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Une visite ministérielle sans but

Le PCR et le séjour de George Pau-Langevin

Céline Tabou / 29 janvier 2015

Au cours d’une conférence de presse, les secrétaires généraux du Parti Communiste Réunionnais, Camille Dieudonné, Yvan Dejean et Maurice Gironcel, se sont demandés « quel a été le but de la visite de Georges Pau-Langevin » à La Réunion.

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Yvan Dejean, Camille Dieudonné et Maurice Gironcel ont donné la position du PCR suite à la visite de la ministre des Outre-mer dans notre île.

Pour le PCR, la visite de la ministre des Outremers n’a rien apporté de plus pour résoudre les problèmes de La Réunion. Pour prouver leur questionnement, ils ont mis en exergue plusieurs points essentiels, qui auraient mérité selon eux, une déclaration de la part de la ministre.
Parmi lesquels, la crise du BTP, l’avenir de la filière canne, le problème des mutations dans la Police Nationale et les propos de Manuel Valls, Premier ministre, sur l’existence d’un « apartheid territorial, social et ethnique ».

Des incertitudes persistent sur la canne

Ce dernier a évoqué le problème des planteurs de canne, qui « attendaient une réponse claire sur les engagements faits par François Hollande, en août dernier ». Lors de sa visite à Bois Rouge, le chef de l’Etat avait annoncé une dotation de 38 millions d’euros pour soutenir la filière.

A son arrivée à Saint-Pierre, il avait assuré que « nous nous engagerons aux côtés des planteurs afin de garantir l’avenir de la filière canne ». Un engagement réitéré auprès des parlementaires, dans un courrier révélé par le sénateur Paul Vergès, dans lequel François Hollande assurait « la conduite d’une politique active de soutien de la filière canne et à la diversification de production constitue également une priorité ».
Cependant, malgré les multiples déclarations du Président, la ministre George Pau-Langevin est restée silencieuse, « les planteurs n’ont eu aucune assurance. L’incertitude demeure », a déploré Yvan Dejean. Pour ce dernier, « si l’incertitude avait été levée, nous aurions eu des nouvelles de la convention canne 2015-2021 ».
Ce document signé entre l’ensemble des acteurs de la filière canne encadre les engagés respectifs des parties et fixe le prix de la canne. Or « on n’a rien, alors que la convention a pris fin le 31 décembre 2014 », ce qui laisse les planteurs dans un flou total mais surtout des difficultés à « se projeter », a expliqué le secrétaire général du PCR.

D’ailleurs, ce dernier a déploré l’inaction de la ministre pour la filière canne, car les autorités mauriciennes sont parvenues à signer un contrat avec les compagnies françaises Cristal Union et anglaise British Sugar, qui achèteront chaque année 230 millions de tonne de sucre, qui sera vendu sur le marché européen, comme le sucre réunionnais.
« George Pau-Langevin n’a rien dit alors qu’elle sait ce qui se passe », a indiqué Yvan Dejean. Pour ce dernier, elle aurait « pu trouver les moyens de garantir l’achat de la canne réunionnaise ».

Des sujets ignorés

Yvan Dejean a évoqué la crise du BTP à La Réunion, qui menace l’activité des entreprises ainsi que des milliers d’emplois. En effet, la chute de l’investissement public, qui représente 85 % de l’activité, a entrainé de nombreuses pertes. Pour 2014, elles montent à 300 millions d’euros de pertes. D’ailleurs, entre 2012 et 2014, la filière BTP a vu son chiffre d’affaires passer de 1,3 milliard à 0,9 milliard, laissant craindre la disparition de 3.000 emplois et 450 entreprises.

Cette crise a poussé l’ensemble des acteurs à écrire aux élus pour leur demander un appui, afin d’exiger de l’Etat « le déblocage immédiat d’un fond d’urgence de 600 millions d’euros par an pour revenir a un cadre d’investissement de 2.000 €/habitant indispensable à la sauvegarde de l’emploi et à la construction du plus peuplé des DOM qui comptera 1 million d’habitants dans 10 ans », note le courrier retransmis par la FEDOM. Avec la tenue le 30 janvier d’une « réunion spéciale », « il n’y a eu aucune réponse de la ministre pour sortir de la crise », a indiqué Yvan Dejean.

Concernant la régionalisation de l’emploi, le chef de l’Etat avait assuré des avancées dans le domaine des mutations, pourtant les associations Nou Lé Kapab (AJFER) et GPX974 ont dénoncé le recul fait par le gouvernement et notamment le député Patrick Lebreton, missionné sur la question. « On constate que la ministre n’a pas évoqué le problème ».

Enfin, Yvan Dejean a évoqué les déclarations de Manuel Valls, Premier ministre : « un apartheid territorial, social, ethnique s’est imposé à notre pays ». « Le Premier ministre l’évoque pour la France, pourquoi Georges Pau Langevin n’a pas dit un mot sur les inégalités à La Réunion », qui sont les plus fortes de la République.
Pour ce dernier, « qu’en est il de l’apartheid social et les inégalités à La Réunion ? Il n’y a pas eu un écho de la situation économique et sociale de La Réunion » de la part de la ministre, a dénoncé Yvan Dejean. Pour le PCR, la visite de la ministre des Outremers n’aura eu aucun but, mais la question demeure « pourquoi est-elle venue ? », sachant qu’elle n’a fait aucune annonce pour répondre aux problèmes réunionnais.

Pour le PCR, il est clair que la visite de la ministre est un mystère. Mais il st surtout « consternant de voir que les responsables ne prennent pas en compte les vrais problèmes de La Réunion. Les ministres passent et ne voient pas la réalité. C’est inquiétant pour La Réunion », a déploré Camille Dieudonné. Pour cette dernière, « les ministres viennent, ils peuvent agir, mais ils ne prennent pas en compte ce qui se passe ».


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