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Une situation encore plus explosive à La Réunion

Jean-Marc Ayrault en visite aux Antilles

Témoignages.re / 26 juin 2013

Le Premier ministre devait arriver hier en visite en Martinique. Il participe à la commémoration du centenaire de la naissance d’Aimé Césaire. Aujourd’hui, il doit rencontrer des agriculteurs, puis prononcer un discours aux acteurs économique. A la mi journée, il arrive en Guadeloupe où il doit séjourner jusqu’à demain après-midi. Au programme, différentes rencontres sur les thèmes de l’emploi et de la vie chère, ainsi qu’un discours sur la politique de la ville et la lutte contre la délinquance.

La revue de la presse des Antilles et la dépêche de l’AFP montre le haut niveau de préoccupation vis à vis de la situation sociale. C’est le constat d’une société au bord de l’explosion.

Mais dans ces pays, le taux de chômage est plus faible qu’à La Réunion. Cela signifie que tout ce dont il est fait état dans les articles que nous reproduisons ci-après et ci-contre, doit être encore multiplié pour La Réunion.

Taux de chômage : entre 5 et 7 points de plus à La Réunion

Selon Eurostat, voici les taux de chômage de la Guadeloupe, de la Martinique et de La Réunion, et la comparaison avec la France.

Pays Taux de chômage au 4e trimestre 2012
Guadeloupe 23%
Martinique 21%
La Réunion 28,6%
France 10,6%

Chômage : La Réunion davantage que tous les autres ensemble

Les données comparables recensent une partie des demandeurs d’emploi, les travailleurs classés par Pôle emploi dans les catégories A, B et C. En avril 2013, La Réunion à elle seule comptait davantage de chômeurs que la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane ensemble.

Pays Nombre de travailleurs inscrits à Pôle emploi (sauf D et E)
Guadeloupe 68.160
Martinique 53.113
Guyane 22.402
Ayrault aux Antilles sur fond de chômage et d’insécurité

Jean-Marc Ayrault entame mercredi une visite de trois jours en Martinique et en Guadeloupe pour tenter de répondre aux inquiétudes dans ces îles victimes d’une insécurité croissante et d’un chômage qui touche plus de 20% de la population.

Pour sa première visite en Outre-mer depuis son arrivée à Matignon en mai 2012, le Premier ministre a choisi de débuter par la Martinique où est célébré le 26 juin le centenaire de la naissance du poète et homme politique Aimé Césaire. Dès son arrivée à Fort-de-France mercredi, le chef du gouvernement ira ainsi fleurir la tombe de celui qui constitue pour M. Ayrault une « référence politique et intellectuelle » , selon un conseiller. Mais le Premier ministre, qui reste comme le chef de l’Etat très impopulaire, va surtout tenter d’apporter des réponses concrètes aux problèmes que rencontrent les deux îles, qui avaient massivement voté pour François Hollande en 2012.

Avec des taux de chômage supérieurs à 20% en Martinique comme en Guadeloupe, l’emploi sera au centre de la visite de M. Ayrault. « Dans un passé récent, les départements d’Outre-mer ont eu un sentiment d’abandon », relève un membre du cabinet de M. Ayrault. Montrer que « l’Etat a repris sa place » sera un des enjeux de la visite. Sur ce volet de l’emploi, la visite ne devrait cependant pas donner lieu à des annonces nouvelles. La promotion de la "boîte à outils" du gouvernement, dont les emplois d’avenir, sera par contre assurée. Le Premier ministre rencontrera ainsi vendredi des jeunes en emploi d’avenir dans le Parc national de Guadeloupe.

M. Ayrault, qui multipliera matin et soir les interventions dans les médias locaux, est aussi très attendu sur le volet fiscal. Le gouvernement reviendra-t-il sur le système de défiscalisation dans les territoires ultramarins ? Le Premier ministre devrait préciser la position de l’Etat jeudi devant les milieux économiques à Fort-de-France. « L’enjeu est d’avoir des dispositifs plus efficaces pour le développement économique de l’Outre-mer », explique un conseiller de M. Ayrault, sans lever le voile sur de futures annonces. Les acteurs économiques de l’île craignent un changement dans la future loi de finances 2014 au moment où les Antilles restent confrontées à la question de la "vie chère" et un ralentissement de l’économie.

Guadeloupe : 19 morts violentes depuis janvier

La grave crise sociale et économique qui a ébranlé les départements d’Outre-mer en 2009 « n’était rien » comparée à la crise que générerait l’arrêt de toute défiscalisation, a ainsi mis en garde mercredi Jean-Paul Le Pelletier, président de l’Association des chambres de commerce et d’industrie des Outre-mer (ACCIOM). Si le système d’aide fiscale à l’investissement est remplacé uniquement par du crédit d’impôt, « on sera sans capacité d’investir en 2013, mais aussi en 2014 et 2015 », a pronostiqué le président de l’ACCIOM. M. Ayrault devrait aussi promouvoir le "bouclier qualité-prix", un dispositif créé dans le cadre de la loi Lurel de régulation économique outre-mer, destiné à lutter contre les mécanismes de la vie chère. Il porte sur une liste de 101 produits, pour un montant maximal de 365 euros, dont le prix est censé baisser de 10,3%.

La sécurité, notamment en Guadeloupe à partir de jeudi, sera aussi un aspect majeur du déplacement. « Il y a un contexte un peu lourd en matière de sécurité » , confirme-t-on dans l’entourage de M. Ayrault. La Guadeloupe a ainsi vu se multiplier depuis le début de l’année braquages et morts violentes (19 depuis janvier). Le Premier ministre se rendra jeudi en Guadeloupe dans la commune des Abymes, où a été créée en novembre une zone de sécurité prioritaire (ZCP) intégrant également la ville voisine de Pointe-à-Pitre. Il y prononcera un discours sur la sécurité et la politique de la ville, en présence du ministre François Lamy.

Outre MM. Sapin et Lamy, la délégation comprendra plusieurs parlementaires et les ministres George-Pau Langevin (Réussite éducative), Guillaume Garot (Agroalimentaire) et Victorin Lurel (Outre-mer).

(Source Agence France Presse)

Guadeloupe


Des élus demandent audience au Premier ministre Jean-Marc Ayrault

Des élus soucieux de la jeunesse et de la justice demandent audience au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, jeudi. Ils sollicitent une séance de travail dédiée aux questions de sécurité en vue de la mise en œuvre d’un plan d’urgence global.

Neuf élus députés, sénateurs, présidents des deux collectivités majeures, maires et président de l’Association des maires de Guadeloupe (AMG) considèrent « que depuis plusieurs semaines, la Guadeloupe connaît une multiplication sans précédent de faits de violence et de criminalité qui en fait l’un des départements les plus violents de France ». Ils affirment : « La violence des actes, leur augmentation en fréquence et en gravité, contribuent à instiller dans tout le pays un légitime sentiment d’insécurité qui touche chaque Guadeloupéen désormais convaincu de n’être plus en sécurité nulle part ». C’est donc pour cette raison qu’ils sollicitent une séance de travail au Premier ministre, à son arrivée jeudi, dédiée aux questions de sécurité et aux mesures que le gouvernement compte prendre sans délai afin de rétablir l’ordre public et garantir la sécurité des citoyens guadeloupéens.

Un sentiment d’impunité ambiant

Cette rencontre permettrait de mettre en place un plan d’action global et durable, impliquant non seulement les services de l’État en charge de la sécurité, mais aussi l’école, les collectivités, les acteurs économiques et le mouvement associatif. Parlementaires et chefs de collectivité estiment que ce serait l’occasion « de traiter en extrême urgence les problématiques des trafics de stupéfiants, d’armes, et de réglementation des commerces de rachat d’or ». Les élus ont rappelé que « dès l’an dernier, ils avaient salué la décision prise par le gouvernement d’accorder un statut de Zone de sécurité prioritaire à la conurbation (Pointe-à-Pitre, Les Abymes, Baie-Mahault) identifiée comme l’épicentre des actes de délinquance, mais ils ont fait remarquer que « le renforcement attendu des effectifs et des moyens stratégiques susceptibles de concourir à renforcer la sécurité des personnes et des biens n’est pas au rendez-vous ».

Qui sont les signataires de la demande de séance de travail ?

Josette Borel-Lincertin, présidente du conseil régional ; Gabrielle Louis-Carabin, maire du Moule et députée de la deuxième circonscription ; Jacques Gillot, président du conseil général ; Félix Desplan, maire de Pointe-Noire et sénateur ; Ary Chalus, maire de Baie-Mahault et député de la troisième circonscription ; Hélène Vainqueur-Christophe, maire de Trois-Rivières et députée de la quatrième circonscription ; Jacques Cornano, maire de Saint-Louis de Marie-Galante et sénateur ; René Noël, maire de La Désirade et président de l’Association des maires, et Éric Jalton, maire des Abymes et député de la première circonscription.

(Source France Antilles Guadeloupe)

Jacques Gillot, président du Conseil général : « Nous attendons de l’État qu’il assume ses compétences »

Le président du Conseil général évoque en avant-première les dossiers qu’il soumettra au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, au cours de sa visite chez nous, jeudi. La violence et l’insécurité, l’insertion, la lisibilité sur la durée de la défiscalisation, la relance des programmes de grands chantiers de l’État, les questions agricoles en lien avec la problématique de la chlordécone, etc.

Qu’attendez-vous de la visite prochaine du Premier ministre et surtout quels sont les dossiers que vous tenez à lui faire toucher du doigt ?

-- Nous attendons une visite de travail, utile pour la Guadeloupe, qui confirme l’engagement du président de la République et du Premier ministre de mettre l’Outre-mer au cœur des priorités de l’action gouvernementale, avec des mesures à effet immédiat qui contribuent à apporter des réponses à la crise et réaffirmer les valeurs de la République qui sont mises à mal tous les jours. L’insécurité est une priorité, mais elle ne doit pas être traitée uniquement par la réponse positive à notre demande de moyens supplémentaires en termes d’effectifs de police et de gendarmerie. Le désœuvrement de certains jeunes, l’échec scolaire, les addictions poussent à insister également sur la prise en charge de ces jeunes dans des centres dédiés, permettant leur redressement et leur insertion, sur le renforcement du RSMA, sur les moyens de lutte contre les trafics d’armes et de drogue, sur la réglementation du commerce d’achat d’or. Il faut aussi agir sur les causes profondes de cette violence liées à la difficulté pour les entreprises de créer de l’activité et de l’emploi, à notre forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur, à notre insuffisante ouverture sur notre environnement caribéen et à la crise des valeurs. Je n’attends pas du Premier ministre des recettes miracles, mais ses visites de terrain doivent lui permettre de vérifier l’ampleur des difficultés et des défis auxquels nous sommes confrontés au quotidien et d’ajuster les réponses du gouvernement. C’est pourquoi nous avons sollicité une réunion de travail avec l’ensemble des parlementaires, la présidente de région et le président de l’association des maires, afin de jeter les bases d’un plan d’action global qui engage l’État aux côtés des collectivités, de l’Éducation nationale, du tissu associatif et des acteurs économiques. Les emplois d’avenir sont une mesure intéressante dont il faudrait renforcer l’impact dans le secteur privé par une augmentation de la participation de l’État.

L’absence de visibilité sur la défiscalisation, le ralentissement de la commande publique, les difficultés financières persistantes des collectivités locales seront également au cœur des échanges, en lien avec la crise du BTP. Les questions agricoles et la problématique de la chlordécone et des pesticides seront forcément à l’agenda. Nous attendons de l’État qu’il assume ses compétences et que la solidarité nationale s’exprime pleinement en tenant compte de nos réalités.

Il a fallu attendre le mois de juin et une vingtaine de morts, de multiples rackets et braquages pour observer une cascade de réactions de nos élus. N’êtes-vous pas dépassé par les événements ?

-- Vous oubliez de dire que cela fait des années que les élus tirent la sonnette d’alarme, qu’il s’agisse des maires ou des parlementaires. Il ne faut pas ignorer le travail quotidien et peu médiatisé que font depuis longtemps les collectivités pour essayer de contenir et prévenir les délinquances : les polices municipales, les élus et acteurs au sein des conseils communaux de prévention de la délinquance, les opérateurs de l’insertion, les CCAS, les associations, les éducateurs de rue. Il y a un travail de fond qui, heureusement, n’a pas attendu le mois de juin pour être mis en œuvre en coordination avec les services de l’État. Cette violence étant maintenant montée d’un cran, il s’agit d’ajuster les moyens publics pour la faire reculer.

Comment le Conseil général peut-il contribuer à combattre ce phénomène de violence ?

-- Dans toutes les communes, nos travailleurs sociaux et nos éducateurs de rue sont au combat pour accompagner les familles en détresse et repérer les enfants en difficultés. Nous accordons une attention particulière aux jeunes, en partenariat avec la Mission locale, pour renforcer leur employabilité. Nous veillons également à ce que les collégiens bénéficient des meilleurs équipements et qu’ils aient accès à des activités périscolaires, de telle sorte que les collèges redeviennent des lieux où on a envie de se préparer un avenir. Mais la seule action du conseil général ne suffira pas à régler tous les problèmes. Il faut une action concertée de l’ensemble des acteurs publics et privés.

Le secteur du BTP va mal. Les commandes publiques sont au ralenti, les collectivités tardent à régler les factures. La profession est au bord du gouffre et entend manifester sa colère. Qu’avez-vous à dire à ces socioprofessionnels ?

-- Nous mesurons bien leurs difficultés liées à la crise mondiale et à la rareté de l’argent public qui conduit le gouvernement à rechercher l’optimisation d’outils de développement qui avaient fait la preuve incontestable de leur efficacité. C’est le cas de la défiscalisation qui, bien que préservée au titre de 2013, ne booste pas l’investissement en raison d’un manque de lisibilité sur la durée. Il s’agit d’un outil qu’il faut absolument parvenir à stabiliser, en évitant toute dérive, pour relancer la construction, sauvegarder l’emploi et notre économie. Le conseil général tient ses délais de paiement et mobilise chaque année près de 100 millions d’euros au titre de son programme d’investissement et de travaux. Nous attendons aussi de l’État qu’il relance un programme de grands chantiers qui relèvent de sa compétence.

Le Département a des ressources si l’on en croit l’excédent budgétaire tiré de l’exercice 2012. À quoi servira cette cagnotte ?

-- Il ne faut pas confondre l’excédent budgétaire d’une collectivité et les bénéfices générés par une entreprise. Lorsque vous votez un budget, les dépenses et les recettes que vous y inscrivez ont un caractère prévisionnel. En section de fonctionnement, les recettes sont généralement exécutées à 100% du fait du niveau connu à l’avance des principales dotations. En revanche, en section d’investissement, la réalisation des opérations inscrites est liée à de nombreux aléas : délais de réalisation des études techniques, marchés publics, retards de chantier, contraintes techniques. La Collectivité est donc conduite à opérer certaines déprogrammations d’opérations qui, du fait de l’inscription des recettes nécessaires à leur équilibre, aboutissent à un excédent constaté lors du vote du compte administratif. Il n’y a donc pas de cagnotte au conseil général ! Il s’agit simplement d’une collectivité qui gère sainement les fonds publics en dépit d’un contexte où les charges de l’action sociale sont de plus en plus lourdes et de moins en moins compensées par l’État.

(Source France Antilles Guadeloupe)
Les chauffeurs préviennent : « Nous allons bloquer la Martinique entière »

Les transporteurs de l’union syndicale des entrepreneurs de transport, annoncent une mobilisation contre une réglementation européenne, qu’ils jugent inadaptée à la réalité locale. Estimant que personne n’entend leurs doléances, ils envisagent de bloquer différents points stratégiques de l’île.


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