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Younous Omarjee : « le combat doit continuer »

Conférence de la tête de liste de l’Union des Outremer à Sainte-Suzanne

Céline Tabou / 21 mai 2014

Lors de son intervention lundi soir à Sainte-Suzanne, Younous Omarjee a abordé plusieurs points.

Le POSEI, « un dossier à défendre »


Aux questions des agriculteurs concernant la canne, Younous Omarjee a expliqué que « tout se tient, si on fragilise la canne, on fragile tout le secteur agricole de La Réunion ». Raison pour laquelle, le Programme d’options spécifiques à l’éloignement et l’insularité (POSEI) doit être défendu. « On avait une réforme en 2012 qui satisfaisait les planteurs et améliorait les dispositifs, mais il a été décidé une révision profonde de cette réforme, avec la remise en cause de tout le fondement du POSEI ». Face aux risques engagés lors de cette nouvelle réforme, « on avait alerté » l’ensemble des institutionnels. Cependant, lors d’une réunion organisée avec le Commissaire européen, tous les présidents des Conseil Régionaux des RUP étaient présents, sauf Didier Robert, a expliqué le député sortant.
Ce n’est que lors de la venue de Dacian Ciolos, commissaire européen à l’agriculture, que ce dernier « s’est rendu compte que les technocrates de Bruxelles, lui avaient raconté n’importe quoi, parce que le POSEI fonctionne chez nous ». Après sa visite à La Réunion, Dacian Ciolos a décidé de « renoncer à sa réforme. C’est le résultat d’un long combat », a expliqué le candidat aux européennes. Ce dernier a cependant alerté qu’avec l’élection d’un nouveau président à la Commission européenne, la réforme pourrait refaire surface, aux détriments des intérêts des planteurs réunionnais.
Raison pour laquelle, « il faut envoyer un député qui connait les dossiers. Nous avons défendu avec acharnement et efficacité les intérêts des Réunionnais et des planteurs. Le combat doit continuer ». Le vote est « le seul moyen d’agir contre ceux qui sacrifient nos intérêts ».

Le Traité Transatlantique pointé du doigt


Lors de sa conférence, Younous Omarjee a assuré qu’il ne voterait pas pour le Traité Transatlantique qui « concerne aussi La Réunion et surtout l’ensemble des travailleurs sur le continent européen ». Ce dernier a expliqué que « l’accord ne soumet pas l’Europe aux Etats-Unis, c’est pire, il soumet l’Europe aux multinationales américaines, qui vont dicter les loi sur la vie de nos entreprises ».
« L’affaire est grave, alors pourquoi est ce que je suis le seul à en parler, parce que je sais que je vais voter contre. Les autres entretiennent le flou parce qu’ils savent qu’ils vont voter comme leurs chefs Martin Schulz et Jean-Claude Junker, qui se sont engagés à voter ce traité, qui organise la fin de la souveraineté des Etats », a dénoncé Younour Omarjee.
Ce dernier a d’ailleurs fait référence au référendum de 2005 concernant le Traité de Lisbonne, « nous avons voter non, alors que tous les autres ont voté oui ». En effet, les fédérations réunionnaises des grands partis politiques, tels que le PS et l’UMP, ont suivi les décisions prises à Paris et Bruxelles en votant oui au Traité de Lisbonne.
Younous Omarjee s’est d’ailleurs insurgé contre le vote des grands partis politiques à La Réunion et en Europe, car « il existe des produits américains arrivés à l’île Maurice, qui sont prêts à venir à La Réunion et qui vont détruire nos productions ».

S’intéresser au sort de l’Europe et du monde


« Nous avons des problématiques partagées avec l’Europe et le monde. On était en avance dans les problèmes, mais l’Europe nous a rattrapé dans les problèmes, comme en Espagne, en Grèce ou au Portugal », a expliqué le candidat de l’Union des Outremer. Ce dernier a évoqué une visite à Athènes, avec Alexis Tsipras, dirigeant de Syriza, durant laquelle il a pu constater la misère et la pauvreté grandissante dans la capitale.
« On doit se sentir concerné, car on ne peut pas demander une politique pour les RUP, sans être à l’écoute des peuples », a indiqué Younous Omarjee. Ce dernier a expliqué qu’il y a « un combat que nous devons partager, contre la politique d’austérité qui remet en cause le modèle européen d’Etat-providence et qui remet en cause les services publics et veut réduire les interventions de l’Etat ».
Pour ce dernier, il y a la volonté d’établir en Europe « le même modèle qu’aux Etats-Unis et qui existe dans les pays anglo-saxons ». Il s’agirait alors de la libéralisation des services publics, avec la santé et l’éducation payantes et le monopole des marchés. « Si un espace se libère, il ne restera pas bien longtemps vide, car les marchés sont partout », avec une telle politique, a expliqué le député sortant.
« L’Europe fait table rase pour installer des marchés dans la santé, dans l’éducation, et pour réduire l’intervention de l’Etat ». Y compris en France, avec la politique menée par François Hollande et son plan d’économie de 50 milliards, a expliqué Younous Omarjee.

« Nous sommes au centre »


« Il n’y a pas de mot plus vilain qu’ultrapériphérie, nous sommes au cœur, au centre. Nous sommes ultrapériphérique pour eux, mais eux le sont aussi pour nous », a expliqué Younous Omarjee. Ce dernier a indiqué : « On est à l’ultrapériphérie de leurs préoccupations, mais on est au cœur de nos vies. On a des voisins, un environnement régional ». Pour ce dernier, La Réunion s’ancre dans l’Union Européenne, mais elle doit aussi « s’ancrer dans l’environnement régional et l’Union Européenne doit nous accompagner ».
D’autant plus que « le repli de l’Europe sur ses frontières » face à la crise économique et sociale, devrait l’obliger à « regarder vers l’ultrapériphérie », a indiqué le candidat de L’Union des Outremers. « Ils devraient regarder vers nous, car nous sommes la clé des solutions, avec nos mers et océans. On est l’immensité, on n’est pas un petit pays », a assuré ce dernier. « Le développement ne peut plus être pensé par rapport au terrestre, mais dans l’espace et dans les mers. Avec ça, nous sommes bien plus important que l’Allemagne ».

La liste de l’Union des Outremer, une candidature écologiste


« On ne parle pas assez de la disparition des espèces animales et végétales. Nous sommes dans la sixième vague de disparition des espèces. Demain, on ne pourra plus voir d’éléphant, de grands singes, qu’au zoo. Les baleines, requins vont disparaitre dans l’indifférence totale parce que le modèle d’organisation économique et de prédation fait que l’on tue l’ensemble des espèces », a expliqué Younous Omarjee.
« Les occidentaux traitent les espèces comme ils exploitent les matières premières et les esclaves, comme des biens qu’on peut utiliser comme on veut ». Pour ce dernier, la première conséquence de ce désastre écologique sera « la disparition de l’espèce humaine ». Raison pour laquelle, Younous Omarjee propose la création d’un qualificatif juridique nouveau pour définir les crimes de l’Humanité contre les espèces et la nature. Le but est de « traduire les multinationales devant les tribunaux, car ce sont elles qui vont amener l’Humanité vers sa fin ».


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