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Une ministre en campagne électorale au moment où le gouvernement demande une avance pour payer les fonctionnaires

Le Parti communiste réunionnais et les raisons de la visite de Marie-Luce Penchard

Céline Tabou / 26 novembre 2010

Hier, à l’occasion d’une conférence de presse du PCR représenté par Maurice Gironcel, Ary Yee Chong Tchi Kan, et Julie Pontalba, le Parti communiste réunionnais a interrogé l’opinion publique et les médias sur les raisons de la venue de Marie-Luce Penchard à La Réunion, les 29 et 30 novembre. Force est de constater que ce nouveau voyage d’un membre du gouvernement tient surtout d’une opération de propagande destinée à préparer les prochaines élections cantonales. Ces dépenses somptuaires ont lieu au moment où le gouvernement est obligé de demander une avance pour payer les salaires des fonctionnaires le mois prochain.

Face à l’aggravation de la situation économique et sociale réunionnaise, le Parti communiste réunionnais a tenu à pointer du doigt deux dossiers majeurs pour La Réunion : le pouvoir d’achat et le logement. Le PCR demande à la ministre de l’Outre-mer de proposer des solutions sur les dossiers majeurs, qui concernent non seulement La Réunion, mais aussi les autres collectivités de l’Outre-mer. Des demandes qui vont bien au-delà du plan com’ des ministres UMP venus dans notre île, car « pourquoi est-ce que Marie-Luce Penchard vient à La Réunion ? », se sont demandés les membres du Parti communiste réunionnais.

Les contribuables payent le prix de la politique UMP

En cette période pré-électorale, plusieurs ministres sont déjà venus à La Réunion, « sous des prétextes fallacieux », pour s’occuper de l’UMP local. Parmi eux, Luc Chatel, George Tron, et bientôt Marie-Luce Penchard ont usé du protocole d’État pour venir. Ce type de voyage est à chaque fois payé par les impôts de tous les Français. Celui de la ministre de l’Outre-mer a lieu au moment où le budget de rigueur du gouvernement est voté par le Parlement : l’ensemble des Français devront subir ce plan d’austérité, voir les collectivités s’appauvrir, et les difficultés financières s’accroître.
« La situation économique et sociale d’aujourd’hui est le résultat d’une politique gouvernementale » de casse sociale a indiqué Ary Yee Chong Tchi Kan. Ce dernier a rappelé que la réforme des retraites aura des conséquences « graves » à La Réunion, où le chômage est élevé. De même, le membre du secrétariat du PCR a expliqué que le vote du budget aura non seulement un impact sur les ménages, mais également sur les collectivités, qui verront leurs dotations diminuer, et connaîtront un budget en déséquilibre chaque année.
« Le gouvernement vote un budget en récession pour 2011, et avec une projection sur trois ans. L’objectif est de faire passer de 8% du PIB à 3%, comme voulu par l’Union européenne, d’ici 2013. Mais, déjà pour 2011, le gouvernement a fait voter un budget de rigueur et d’austérité pour passer de 7,7% à 6% en un an. On n’imagine ce qui va se passer pour arriver de 6% à 3% d’ici là », a précisé Ary Yee Chong Tchi Kan.

La Réunion en pleine récession, l’État demande une avance

« La Réunion est en récession, avec -2,7% du PIB en 2009. Cette année, la situation s’est aggravée, et 2011 ne sera pas mieux ». Dans ce contexte de raréfaction des recettes des collectivités, Marie-Luce Penchard a annoncé qu’elles devaient actionner le levier des taxes. La ministre propose in fine d’augmenter les impôts pour équilibrer les comptes des collectivités, et prévoit que les communes d’Outre-mer aient moins recours à l’autofinancement pour le financement des investissements communaux, mais davantage aux dotations. Face à cette multitude d’annonces, le PCR se demande si la ministre « est venue pour éclaircir la situation, ou pour annoncer que tout se passe bien en France, et lancer la campagne présidentielle ».
Or, la venue de la ministre aura lieu quelques jours après l’annonce par le Sénat de la décision favorable de la commission des finances de mettre en place un décret visant à allouer de « 1,39 milliard d’euros d’autorisations d’engagement et de 1,14 milliard d’euros en crédits de paiement, dont 930 millions d’euros seront destinés à couvrir des dépenses de personnel » (voir page 2). Le budget n’a pas été voté « de manière honnête », note le PCR. Le Parti communiste réunionnais constate que l’État n’a pas d’argent pour payer son personnel, mais envoie ses ministres pour rassembler l’UMP local.
De même, l’État doit au Conseil général de La Réunion, 360 millions d’euros, au titre du transfert des compétences (APA et RMI). Où est passé cet argent ? Qu’attend le gouvernement pour payer ?
Face à l’importance des dossiers, le PCR attend des propositions, des remarques afin de faire évoluer les choses. « Nous serons vigilants, nous allons interpeller la ministre sur ces questions, et lui demander d’agir, pour les DOM-TOM » ont conclu les trois membres du Parti communiste réunionnais.

Céline Tabou


Quelles réponses du gouvernement à la perte de pouvoir d’achat ?

Le PCR demande « à la ministre, et au gouvernement d’agir, de travailler et de faire des propositions concrètes sur des dossiers majeurs, tels que le pouvoir d’achat et le logement » a expliqué Julie Pontalba. Cette dernière a indiqué que les gouvernements de droite successifs n’ont « jamais pris en compte le problème des prix, de la cherté de la vie, et du pouvoir d’achat à La Réunion ». Les trois membres du PCR souhaitent que l’Observatoire des prix et des revenus mis en place par le gouvernement soit légitimé, et puisse faire son travail d’information, et d’action face à la hausse des prix.
« Les prix ici sont 50 à 60% plus chers qu’en métropole, alors que la problématique a été prise en compte par l’État, qui a fixé le montant des revenus de ses agents, mais n’a pas pris en compte les salariés du privé, qui subissent cette hausse des prix », a précisé Julie Pontalba, la question est de savoir pourquoi l’État ne reconnaît pas les difficultés financières de tous les Réunionnais, et pas seulement de ses agents.


Logement : le PCR propose de revaloriser la LBU

« Ce gouvernement de combat, comme il se définit, va continuer la casse sociale, et la ministre de l’Outre-mer vient dans un contexte grave, notamment, dans le secteur du logement », a déclaré Maurice Gironcel. Celui-ci a repris les chiffres du secteur et annoncé que près de 22.500 ménages ont fait des demandes de logement social au 1er janvier 2010.
« L’urgence de la situation demande des mesures concrètes de la part du gouvernement » a-t-il annoncé. C’est pour cette raison que le PCR propose de revaloriser la LBU, et de ne pas la substituer à la défiscalisation. Le Parti communiste réunionnais ajoute qu’il est important que les délais, les démarches administratives, et l’accessibilité soient revus pour garantir l’accès à un logement social pour les plus démunis.


An plis ke sa

• Programme "secret défense"
Toujours pas d’annonce officielle du programme de la visite de Marie-Luce Penchard. Mais dans le monde des médias à La Réunion, certains éléments ne manquent pas de susciter l’interrogation.

• Report de la Commission permanente de la Région
Tellement au service du gouvernement, la Région Réunion a décidé de reporter la Commission permanente à mercredi au lieu de mardi. C’est vraiment ce qui s’appelle avoir le doigt sur la couture du pantalon. Mais cela amène à se demander que feront les élus UMP de la Région ce jour-là, un événement de portée historique est-il en préparation ? L’opération de com’ n’est pas loin…

• L’opération de com’ du lancement des chaines gratuites
C’est la récupération par le gouvernement d’un combat mené depuis des années par les Réunionnais. Un des temps forts de la visite de la ministre sera en effet le lancement de la TNT à La Réunion, car Marie-Luce Penchard vient avec le PDG de France Télévisions. Compte-t-elle faire croire à l’opinion que c’est grâce à l’UMP que les Réunionnais auront davantage de chaines de télé gratuites ?


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