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Une « longue bataille juridique » en perspective

Après l’audience du tribunal administratif

Céline Tabou / 24 août 2013

Au lendemain de l’examen par le tribunal administratif du recours de l’Alliance contre la déclaration d’utilité publique de la nouvelle route du littoral, les conseillères régionales de l’Alliance, Maya Césari et Catherine Gaud ont tenu une conférence de presse, annonçant « une bataille juridique qui va être longue ».

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Maya Casari et Catherine Gaud, conseillère régionale de l’Alliance, rappellent que le gouvernement devra prendre position suite à l’avis négatif du Conseil national de protection de la nature.

« Nous prenons acte que le rapporteur public a demandé le rejet de notre requête », a introduit Catherine Gaud. Elle a indiqué qu’après la décision du juge, « il y aura des appels interjetés par les deux parties selon les jugements pris », cela présage « une longue bataille juridique ».

Catherine Gaud a précisé qu’en tant que « citoyen » et « en mon âme et conscience » , « nous pensons qu’il est nécessaire de se réunir, parce que le débat lors de l’audience d’hier a été instructif. On a tiré l’enseignement que, plus que jamais, la bataille contre le projet doit être menée et amplifiée ». « Les Réunionnais doivent prendre conscience des conséquences de ce projet dans leur vie et dans celle de l’île », a-t-elle expliqué.

« On se bat en tant que citoyen »

Pour L’Alliance, si le projet de la nouvelle route du littoral se concrétise, alors « les conséquences seront immédiates ». D’autant plus que « l’on voit l’intérêt que les Réunionnais accordent au débat, nous sommes persuadés de leur espoir de voir notre île préservée », a souligné Catherine Gaud. Elle a réagi au rejet en recours « au motif que les citoyens qui ont déposé ce recours sont de l’opposition à la Région ». Cependant, « ces arguments n’ont pas résisté parce que le recours a été déposé par des contribuables réunionnais qui ont intérêt à agir. La cause est juste, on se bat en tant que citoyen, c’est notre droit », a-t-elle exposé.

Les deux élues ont expliqué que la majorité tenait à les mettre à l’écart parce que représentant l’opposition, « le recours contre la DUP gêne des gens, qui ont la volonté que cela passe comme une lettre à la poste, sans débat, et dans l’opinion. Notre action est juste, elle éveille les consciences afin qu’on s’interroge des conséquences » de la nouvelle route du littoral. Catherine Gaud a souhaité un débat « sans prise de parti politique pour un projet décisif pour La Réunion ».

Les deux conseillères régionales ont dénoncé la « posture du rapporteur public qui s’est aligné sur la position du représentant du préfet, qui s’est lui-même aligné sur le représentant de la Région ». « Est-ce que cela signifie que le gouvernement actuel défend le protocole de Matignon II signé par Didier Robert et François Fillon ? On espère que les juges auront le recul que n’a pas eu le rapporteur public », a souhaité Catherine Gaud . Les mémoires présentés sont « argumentés » , «  on demande à ce qu’ils soient entendus de façon égale à ceux qui sont plus forts que nous financièrement et institutionnellement  », a indiqué Catherine Gaud. Pour elle, « aucune des questions posées n’a été résolue, pire de nouveaux obstacles arrivent » .

La vision unique du dossier

Les deux élues ont dénoncé l’absence de réponse du rapporteur public : « le rapporteur public est plus dans un procédé, une posture d’apriori qu’un examen approfondi point par point. On demande que l’on regarde point par point et que des solutions soient proposées ». « Il n’y a rien, aucune réponse, seulement une affirmation de la Région » , a souligné Catherine Gaud.

De son côté, Maya Césari a pointé du doigt « les rendez-vous importants attendus du gouvernement » . Cette dernière a indiqué : «  on attend la décision du gouvernement face à l’avis négatif du Conseil National de Protection de la Nature qui doit arriver » prochainement. Cet avis « est accablant, car il souligne l’insuffisance du plan d’environnement et condamne des éléments essentiels du projets », notamment sur la question du viaduc et/ou d’une digue.

Maya Césari a noté que si la voie tout viaduc était retenu, les conséquences porteraient sur l’absence de « cohérence avec la DUP initiale » et demanderait « l’appel d’une expertise en terme de construction, dont les compétences ne sont pas présentes à La Réunion », cela signifie qu’en terme d’emploi : « on va avoir peu de création, car tout l’emploi viendra de l’extérieur ». « Pourquoi le gouvernement s’exonère à suivre l’avis du CNPN, alors que tout autre avis serait arbitraire. Le gouvernement aide la mandature actuelle au mépris de l’environnement. On attend la décision du gouvernement, car c’est la responsabilité du gouvernement actuel qui est en jeu », a déclaré Maya Césari.

La conseillère régionale de l’Alliance a conclu sur la cherté du projet qui en trois années est resté selon la Région au même montant — 1, 6 milliard d’euros—, sans prise en compte des hausses des coûts des matériaux. « Le projet n’entrera pas dans l’enveloppe budgétaire de la Région, qui bute à vouloir faire croire que ce projet entre dans le budget alloué ».

« Le projet est dans l’impasse », car soit la solution est digue-viaduc , « contraire à l’avis du CNPN » , soit « tout viaduc avec les conséquences que l’on connaît » en matière d’environnement. « Nous avons demandé aux autorités et à la Région, une expertise financière et économique de ce projet et on attend toujours la réponse. Si cela n’est pas fait, il y aura des conséquences désastreuses. Pourquoi auraient-ils peur de cette expertise ? Si c’est sincère, il n’y aura aucun problème financier », a observé Maya Césari.

Pour conclure, l’élue a annoncé : « Nous refusons de participer à ce projet, car on ne doit pas accompagner cette fuite en avant. Nous voulons des arguments, mais personne n’y répond. C’est de notre devoir de dire Non, nous ne sommes pas d’accord ».

Céline Tabou


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