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Vers un retournement économique pour François Hollande

Le président de la République s’est exprimé dans la presse

Céline Tabou / 5 mai 2014

Après avoir assuré durant plusieurs mois l’inversement de la courbe du chômage, François Hollande réitère, avec sa promesse d’un « redressement économique ». Assurant que l’austérité « n’est pas terminé, mais le retournement économique arrive ».

Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, dimanche 4 mai, le président a expliqué que ce retournement économique se fera, par « une croissance plus forte, une compétitivité plus importante, une redistribution du pouvoir d’achat par une baisse des impôts ». Un feuille de route qui intègre le Pacte de responsabilité, vivement critiqué par les syndicats, l’aile gauche du PS et la Gauche en générale.

Une vision contradictoire

Pour François Hollande, « on a évité l’austérité dans la première phase, on ne sera pas dans la facilité au cours de la deuxième phase. Il y aura une pause fiscale avec une baisse des prélèvements pour les travailleurs. On fera des économies, mais il y aura de la redistribution. On a évité des économies sur la moitié des retraités et sur les fonctionnaires de la catégorie C ».

Pourtant, le constat est alarmant. Les prestations sociales sont les premières touchées pour réduire les dépenses de l’Etat. Parmi lesquelles les retraites, les allocations familiales, les aides au logement et notamment le revenu de solidarité active (RSA) qui ne sera pas revalorisé, contrairement aux promesses de François Hollande, l’an dernier.

A La Réunion, le contexte économique et social devrait s’aggraver avec l’entrée en vigueur du Pacte de responsabilité. Cependant pour François Hollande, « une nouvelle conjoncture économique » est en train de se mettre en place.

Le gouvernement se base sur « la trajectoire adoptée à l’Assemblée, le taux de croissance est de 1% en 2014, 1,7% en 2015 et 2% en 2016, la croissance repart, c’est bien ce que le président avait dessiné dans sa campagne électorale, même s’il avait cru que la croissance serait plus élevée en 2012 et 2013 », a indiqué une source du JDD.

Beaucoup d’optimisme

Ce plan d’économies contribue au financement de près de 40 milliards d’euros de baisse de charges sociales et d’impôts pour les entreprises, afin d’espérer une relance des investissements et de l’emploi. Cependant les syndicats dénoncent l’absence d’engagement du patronat, qui aura là une occasion d’augmenter ses bénéficies, sans pour autant assurer la création d’emploi. D’ailleurs, le principal objectif de ce Pacte sera de répondre aux exigences de Bruxelles, de ramener ses déficits publics à 3% du PIB en 2015.

En dépit de l’austérité avérée par une partie des députés socialistes, de la Gauche et des syndicats, François Hollande tient à sa politique économique, car « ce que j’ai appris, c’est que la France compte si elle a de bons comptes ». L’optimisme est de mise chez les socialistes, le premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a assuré au Grand Rendez-Vous Europe 1/iTélé/ Le Mondeque que François Hollande « a stoppé le déclin ».

« La première partie du quinquennat - il l’avait dit au départ - c’était pour stopper le déclin, essayer d’assainir la situation, créer les conditions d’une remontée de la France, dans la justice. C’est très exactement ce qu’il fait aujourd’hui » a-t-il expliqué. Affirmant que le gouvernement avait « affronté » les mesures de Nicolas Sarkozy, sans pour autant avoir pu en « surmonter » d’autres. La politique de la précédente mandature aura été suivie par François Hollande, car « à la mi-temps du quinquennat », « on peut constater que tout ce qui était en place à la fin du quinquennat Sarkozy, toutes les difficultés, ont été affrontées ».

Enfin, Jean-Christophe Cambadélis a affirmé que le président est « confiant dans le fait que la politique qu’il mène est une politique de protection des Français ». Pour exemple, les décisions prises par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault à La Réunion, de supprimer le RSTA et le Bonus Cospar, sans penser à mettre en place une alternative ; afin d’aider les travailleurs pauvres, non indexés, qui ont vu leur pouvoir d’achat nettement diminuer.

Céline Tabou


Kanalreunion.com