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Va-t-on voir une grotesque manœuvre au SIDÉLEC ?

Démocratie en danger à La Réunion

Témoignages.re / 12 mars 2012

Rejeté par le peuple de Sainte-Suzanne, Daniel Alamélou ne faisait plus partie du bureau du SIDÉLEC, et donc ne devait plus être son président à partir d’aujourd’hui. Mais une grotesque manœuvre est en marche, car Alamélou vient d’être désigné représentant de la commune de Saint-Leu. Va-t-on revenir des décennies en arrière, quand les fraudeurs remettaient en cause le verdict populaire pour imposer leur volonté ?

Ce matin, le Conseil du Syndicat d’électricité de La Réunion (SIDÉLEC) se réunit. À l’ordre du jour, il y a notamment le remplacement du président du Syndicat. En effet, à la suite des élections municipales partielles des 29 janvier et 5 février, Daniel Alamélou est devenu un conseiller municipal d’opposition. Lors du dernier Conseil municipal, les élus de Sainte-Suzanne ont donc désigné un nouveau représentant de la commune au SIDÉLEC, il s’agit de Maurice Gironcel.
Selon l’accord conclu entre les 24 communes en 2008, la responsabilité de présider le SIDÉLEC échoit au représentant de la commune de Sainte-Suzanne. Le SIDÉLEC doit donc élire Maurice Gironcel, représentant de Sainte-Suzanne, comme nouveau président. C’est cela, le respect de la démocratie.
Mais il apparaît qu’à La Réunion, il existe encore des personnes qui veulent remettre en cause le verdict du peuple.
Les 29 janvier et 5 février, le peuple s’est clairement exprimé : il a envoyé Daniel Alamélou dans l’opposition, il lui a aussi signifié qu’il n’était plus représentatif de Sainte-Suzanne, dans n’importe quelle instance. Le peuple a parlé, mais l’ex-premier adjoint refuse d’appliquer les règles de la démocratie.

Le retour des fraudeurs ?

Quand le Conseil municipal élu par le peuple a désigné Maurice Gironcel pour représenter Sainte-Suzanne au SIDÉLEC, il a aussi décidé de retirer le mandat qui était confié à Alamélou dans cette instance. Ce dernier ne peut donc plus y siéger.
Mais voilà qu’il obtient un soutien de dernière minute par le maire de Saint-Leu. Ce dernier congédie les représentants saint-leusiens du SIDÉLEC et impose au Conseil municipal la désignation de Daniel Alamélou comme représentant de Saint-Leu !
Des gens qui remettent en cause le verdict populaire par des manœuvres frauduleuses, nous avons connu cela, c’était à l’époque des safaris électoraux organisés par le pouvoir et ses complices. Saint-Leu, comme toutes les autres communes, avait souffert de cette situation. En 1958, les usiniers et les gros planteurs y prenaient le pouvoir en s’attribuant 98,5% des "voix". En 1965, les listes soutenues par le pouvoir obtenaient au moins 85%, comme à Saint-Denis, avec des pointes à 100% dans plusieurs communes.
À cette époque, le peuple n’avait pas le droit de s’exprimer.
Aujourd’hui à SIDÉLEC, va-t-on revenir plusieurs décennies en arrière ?
Tous les Réunionnais seront les témoins de cette manœuvre grotesque, celle qui vise à maintenir en poste un personnage rejeté par la population.


La règle démocratique : le représentant de Sainte-Suzanne doit présider

Dans un communiqué diffusé vendredi, Maurice Gironcel rappelait l’accord conclu en 2008 entre les 24 communes de La Réunion sur la répartition des responsabilités. Il est clairement stipulé que c’est le représentant de Sainte-Suzanne qui a la responsabilité de présider le Syndicat d’électricité de La Réunion (SIDÉLEC) :

« Au lendemain des élections municipales de 2008, les maires se sont concertés pour répartir les responsabilités entre les représentants des communes dans différentes instances intercommunales.
C’est ainsi que le représentant de Sainte-Suzanne a été désigné à l’unanimité Président du SIDÉLEC.
Après l’élection partielle de Sainte-Suzanne, en 2012, un nouveau délégué a été désigné pour représenter la commune dans ce syndicat.
Conformément aux accords conclus en 2008, Sainte-Suzanne souhaite garder la présidence du SIDÉLEC lors du Conseil syndical du lundi 12 mars.
Par conséquent, je suis convaincu que la parole donnée sera respectée, et ce, pour le bon fonctionnement des instances où la concertation doit avoir lieu entre les maires et leurs représentants. Personne ne comprendrait que des manœuvres politiciennes puissent remettre en cause cette démarche au service de toutes les communes.
Candidat au poste de Président, je vous informe que je souhaite reconduire les représentations actuelles et de l’élargir pour permettre une meilleure participation de toutes les communes : peu importe leur taille et leur coloration politique.
Je milite surtout en faveur d’une direction collégiale, transparente et respectueuse des engagements.

Maurice Gironcel


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