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Vider Saint-Pierre de ses infrastructures au profit du Tampon

Le développement du Sud selon Didier Robert

Manuel Marchal / 30 décembre 2010

Un théâtre de 20 millions d’euros financé par la Région dans la commune dont le premier adjoint a pour spécificité d’être également président de la Région : Didier Robert confirme que sa stratégie de développement du Sud consiste à vider Saint-Pierre de ses infrastructures au profit du Tampon.

Sous l’impulsion d’Élie Hoarau, la Ville de Saint-Pierre s’est dotée d’infrastructures qui ont fait d’elle la capitale du Sud. Il lui manquait encore un grand équipement culturel. C’est ce qui explique pourquoi la commune était candidate à la construction d’un Zénith sur son territoire. Cela aurait permis d’offrir à tout le Sud la structure manquante.
Mais avec l’arrivée au pouvoir de Didier Robert, Saint-Pierre est dépouillée petit à petit au profit du Tampon. Cela s’est d’abord vu sur le plan des visites ministérielles. Le maire de Saint-Pierre est le président de l’UMP-Réunion, mais c’est au Tampon que les ministres marquent l’étape obligatoire. Tout le monde se souvient de l’inauguration d’un parc de palmiers par le président de la République, ou de l’extension d’une crèche par la ministre de l’Outre-mer.
L’actualité récente a été marquée par le conflit entre les deux communes pour abriter la nouvelle école d’ingénieurs. Elle devait être implantée à Saint-Pierre, car à côté de l’IUT, tout était prêt. En mars 2008, Yves Jégo, secrétaire d’État à l’Outre-mer, avait même visité le bâtiment qui devait accueillir les étudiants lors d’une séquence marquée par l’absence de Didier Robert. Mais celui qui était à l’époque député-maire du Tampon a manœuvré pour retarder l’ouverture de cette école : Il ne fallait pas qu’elle se situe à Saint-Pierre.
Résultat : le siège officiel de cette école d’ingénieurs "Construction durable et environnement" se situe au Tampon, et seule une partie des cours est délocalisée à Saint-Pierre.
L’annonce hier par "Le Quotidien" de la construction d’un théâtre financé à 100% par la Région au Tampon procède de la même stratégie.
Plutôt que de répondre à la demande de Saint-Pierre qui s’était positionnée pour accueillir un grand équipement culturel, Didier Robert préfère utiliser sa position de pouvoir pour favoriser la commune dont il est le premier adjoint. Or, le Tampon a déjà un théâtre de 600 places dont la rentabilité reste à prouver. Qu’à cela ne tienne, Le Tampon aura un deuxième théâtre, de 1.000 places cette fois-ci, d’un coût de 20 millions d’euros supporté à 100% par la Région. Deux théâtres pour Le Tampon, zéro pour Saint-Pierre, après l’école d’ingénieurs, Didier Robert poursuit sa stratégie de développement du Sud : vider Saint-Pierre de ses infrastructures au profit du Tampon.

Manuel Marchal


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