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Une gouvernance efficace

2012 : le changement. Quel changement ? Par qui ? Pour qui ?

Témoignages.re / 20 avril 2012

Le système administratif actuel est à l’instar du système économique arrivé à son bout, car il ne répond plus aux besoins et attentes des Réunionnais, qui vont être un million d’ici dix ans.

Une nouvelle gouvernance pour un nouveau développement

La gouvernance est aujourd’hui un enjeu majeur pour La Réunion et son développement économique et social, car la politique publique à un impact considérable dans la vie des Réunionnais. Malgré une forte implication de la population dans le débat politique, la représentativité de la population n’est pas à la hauteur.
Les femmes et les jeunes sont les moins représentés dans les instances, bien que la loi exige la parité, celle-ci reste encore minime. Cela s’est vérifié lors des dernières Cantonales. Aucune femme n’est vice-présidente du Conseil général.
A La Réunion, le Conseil général est composé de 49 élu(e)s, seuls 6 sont des femmes, soit 12%. De leurs côtés, la Chambre de Commerce compte 8% de femmes, la Chambre d’Agriculture 9%, à la Chambre de métiers 20%, au Conseil économique et social régional (CESR) 15% et au Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement 27%.

Au-delà de la parité, le cumul de mandat est un problème de fond qui remet en cause les missions des élus destinées à la population. En effet, 36% des conseillers régionaux réunionnais cumulent deux mandats. C’est le Département qui compte le plus de cumulards, avec 90% des élu(e)s dont 30% des élu(e)s sont des maires. Le cumul de mandat ne laisse pas de place à la représentativité.

À cela s’ajoute le problème de l’efficacité de la gouvernance. Lors de projets d’intérêts réunionnais comme le tram-train, des responsables politiques peuvent retarder le début du chantier par simple intérêt politicien.
Se pose aussi la question de la casse de grands chantiers indispensables à l’intérêt général lors du changement de majorité dans une seule collectivité. Manifestement, il y a là un problème de cohérence et de continuité de l’action publique.
Les évolutions démographiques, économiques, environnementales et technologiques de notre pays sont considérablement plus rapides que ce qui se passe en France.
Or, depuis l’abolition du statut colonial en 1946, la structure institutionnelle n’a quasiment pas bougé. Notre population a été multipliée par presque quatre, mais une seule commune a été créée, Cilaos.
Le seul changement notable a été la création de la Région et les lois de décentralisation, mais la structure n’a pas changé. Nous avons toujours le découpage de La Réunion issu de l’époque coloniale, avec des communes allant du battant des lames au sommet des montagnes, et un Conseil général qui est un regroupement de maires et d’adjoints.
La politique de ce gouvernement a même donné lieu à une recentralisation des pouvoirs. Car en refusant de compenser les transferts de charge liés à la décentralisation, le pouvoir central réduit d’autant plus l’autonomie de décision des collectivités, car il diminue leurs ressources. Ceci empêche donc à des élus choisis par le peuple d’avoir les moyens légaux de mettre en œuvre le projet pour lequel ils ont été élus.

Quelques données du problème

- Population multipliée par 4, mais les mêmes collectivités

- Sous représentation des femmes et des jeunes

- Le Conseil général reste une assemblée de maires et d’adjoints

- Réduction des moyens des collectivités par la politique du pouvoir central


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