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Une seule solution pour les jeunes : la lutte

Incapable de donner satisfaction aux jeunes, Didier Robert tente une nouvelle manœuvre

Manuel Marchal / 14 mai 2010

Après le ministre de l’Éducation, c’est la ministre de l’Outre-mer qui vient de ferme la porte à toute solution aux jeunes qui campent à la Région dans l’espoir d’obtenir un poste d’enseignant à La Réunion à la rentrée. Cette déclaration de Marie-Luce Penchard vient une semaine avant sa visite à La Réunion. Elle démontre une fois de plus l’incapacité de Didier Robert à répondre aux revendications des jeunes, le président de la Région est pris au piège de ses promesses. Alors, il tente une nouvelle manœuvre médiatique pour tenter de déminer le terrain de la visite ministérielle.

Cela fait plus d’un mois que des jeunes Réunionnais sont en grève pour avoir le droit de travailler dans leur pays. Pour se faire entendre, ils occupent le hall de la Région avec l’accord de Didier Robert. Ce dernier dit les soutenir, mais depuis un mois, il est incapable de régler ce problème. Une rencontre est annoncée lundi entre Didier Robert, le recteur et les jeunes enseignants, mais de quoi discutera-t-on ? Car pour ce qui concerne l’affectation des jeunes enseignants, après Luc Chatel, ministre de l’Éducation, c’est Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer en visite la semaine prochaine à La Réunion, qui a confirmé mercredi l’inefficacité de Didier Robert.
En réponse à une question de Patrick Lebreton à l’Assemblée nationale, Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer, a, tout comme le ministre de l’Éducation nationale, fermé la porte à toute solution : « au nom de l’équité, le ministre doit prendre en considération non seulement la situation de ces trente-deux stagiaires, mais aussi celle des enseignants ultramarins qui exercent en métropole et qui attendent depuis plus de dix ans d’être mutés en vue d’un regroupement familial. Il s’agit là aussi d’une mesure juste et équitable qui concerne l’affectation outre-mer des ultramarins », a-t-elle déclaré.
Autrement dit, pour répondre aux revendications des jeunes, la membre du gouvernement que soutient Didier Robert divise les Réunionnais enseignants dans l’Éducation nationale entre ceux qui sont en France et ceux qui veulent travailler ici.
Mais il est faux de dire que 32 personnes vont perturber le retour de Réunionnais qui veulent venir enseigner à La Réunion. Le fond du problème, c’est la capacité à répondre à l’orientation définie lors du Conseil interministériel sur l’Outre-mer en novembre dernier par Nicolas Sarkozy, et affirmée dans cette phrase prononcée par le président de la République : « la sacro sainte règle de la mobilité administrative n’ayant aucun sens quand sa mobilité, on va la faire à plusieurs milliers de kilomètres de sa famille, ce n’est pas du tout le même contexte qu’en métropole ».
La réunion au Rectorat de lundi prochain ne sera qu’une nouvelle opération de manipulation médiatique du président de la Région. À la veille de l’arrivée à La Réunion de la ministre de l’Outre-mer, il tente une dernière manœuvre car il est incapable de donner satisfaction aux jeunes Réunionnais qui ont sollicité son appui. Pour ces jeunes, la seule solution, c’est de se battre pour réclamer le respect de la parole donnée par le président de la République lors du Conseil interministériel sur l’Outre-mer, une parole qui signifie que les Réunionnais ont le droit de travailler dans leur pays.

M.M. 


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