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Vers un accord de coalition entre la droite et les socialistes en Grèce

Mis en minorité par le peuple, les partis de l’austérité s’accrochent au pouvoir

Manuel Marchal / 19 juin 2012

Les élections législatives ont abouti à un résultat serré. Les conservateurs de la Nouvelle démocratie arrivent en tête avec 30% des suffrages devant la Coalition de la Gauche radicale Syriza à 26,5%, loin devant les socialistes du Pasok avec 12%. 40% des électeurs ne se sont pas déplacés, et un accord de coalition est en négociation entre Nouvelle démocratie et le Pasok, les deux partis qui ont appliqué la politique d’austérité combattue par la population.

Le scrutin de dimanche en Grèce a sévèrement sanctionné les socialistes qui ont appliqué pendant plusieurs années une politique d’austérité. Alors qu’il y a 3 ans, les socialistes grecs du Pasok représentaient plus de 40% des suffrages et détenaient la majorité absolue au Parlement, ils sont tombés à 12%.
Pendant ce temps, la Coalition de la Gauche radicale Syriza a de nouveau progressé. Rassemblant les progressistes qui s’opposent à la sortie de l’Union européenne, et ayant pris parti pour le maintien dans la zone euro, Syriza a réussi à devenir la seconde force politique du pays avec 26,6% des suffrages. Elle obtient 72 sièges.

Une coalition type UMP-PS

Les conservateurs de la Nouvelle démocratie qui avaient laissé les socialistes gérer les conséquences du déficit qu’ils ont creusé ont mieux résisté à la sanction. Ils obtiennent 30% des suffrages et arrivent en tête, ce qui leur permet de bénéficier de la prime de 50 sièges offerte au parti dans cette position. Ces 50 sièges leur permettent d’atteindre le nombre de 130 députés, il manque donc 21 pour la majorité absolue.
Cette majorité, elle pourrait être atteinte par une coalition entre les conservateurs et les socialistes. C’est en tout cas la voie privilégiée par les spéculateurs en Bourse et par les dirigeants de l’Union européenne à la lecture des résultats du scrutin.
D’ailleurs, il suffit de lire les titres de la presse au service de la finance pour avoir une idée de ce choix : « les europhiles peuvent former une coalition », écrit l’édition allemande du “Financial Times” qui avait appelé la semaine dernière dans un édito en allemand et en grec à voter contre Syriza.
C’est comme si en France, l’UMP et le PS étaient amenés à constituer un gouvernement : le responsable du creusement du déficit et celui de l’application d’un sévère plan d’austérité seraient ainsi aux commandes. Tout cela ne correspond pas à ce que le peuple a choisi lors du scrutin, car il n’a pas donné la majorité à une coalition de ces deux partis pro-austérité.

Quel changement ?

Les programmes des conservateurs et des socialistes n’ont guère de divergences sur le fond. Il vise à tenter de renégocier à la marge les mesures imposées par la Troïka : Commission européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne, en échange d’un plan d’aide pour éviter la cessation de paiement en euros de la Grèce.
Ces deux partis ne veulent pas remettre en cause la casse sociale provoquée par l’application du plan d’austérité, et qui est notamment la cause d’une baisse du salaire des fonctionnaires, de la diminution des retraites, des coupes infligées au système de santé, et de la casse des droits des travailleurs avec le nivellement par le bas des conventions collectives et du SMIC.
Autant dire que la mise en place d’une coalition conservateurs-socialistes au gouvernement ne réconciliera pas les citoyens avec les urnes. Malgré le vote obligatoire, ils étaient 40% à ne pas s’être déplacés.

M.M. 


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