’hui en Commission permanente. Le premier de ces dossiers concerne la « subvention royale » de 6 millions d’euros supplémentaires que les dirigeants de la collectivité veulent verser à l’IRT (Ile de La Réunion Tourisme), alors que le budget de cette association est déjà passé de 10,9 à 13,8 millions d’euros entre le début de l’année et octobre 2010.
Là, il risque de passer subitement à 19,7 millions d’euros, soit 600.000 euros de plus à dépenser chaque jour d’ici la fin de l’année… ! Comment peut-on dépenser autant d’argent public de façon aussi imprévue ? Et à qui va aller cet argent des Réunionnais ? Et pour quoi faire, au service de quel intérêt public ?

« Pourquoi cette précipitation ? »

Philippe Jean-Pierre a bien sûr souligné que le développement du tourisme est une nécessité pour La Réunion, mais encore faut-il que l’investissement des fonds publics dans ce secteur se fasse dans la plus grande transparence. « Pourquoi cette précipitation ? L’imprévoyance et l’illisibilité de cette action posent un gros problème au niveau de la gouvernance publique ».
Selon André Thien-Ah-Koon, « cette gestion est d’autant plus grave et problématique que la présidente de l’IRT a refusé systématiquement de venir s’expliquer devant la Commission permanente à ce sujet. Cet amateurisme me choque. L’IRT est gérée hors-norme. Il n’y a même pas de rapport de gestion et certaines signatures de chèques posent des questions ».
C’est pourquoi les élus de l’Alliance demandent « que la présidente de l’IRT vienne plaider sa demande devant la Commission permanente ; un audit sur la gestion de l’IRT sur l’année budgétaire 2010 ; et que les nouvelles propositions du "plan d’actions exceptionnel" soient examinées dans le cadre du Budget 2011 de l’IRT ».

Une dérive totale

Second dossier à l’ordre du jour de cette conférence de presse : la nouvelle façon de la majorité régionale de gérer les emplois verts. Évidemment, comme l’a noté Maya Césari, ces emplois ne sont pas suffisants pour régler le problème du chômage massif dont souffrent de nombreux Réunionnais en raison de la politique UMP au gouvernement et à la Région. Mais ce dispositif, mis en œuvre par l’Alliance avec Paul Vergès depuis 1997 de façon réglementaire et transparente avec des groupes techniques, a permis de créer un millier d’emplois par an sur 60 chantiers pour protéger et valoriser notre territoire.
Mais là, explique Maya Césari, la majorité régionale est en train de dériver totalement, en ne respectant pas les règles des procédures pour l’attribution des emplois verts aux associations. Ainsi, par exemple, des associations qui travaillent sur des chantiers depuis des années se voient refuser des emplois sans aucune justification et sans que les dossiers soient soumis au groupe technique et aux élus.
Autre exemple : des associations récemment créées reçoivent de nouveaux chantiers sans expertise technique et sans concertation avec les partenaires concernés. Par ailleurs, le nombre d’emplois pour ces nouveaux chantiers est doublé et certaines associations reçoivent plusieurs nouveaux chantiers avec un cumul d’emplois considérable. Enfin, de nouveaux chantiers surgissent dans des cantons renouvelables aux prochaines élections et ils présentent de graves anomalies.

« Des emplois pour des partisans et des nervis »

Aline Murin-Hoarau a donné plusieurs exemples de ces anomalies. Il y a le cas de l’Association Solidarité Réunionnaise de Nadia Ramassamy, qui devrait recevoir
173.000 euros pour 13 emplois verts avec un changement inexpliqué de son objet social. Il y a aussi le cas de l’association 3E, qui n’a pas de bilan d’activités et qui reçoit 5 chantiers, dont 4 à Salazie pour 79 emplois, et un chantier à Saint-André pour 64 emplois.
L’élue de Sainte-Suzanne dit « halte aux vieilles méthodes du passé ! Les emplois verts sur tout le territoire doivent être attribués dans le respect des règles, et pas pour tenter d’acheter des voix ».
André Thien-Ah-Koon a également évoqué ce dossier en dénonçant le fait que le président de la Région « se livre à une démarche électoraliste, en distribuant des emplois pour des partisans et des nervis ». Maya Césari a également dénoncé ces méthodes électoralistes dans l’Ouest, en particulier dans les cantons renouvelables de Saint-Paul et le non-renouvellement des emplois verts dans le 2ème canton de Saint-Paul… qui n’est pas renouvelable. Elle a conclu en déclarant que « c’est une situation préoccupante, où les associations sont prises en otage et victimes de cette déviance ».

Correspondant


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