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Visite du président de la République : que vont faire Didier Robert et consorts ?

La Réunion sera-t-elle le premier terrain d’expérimentation pour "redonner du sens à la fraternité républicaine" ?

Manuel Marchal / 4 janvier 2010

La Réunion va accueillir une visite du président de la République moins d’un mois après que ce dernier ait fait une annonce importante dans ses vœux. Nicolas Sarkozy souhaite en effet que 2010 « soit l’année où nous redonnerons un sens au beau mot de fraternité qui est inscrit dans notre devise républicaine ». Que vont faire Didier Robert et consorts ? Vont-ils poursuivre dans leur logique sectaire, s’opposer à ce mot d’ordre présidentiel et plomber la visite de Nicolas Sarkozy ?

« Je souhaite que 2010 soit l’année où nous redonnerons un sens au beau mot de fraternité qui est inscrit dans notre devise républicaine » : c’est en ce termes que Nicolas Sarkozy a conclu ses vœux à la Nation.
Moins d’un mois après cette déclaration, notre île peut être le premier terrain d’application de cette nouvelle orientation du projet présidentiel. Cette occasion sera-t-elle saisie ? Les faits qui se succèdent indiquent qu’entre la volonté du président de la République et les actes de ceux qui sont censés la représenter à La Réunion, il existe un fossé qui ne cesse de se creuser.
À La Réunion, depuis plus d’un an, cette fraternité républicaine basée sur le respect est loin d’être un des mots d’ordre du côté de celui qui s’affirme comme le "patron" du parti présidentiel à La Réunion, le député-maire du Tampon, et ses amis.
À plusieurs reprises, chacun a pu constater une absence totale de respect envers les élus que le peuple s’est choisi. Le programme des visites ministérielles en est un des révélateurs, avec les blocus de la Région.
Avant, chaque visite d’un membre du gouvernement était caractérisée par cette séquence de politesse républicaine lors de la première demi-journée : arrivée à l’aéroport Roland-Garros à Sainte-Marie, dépôt de gerbe au Monument aux morts, échange avec le maire de Saint-Denis à la Mairie, puis rencontre avec le président de la Région au Conseil régional, et ensuite rencontre avec la présidente du Département au Conseil général avant que les élus retrouvent le représentant du gouvernement lors d’un déjeuner républicain.

Le sectarisme partisan imposé aux ministres

Mais tout le monde a pu noter qu’une bande de fanatiques a décidé de remettre en cause ce protocole républicain pour imposer des programmes marqués par un sectarisme puant, qui aboutissent à un résultat : plomber la visite ministérielle. On a ainsi vu le Premier ministre présider le point d’étape sur les États généraux de l’Outre-mer au Tampon. Ce lieu est le résultat d’un choix purement partisan quand on sait que le député-maire du Tampon a interdit aux élus de son parti de participer à l’assemblée plénière de la Région sur le thème des États généraux. Précisons que le parti de Didier Robert est l’UMP, dont il est un membre du Conseil national.
La ministre de l’Outre-mer a été également enfermée dans ce sectarisme lors de sa dernière visite, puisque la séquence "Plan de relance" concernait la pose de la première pierre d’une rénovation d’une crèche dans la commune du Tampon, commune dont le maire a décidé de casser un investissement de 100 millions d’euros allant pleinement à la rencontre des préoccupations des initiateurs du Plan de relance. En annulant le chantier de la rocade du Tampon, Didier Robert a d’ailleurs montré la considération qu’il a envers la continuité de l’action républicaine.
Comment Didier Robert et ses amis vont-ils traduire en acte la volonté politique du président de la République lors de sa visite à La Réunion ?
L’opinion a déjà pu voir Didier Robert à l’œuvre, lorsqu’il s’agit de traduire la volonté politique du président de la République à La Réunion. Lorsqu’il revient de l’Élysée où il a assisté au discours prononcé par Nicolas Sarkozy lors du Conseil interministériel sur l’Outre-mer, Didier Robert ne fait pas le choix d’expliquer ce qu’a dit le président de la République. Au lieu de relayer le message du chef de l’État, il décide de lancer une diatribe contre le président de la Région.

Le moment de la clarification approche

Et quand "le Quotidien" indique que le choix de Saint-Pierre pour l’atterrissage de Nicolas Sarkozy est destiné à éviter le maire de Saint-Denis, tout le monde comprend que les inspirateurs de cette stratégie veulent régler un compte avec le maire de Sainte-Marie. L’aéroport Roland-Garros se situe sur le territoire de la commune Sainte-Marie, et l’arrivée du président à cet endroit aurait permis à Nicolas Sarkozy de rencontrer Jean-Louis Lagourgue. Or, Jean-Louis Lagourgue n’était pas présent lors de la réunion de l’"Union" conduite par Didier Robert.
Quelle résonnance auront les propos du président de la République auprès de Didier Robert ? Comment, dans les faits, les représentants de l’administration et ceux qui disent représenter le parti présidentiel vont-ils traduire l’appel du président de la République à la fraternité républicaine ?
Le 18 janvier 2010, la clarification se fera pour montrer qui est pour la recherche de solution dans le partenariat institutionnel, dans le respect des élus que le peuple s’est donné, et qui tourne le dos aux attitudes fascisantes.

M.M.


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