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Une seule solution : le dialogue

Après la déclaration du ministre des Outre-mer

Manuel Marchal / 21 février 2013

La Réunion est en plein débat sur les emplois aidés. Pour apporter une solution respectueuse des intérêts des uns et des autres, la seule solution est le dialogue entre tout le monde, conformément à la lettre adressée par François Hollande à Paul Vergès lors des Primaires citoyennes. Le futur président de la République avait écrit ceci : « rien ne se décidera plus de manière unilatérale ».

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Photo Toniox

Hier sur Réunion Première, le ministre des Outre-mer a réagi aux manifestations qui secouent La Réunion. Il estime que « l’État a fait son travail » : 9.000 contrats aidés et 5.000 emplois d’avenir. « Je déplore que tous les partenaires ne se soient pas également mobilisés pour la réussite de ces dispositifs (…) Ça ne marche pas à La Réunion, il y a un problème de synergie, je n’ose pas dire autre chose ».

Cette intervention oublie un fait : le débat sur les emplois aidés à La Réunion. Dans notre île, le taux de chômage est trois fois plus important qu’en France, plus de 160.000 Réunionnais sont inscrits à Pôle emploi, dont 23.000 jeunes. Si en France, le nombre de chômeurs était de 9 millions, le gouvernement appliquerait-il les mêmes mesures qu’aujourd’hui ? Un des thèmes du débat sur les emplois aidés, c’est de voir comment ces dispositifs peuvent s’intégrer dans une politique exceptionnelle qui reste à définir.

Et justement, ce débat n’est refusé par personne à La Réunion. Mais force est de constater que les mesures présentées pour 2013 sont une décision prise sans y avoir associer les collectivités. Quels sont en effet les élus réunionnais qui ont participé à un processus qui aboutit à une diminution des emplois aidés et leur remplacement par un autre type de contrat ?

Ce qui veut dire que ces mesures de traitement social du chômage ont été décidées unilatéralement. Voilà qui contredit la lettre adressée en octobre 2011 par François Hollande à Paul Vergès. Le futur président de la République avait annoncé « une nouvelle relation avec les territoires d’Outre-mer » : « rien ne se décidera plus de manière unilatérale ».

Le moment est arrivé de mettre en pratique cet engagement qui est à l’origine des 71% obtenus à la présidentielle.

La seule solution, c’est que tout le monde se mette autour d’une table : collectivités, associations, Pôle emploi, représentants des travailleurs et État. Il s’agira de partager les responsabilités et les moyens à mettre en œuvre. Tout le monde devra donc agir de concert, et une des parties ne doit pas imposer son point de vue. L’État ne peut pas faire comme si ce débat n’existait pas, cela ne sert à rien d’invectiver. Il n’y a qu’une seule solution : le dialogue.

 M.M. 

François Hollande : « Rien ne se décidera plus de manière unilatérale »


Extrait de la lettre de François Hollande, alors candidat aux Primaires citoyennes, à Paul Vergès, en octobre 2011.

« J’entends construire (…) une nouvelle relation avec les territoires d’Outre Mer.

J’entends conduire cette nouvelle politique en renforçant le dialogue et l’écoute avec les élus locaux et les collectivités locales et territoriales, car rien ne se décidera plus de manière unilatérale ».

Qui a poussé aux émeutes au Port ?


Mardi, une personne est intervenue à la télévision pour dire que la faute incombe au maire et à son parti politique. Quelques heures plus tard, la mairie annexe de La Rivière des Galets était incendiée.

Celui qui pointe le maire et son parti, la justice doit l’interroger. En effet, il a désigné des cibles, comment alors ne pas s’étonner des conséquences dans un contexte aussi tendu. La justice ne peut pas se taire, elle ne peut pas être complice.


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