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Wilfrid Bertile mise sur l’agriculture et le tourisme pour développer Saint-Philippe

Élections cantonales

Sophie Périabe / 17 mars 2011

Le candidat Wilfrid Bertile a présenté hier son programme pour les élections cantonales des 20 et 27 mars prochain. L’occasion pour l’ancien maire de Saint-Philippe de dénoncer le climat antidémocratique dans lequel se déroule cette campagne électorale.

Particulièrement touchée par la crise économique et sociale, la commune de Saint-Philippe est selon l’ancien maire sur la mauvaise pente.
« Sur le plan démographique, on s’est fait rattraper par La Plaine des Palmistes. Or, la démographie traduit le tonus et le dynamisme d’une commune », indique Wilfrid Bertile.
À Saint-Philippe, « plus qu’ailleurs », la population est confrontée au chômage, à la précarité et à la pauvreté.
Face à cette situation, « les autres candidats ne proposent pas de mesures adaptées et dans les compétences du Conseil général », déplore le candidat de l’Alliance.
En prenant pour exemple le programme de son adversaire de l’UMP Olivier Rivière, actuel maire de la commune, « on ne voit qu’un catalogue de la redoute avec des mesurettes de la compétence de la commune », ironise Wilfrid Bertil. « Pourquoi ne les réalise-t-il pas ? », s’interroge ce dernier.
Wilfrid Bertile a quant à lui axé son programme autour de « deux enjeux de développement de la commune » : l’agriculture et le tourisme.
Il propose notamment la mise en valeur des cultures patrimoniales. La vanille, culture traditionnelle par excellence, a besoin d’un coup de pouce pour se développer davantage. Concernant le palmiste et le vacoa, « on peut mettre en place des aides à la replantation » pour soutenir la filière, comme pour la canne à sucre.
D’autre part, contrairement à beaucoup de communes, Saint-Philippe dispose d’espace. « Il faut mettre en valeur ces terres en friche. Avec 1.500 hectares supplémentaires, on doublerait les surfaces cultivées ». Ces nouvelles terres permettraient d’agrandir les exploitations existantes et d’apporter un complément de revenu aux agriculteurs, mais également d’installer des jeunes en manque de fonciers « dans des emplois stables et pérennes ».

Un musée de la piraterie et de la flibuste ?

Au niveau touristique, entre les restaurants, gîtes, chambres d’hôtes, Office de tourisme, le candidat rappelle qu’il s’agit « du premier pourvoyeur d’emplois sur la commune » du Sud sauvage.
« On entend beaucoup parler d’une route des laves, il faut la concrétiser ». De plus, selon Wilfrid Bertile, « il manque à Saint-Philippe un gros équipement touristique structurant ». Il propose la création d’un musée de la piraterie et de la flibuste, ce serait une première dans le monde.
« Nous avons des tas d’histoires de trésors et de pirates à Saint-Philippe », justifie le candidat. Trop lourd pour la commune, « le projet pourrait être porté par le Département », soutient Wilfrid Bertile.
Au niveau social, « tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut pallier au bouclier fiscal du Gouvernement ». Le candidat de l’Alliance entend aussi renouer les jeunes avec le sport. « Saint-Philippe était une pépinière de jeunes footballeurs, c’était un facteur d’insertion pour beaucoup », affirme-t-il.

Les résultats sont faussés d’avance

À Saint-Philippe, comme ailleurs, la campagne électorale rime avec distribution de contrats, promesses en tout genre. « Mais dans une commune rurale où l’emploi, c’est souvent les contrats aidés des collectivités » directement ou indirectement à travers des associations, « la situation est d’autant plus grave ».
Wilfrid Bertile dénonce les manœuvres électoralistes de ses adversaires qui disposent des moyens publics, municipaux et régionaux pour le maire Olivier Rivière et départementaux pour Didier Dalleau, conseiller général sortant.
« En 40 ans de politique, c’est la première fois que je vois une telle extension de clientélisme ». Selon lui, ces adversaires exploitent la situation sociale et précaire de la population, il parle même de « corruptions ».
Les contrats aidés distribués par la Région Réunion à des associations fraîchement créées sont là aussi dénoncés par le candidat. « Il y a l’association ADQ qui a embauché des jeunes mais ils n’ont rien à faire. Donc ils déchiffrent des terrains communaux qui seront en travaux en 2014. D’autres distribuent des tracts ».
Des listes de bénéficiaires de contrats ou d’aides circulent entre les mains du candidat PS.
Pour Wilfrid Bertile, « les résultats des élections sont d’ores et déjà faussés ». Face à la « masse de manœuvres électorales, un candidat lambda ne fait pas le poids surtout dans des petites communes ».
Inquiet pour l’avenir de La Réunion et pour la démocratie, Wilfrid Bertil annonce déjà qu’il contestera les résultats des futures élections, convaincu que la population succombera à la pression.

 SP 


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