Canne à sucre

220 planteurs en détresse

La production sucrière a pris beaucoup de retard

Témoignages.re / 6 novembre 2009

La Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER) a lancé un cri de détresse aux usines sucrières ce mercredi 4 novembre. Suite à l’incendie qui avait bloqué l’usine sucrière de Bois-Rouge en septembre dernier, la récolte des champs de cannes de la plateforme du Grand-Pourpier a accumulé beaucoup de retard : 14.280 tonnes encore en pousse devraient déjà être broyées en cette période. Avec l’arrivée de la saison des pluies, les planteurs de l’Ouest font état d’une situation d’urgence et demandent à pouvoir envoyer une partie de leur production à l’usine du Gol notamment, à Saint-Louis.

Pour l’heure, les planteurs de la plateforme du Grand-Pourpier n’ont livré que 29.720 tonnes de cannes à l’usine de Bois-Rouge, contre 44.000 tonnes à la même époque l’année dernière.
« Ce retard est très inquiétant car nous entrons dans une période critique avec la saison des pluies. Bientôt, les cannes qui n’ont pas pu être récoltées vont recommencer à croître », déclare Jean-Max Zitte, responsable de la CGPER-Ouest.
Actuellement, la tonne de cannes est évaluée à 40 euros en moyenne, sans les aides. Mais toutes les cannes qui ne pourraient pas être coupées des champs perdront du poids, du sucre et par la même de leur valeur. Les planteurs évaluent leur perte à près de 100 euros par hectare non récolté sur cette campagne, sans compter les répercussions que cela aura sur la campagne suivante, qui risque de démarrer plus tard.
Le syndicat des planteurs demande donc aux usiniers de réagir. Chaque usine sucrière gère un nombre défini d’agriculteurs et de tonnes de cannes en fonction d’un quota déterminé relatif au nombre d’agriculteurs dans la région et à la taille de leurs champs. La Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion demande à ce que l’usine du Gol étende ses quotas, afin de permettre aux planteurs du Grand-Pourpier, affiliés à l’usine de Bois-Rouge qui tourne déjà à plein régime, de répartir le traitement de leurs récoltes. « Je sais que l’usine du Gol peut logistiquement se permettre de broyer une partie des récoltes de ces planteurs en détresse », explique Jean-Max Zitte, planteur affilié au Gol. Mais il y a probablement d’autres usines sucrières également susceptibles de les aider, précise-t-il.
L’usine sucrière de Bois-Rouge avait fermé le 31 août 2009 suite à un incendie qui avait gravement endommagé des équipements électriques de sa centrale thermique. Pendant près d’un mois, les cannes du bassin Nord-Est étaient réceptionnées par l’usine sucrière du Gol afin de limiter les dégâts en matière de production ou richesse sucrière, mais cela n’aura pas suffi.



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