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Victoire des progressistes à Mayotte
L’UMP battue dans tout l’Outre-mer

L’UMP ne dirige aucun Conseil général dans l’Outre-mer

Manuel Marchal / 4 avril 2011

Les élections des présidents des Conseils généraux ont confirmé le résultat des cantonales : dans l’Outre-mer, l’UMP est battue partout. À 14 mois de la présidentielle, le parti de Didier Robert et Nicolas Sarkozy est au plus bas.

Jacques Gillot en Guadeloupe, Josette Manin en Martinique, Alain Tien-Long en Guyane, Nassimah Dindar à La Réunion et Daniel Zaidani à Mayotte : tous les Conseils généraux de l’Outre-mer ont une majorité clairement opposée à la politique du gouvernement.
L’élection du président du Conseil général de Mayotte est venue conclure des cantonales qui placent l’UMP au plus bas à 14 mois de l’élection présidentielle. Le refus de siéger des élus UMP jeudi dernier n’a fait que repousser de 72 heures l’inéluctable : l’UMP est battue dans tout l’Outre-mer.
Jeudi, les conseillers généraux de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et La Réunion ont élu leurs présidents.
En Guadeloupe, c’est Jacques Gillot, un opposant à l’UMP, qui est élu à la quasi-unanimité. En Martinique, le scrutin est serré et au troisième tour, Josette Manin, candidate du Parti progressiste martiniquais l’emporte d’une voix sur Alfred Sinosa (Rassemblement démocratique martiniquais). Dans cette élection, l’UMP était totalement hors-jeu. Le RDM est une scission du PPM, et ces deux partis ont en commun d’être opposé à la politique du gouvernement.

Aggravation de la situation

En Guyane, Alain Tien-Long est largement reconduit avec près de deux-tiers des suffrages. Ce résultat a suscité la colère du président UMP de la Région Guyane, Rodolphe Alexandre. Au lieu de féliciter Alain Tien-Long, le président UMP de la Région souligne qu’il va être « en confrontation » avec le président réélu.
À La Réunion, c’est aussi une majorité des deux-tiers qui a réélu Nassimah Dindar à la présidence du Conseil général.
À Mayotte, le Conseil général est dirigé depuis hier par les progressistes. Ce changement correspond à la volonté populaire manifestée durant les scrutins du 20 et du 27 mars.

Tous ces résultats traduisent une large opposition de la population à la politique du gouvernement. Rappelons qu’à la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy avait subi une large défaite dans l’Outre-mer, à l’image de son score à La Réunion où moins de 40% des électeurs ont voté pour lui.
Du coup, à son arrivée à l’Élysée, il avait annoncé que l’Outre-mer était une priorité du projet présidentiel. Mais dans les actes, c’est dans l’Outre-mer que la crise s’amplifie. Pour la première fois, le nombre de demandeurs d’emploi vient de franchir la barre des 150.000 à La Réunion.

L’UMP largement minoritaire

Toutes les mesures prises depuis 2007 n’ont pas permis de redresser la situation, et donc d’améliorer la cote de popularité du chef de l’État, bien au contraire. À La Réunion, la prise de contrôle de la Région par l’UMP a accéléré encore la crise, avec la décision d’arrêter les grands chantiers, et de donner le signal de la casse des énergies renouvelables en arrêtant la géothermie.
Cette défaite de l’UMP dans tout l’Outre-mer s’inscrit dans une dynamique qui n’est pas nouvelle. Elle existait déjà l’an passé aux régionales. Mais à la différence des cantonales, Michel Vergoz avait décidé de maintenir la liste PS au second tour. En provoquant la triangulaire, Michel Vergoz a permis la victoire de l’UMP, alors que la majorité de la population a voté contre le parti de Didier Robert et Nicolas Sarkozy.
Dans tout l’Outre-mer, c’est la volonté du changement pour 2012 qui s’est donc manifestée. Et à 14 mois de la présidentielle, jamais sans doute un parti au pouvoir n’a été aussi mal en point.

Manuel Marchal


Élie Hoarau félicite le nouveau président du Conseil général de Mayotte

Élie Hoarau, député au Parlement européen, salue la victoire des forces de progrès à Mayotte. Il adresse ses plus vives félicitations au nouveau président du Conseil général, Daniel Zaidani ; lui souhaite, ainsi qu’à toute son équipe plein succès dans leurs nouvelles fonctions.


Nassimah Dindar adresse ses félicitations au nouveau président du Conseil général de Mayotte, Daniel Zaidani


Voici le texte de la lettre que la présidente du Conseil général de La Réunion vient d’adresser au président du Conseil général de Mayotte, élu hier matin.

« Monsieur le Président,
Je viens d’apprendre votre élection à la présidence du Conseil général de Mayotte. Je voudrais vous adresser mes félicitations les plus sincères ainsi que mes encouragements dans la tache que vous aurez à mener à la tête de l’exécutif départemental.
Je me joins à l’ensemble des conseillers généraux de La Réunion pour vous faire part de nos vœux de réussite dans cette mission. Nous tenons aussi à féliciter l’ensemble des conseillers généraux nouvellement élus ou réélus.
Je voudrais m’associer à l’ensemble des Réunionnais pour saluer ce moment historique que constitue l’avènement de la départementalisation de Mayotte, moment qui coïncide avec votre accession à la présidence de la collectivité départementale.
Nous observons que les Mahorais lors de ces dernières élections ont aussi majoritairement fait le choix des valeurs de progrès. Les défis du développement qui marqueront votre mandat sont à la hauteur de l’espoir et des attentes de la population, tout comme les enjeux que constitue la réussite de la mise en œuvre de la départementalisation à Mayotte. Votre engagement à faire face à ces rendez-vous importants pour l’avenir de Mayotte sera sans aucun doute déterminant dans la réussite de cette nouvelle étape historique pour la population mahoraise.
Dans l’attente du plaisir de vous rencontrer et de pouvoir engager une collaboration entre nos deux institutions ».


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