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Virapoullé au-delà de la droite ?

Élections régionales

Geoffroy Géraud-Legros / 16 février 2010

La rupture est aujourd’hui consommée entre Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé. Après avoir dénoncé la mainmise de Paris et copieusement injurié le député-maire du Tampon, vers quel horizon l’ancien maire de Saint-André se tournera-t-il ?

Même le Congrès qui avait vu la naissance de "l’Union" le 13 décembre dernier au Parc Canabady n’avait pu donner le change bien longtemps : entre Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé, le torchon continuait de bruler. Vacillant vaille que vaille entre petites phrases, ladi-lafé et sous-entendus, "l’Union" s’est brutalement effondrée dans la nuit de vendredi à samedi dernier. Après plusieurs heures d’une réunion houleuse, Didier Robert et ses partisans quittaient le séminaire pourtant organisé pour rechercher un terrain d’accord entre les deux ténors de la droite réunionnaise. Demeuré sur place avec ses troupes de "La Rélève", Jean-Paul Virapoullé se répandait alors dans les termes que l’on sait contre le député-maire du Tampon… et contre Jean Simonetti, l’émissaire envoyé par l’UMP Paris à demeure dans notre île.

Une rupture préméditée

Derrière les outrances théâtrales de l’ancien maire de Saint-André, ou plutôt à cause de ces dernières, une question se pose : la "rupture" a-t-elle été subie par Jean-Paul Virapoullé, ou ce dernier l’a-t-il désirée, voire, provoquée ? A bien y regarder, plusieurs éléments plaident pour la préméditation. On aurait ainsi tort d’oublier ce qui s’est noué au cours des élections partielles d’octobre dernier : irrité à l’extrême par la volonté de Didier Robert d’imposer ses candidats dans tous les scrutins, Jean-Paul Virapoullé avait réuni un groupe de travail –composé là encore de fidèles- sur la commune de Saint-Paul, lieu et objet du litige qui l’opposait au député-maire du Tampon.
Mécontent du soutien affirmé par ce dernier à Alain Bénard contre son candidat Cyrille Melchior, Jean-Paul Virapoullé avait stigmatisé « l’absence de pensée politique » de l’UMP. Déjà, le sénateur avait eu du mal à ravaler son amertume lorsque la direction parisienne de l’UMP, représentée par Eric Raoult et le fameux Jean Simonetti avait tranché en faveur du candidat retenu par Didier Robert. "Grand stratège" autoproclamé de la droite lors des scrutins partiels, ce dernier a été contraint par les défaites à une fuite en avant vers toujours plus de pouvoir au cours des mois précédents, "bordant" chaque jour un peu plus Jean-Paul Virapoullé et ses partisans. Lors de la trêve apparente du 13 décembre, le sénateur avait pu mesurer à l’applaudimètre qu’il demeurait populaire aux yeux d’un bon nombre de militants… alors que la formation du nouveau mouvement consacrait presque exclusivement Didier Robert. Ultime camouflet : lors de la visite de Nicolas Sarkozy, le député-maire du Tampon écartait ostensiblement Jean-Paul Virapoullé.

Fédérer au-delà de la droite ?

C’était plus que n’en pouvait supporter celui-ci, qui, par-delà l’étiquette de la droite proprement dite, s’est toujours pensé comme le leader du camp "départementaliste" ou "national". En effet, l’ancien maire de Saint-André n’a jamais dissimulé sa volonté de marcher dans les pas de Michel Debré, qui, avait su fédérer plus loin que la droite proprement dite.
L’Association Réunion département français (ARDF), force de frappe anticommuniste des années 1960-70, ne comptait-elle pas dans ses rangs le socialiste Albert Ramassamy ?
Et il est vrai qu’il y a dix ans à peine, menant campagne contre la bi-départementalisation, Jean-Paul Virapoullé a montré qu’il pouvait lui aussi ratisser plus large que la droite proprement dite, A l’instar des "départementalistes" des décennies précédentes, Jean-Paul Virapoullé avait alors réussi à fédérer les peurs par la manipulation de l’opinion… Chacun se rappelle que Michel Vergoz, qui dirigera la liste PS le 14 mars prochain, avait été l’un des principaux exécutants de la très populiste campagne « coup’ pa nou »… Cela alors même que la bi-départementalisation, inscrite dans le volet institutionnel "loi d’orientation pour l’Outre-mer" (LOOM) était soutenue par un gouvernement socialiste.
Jean-Claude Fruteau, patron de la Fédération socialiste de La Réunion, était alors allé jusqu’à qualifier ce rapprochement dans l’activisme de "trahison" au mois de mars 2000. Rentré en grâce après une courte éclipse et la perte, en 2001, de sa mairie de Sainte-Rose, Michel Vergoz fut désigné pour mener la liste socialiste lors des Régionales de 2004. Fort de la campagne contre la bi-départementalisation, Jean-Paul Virapoullé entendait lui aussi monter à l’assaut de la pyramide inversée, pour s’établir définitivement comme chef du camp départementaliste, au-delà de la droite dirigée par Paris.
Or, c’est Alain Bénard qui avait été investi. De cette candidature qu’il percevait comme une forfaiture, Jean-Paul Virapoullé avait accusé le directeur de cabinet du candidat… un certain Didier Robert. Les virulents éclats de samedi dernier ont condamné toute ouverture du côté de ce dernier ; la condamnation en des termes plus que durs du rôle de Paris n’est sans doute pas immédiatement réparable. Jean-Paul Virapoullé ira-t-il une fois encore au bout de la droite ?

Geoffroy Géraud-Legros 


Valérie Bénard sur la liste de Didier Robert : une surprise ?

Dès le commencement de la crise de l’ARAST, "Témoignages" interrogeait : n’y avait-il pas là une manœuvre politique, dont Didier Robert, auteur en 2007 d’une tentative manquée pour prendre le Conseil Général, pouvait être le bénéficiaire ? Une certaine incrédulité avait accueilli cette hypothèse.
Etonnamment, ce fut le NPAR qui, par un communiqué cosigné par Philippe Azéma et Nathalie Dompy, vola au secours du député-maire UMP du Tampon, jugeant « ahurissante », l’hypothèse d’une manipulation dont aurait pu profiter le leader de "l’Union", à près d’un mois des élections régionales.
D’un geste, ces critiques bien-pensants balayaient donc des indices pourtant troublants, tels que l’audience discrète accordée par le Préfet à Valérie Bénard, militante "en pointe" lors du mouvement de l’ARAST, en-dehors de tout cadre de négociation identifié.
Focalisés sur la personne de Nassimah Dindar, les mêmes refusaient de s’intéresser aux manœuvres visant à détourner la légitime revendication des travailleurs de l’AGS, pour les retourner contre le Conseil Général. On imagine alors à quel point ces fins analystes doivent aujourd’hui être "ahuris" de voir Valérie Bénard figurer en bonne place sur la liste de Didier Robert…

GG 


ARAST : peu à peu, la clarification

Dans "le Quotidien" d’hier, plusieurs faits permettent de se faire une opinion plus précise sur les tenants et les aboutissants de l’occupation du Conseil général à l’appel de quelques syndicalistes.
Tout d’abord, Valérie Bénard affirme avoir vu pour la première fois Didier Robert voici « trois ou quatre jours ». Cette imprécision est pour le moins surprenante compte-tenu du fait que cette rencontre a débouché sur une candidature à des élections régionales. Alors, trois ou quatre jours ? A moins que cela ne soit ni trois jours, ni quatre jours, mais une autre date ?
Ensuite, Valérie Bénard dit que toutes les listes sauf le PS l’ont contactée. Peut-elle prouver qu’elle a été approchée par l’Alliance ? Et pourquoi précise-t-elle "sauf le PS" ?
Enfin, "le Quotidien" constate que parmi les participants au meeting de Didier Robert figurait un autre représentant de l’Intersyndicale de l’ARAST, un adhérent de la CFDT par ailleurs conseiller municipal de la majorité au Tampon.
Peu à peu, c’est la clarification.

MM



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  • La population réunionnaise constate enfin le but de Mme BENARD : jouer du malheur des autres afin d’avancer en politique. Et pour cela, elle a un ami que nous connaissons bien : M. Didier ROBERT lui-même, grand manipulateur - ou comme nou di en créol "dents blancs, ker noir". Mais, est-ce que les femmes et les hommes anciennement employés de l’ARAST sont dupes ? Je suis suis sûre que non et ils sauront faire la différence entre ceux qui veulent piétiner les réunionnais et faire que la Réunion recule et entre ceux qui veulent faire avancer les réunionnais en bâtissant des grands projets comme le tram-train, la route du littoral ou encore la maison des civilisations.

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