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Urgence sociale : le gouvernement doit répondre

La ministre de l’Outre-mer demain à La Réunion

Manuel Marchal / 18 mai 2011

L’emploi et le logement sont deux compétences exclusives de l’État. Force est de constater que comme dans de nombreux domaines, c’est la faillite de Paris sur cette question. C’est pourtant là que le pouvoir central est attendu pour agir. Qu’attend donc le gouvernement pour enfin faire face à ses responsabilités ?

C’est demain que la ministre de l’Outre-mer est attendue dans notre île pour une visite de deux jours. Selon les informations qui ont filtré, sa mission concerne le suivi d’accords signés entre autres par la France lors du Conseil des ministres de la COI qui s’était déroulé l’an dernier dans notre île.
Si cette rumeur est confirmée par le programme officiel, alors les commentaires ne manqueront pas de disserter sur un choix surprenant, peu en rapport avec la réalité de la situation du pays.
Les dernières statistiques officielles illustrent pourtant une dramatique aggravation de la situation. Le nombre de demandeurs d’emploi dépasse maintenant les 145.000. Dans le même temps, la pénurie de logements sociaux augmente. Cette situation est à l’origine de drames. Elle constitue un terreau favorable à l’utilisation politicienne de la détresse des familles obligées de vivre dans l’insalubrité, à cause de l’incapacité du pouvoir central de financer le respect du droit au logement.
L’ouverture de nouveaux chantiers de logements créerait des emplois. Cela ne dépend que de la volonté du gouvernement, comme l’ont rappelé les professionnels hier dans "Témoignages" (1). Le problème vient de l’insuffisance du montant de la subvention versée par l’État. La conséquence, c’est que plus de 29.000 familles sont dans l’attente d’un logement social auquel elles ont droit. L’autre aspect, ce sont des milliers de travailleurs du BTP jetés au chômage à cause de la politique du logement du gouvernement à La Réunion.
Ces deux seuls exemples illustrent la faillite de la politique menée à Paris par l’UMP. La réalité est bien loin des effets d’annonce, la crise s’accentue dans notre pays. C’est sur la question de l’urgence sociale que le gouvernement est attendu, et c’est là qu’il doit répondre. Tout le reste n’est que du verbiage, le gouvernement doit faire face à ses responsabilités.

M.M.

(1) "La Réunion en déficit chronique de logements sociaux", page 7 de "Témoignages" du 17 mai 2011.


Université menacée, ministre interpellée

Aujourd’hui, l’UNEF tient une conférence de presse au sujet de la suppression par décision budgétaire de plusieurs filières universitaires dans le Sud de l’île. La conséquence, c’est de réduire considérablement les possibilités d’études supérieures pour les jeunes qui vivent dans le Sud. La moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, et cette urgence sociale est vécue quotidiennement par la majorité des jeunes. Dans de telles conditions, avec quel moyen peuvent-ils aller étudier à l’autre bout du pays ?
C’est au gouvernement qu’il revient de régler cette question en créant les conditions pour que les jeunes Réunionnais puissent avoir le droit d’étudier.
Voici donc une question qui concerne directement la ministre de l’Outre-mer.


3% d’inflation : où est la transparence ?

C’est l’accélération indécente de l’inflation qui avait été un des facteurs du grand mouvement social qui avait traversé l’Outre-mer en 2009. C’est d’ailleurs à l’issue de cet événement que Marie-Luce Penchard a été propulsée au rang de membre du gouvernement, chargée de l’Outre-mer.
Parmi les solutions annoncées pour lutter contre la cherté de la vie, le gouvernement avait mis en avant la transparence. Force est de constater que cette promesse n’est pas réalisée. Les Réunionnais voient les prix s’envoler et ne sont sûrs que d’une chose : ils doivent payer sans savoir. Quand le gouvernement va-t-il enfin agir pour faire la transparence sur les prix ?


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