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Yves Gigan, secrétaire de la section communiste de Saint-Benoît, répond aux questions de « Nout Journal ».

« Rompre avec le localisme »

Geoffroy Géraud-Legros / 16 novembre 2012

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Qu’attends-tu de la Reconstruction ?

La reconstruction, c’est redonner la parole aux militants ; que les dirigeants du Parti, prennent en compte les doléances, les réflexions et les initiatives de tous les camarades. Pour aider à ce rapprochement, je pense qu’il faudrait instaurer une série de rencontres entre la Direction collégiale et les militants, qui puisse aboutir sur des synthèses validées par les adhérents, et déboucher, au final, sur une synthèse générale. Je pense ici à des consultations directes, et non pas à des approches territorialisées : il ne doit pas y avoir de domaines réservés, de petites baronnies et de petits barons à La Réunion… De même, la Reconstruction, pour moi, doit écarter les décisions prises en haut de la pyramide…Car elles sont perçues comme des tâches par les militants, comme des travaux désagréables.

Quels principes doivent animer la Reconstruction ?

La Reconstruction doit porter les valeurs de notre organisation. A commencer, bien sûr, par le devoir d’exemplarité. Il y a évidemment le versement des indemnités. Mais c’est surtout, selon moi, une affaire de conscience. Conscience que, quel que soit l’endroit où l’on se trouve dans le pays, on a été élu sur un programme réunionnais, celui du Parti communiste réunionnais. C’est ce projet global qui doit se décliner dans les territoires et pas le contraire. Et non le contraire : la déclinaison des intérêts des territoires sur le projet global. Il y a urgence à rompre avec le localisme, qui apporte des divisions, des luttes de personnes, des intrigues. Etre communiste ça se vit au jour le jour. A commencer par faire ce que l’on dit, et ne pas faire le contraire de ce que l’on dit.

Quelle est selon toi la meilleure façon d’aider la population ?

Être vrai. Être réel et proche de la réalité des choses. On a les pieds dans la boue, et on regarde vers le ciel. C’est indispensable d’avoir des perspectives. Mais on se doit d’agir tout de suite, par rapport à l’emploi, au logement, et trouver la bonne articulation entre l’urgence et les perspectives. Si mi sa oir Ti Boyé son kaz, koman mi gingne mèt l’autonomie énergétique au même niveau que ses problèmes. Ti Boyé, li na point accès à rien, lu é coincé dans sa case en bois sous tôle ». Il faut lui parler de son quotidien, il faut l’aider. Parce que sinon, on laisse la place à ceux qui ne parlent pas de perspectives ; et je peux te dire que nos adversaires, eux, excellent dans la réponse à l’urgence. C’est sans doute du clientélisme, mais c’est comme cela qu’ils gagnent la confiance et parviennent à rester au pouvoir. Face aux difficultés, nous ne pouvons pas apparaître comme des rêveurs, des gens qui parlent de choses certes essentielles, mais lointaines.

Propos recueillis par Geoffroy Géraud Legros


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