Canne à sucre

Autosuffisance alimentaire à Maurice : les usiniers s’impliquent

Filière canne : information stratégique

Témoignages.re / 17 avril 2008

Hier, un journaliste mauricien évoquait la possibilité d’arracher des cannes à Maurice pour faire pousser des produits alimentaires de première nécessité. Cette possibilité est explorée par les acteurs de la filière canne à Maurice comme le rappelle un article paru dans "le Mauricien" du mardi 15 avril.

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(photo FP)

Évoquant la production de pommes de terres, un communiqué de la “Mauritius Sugar Producers Association”, émis en fin de matinée, note que "l’industrie sucrière a déjà une longue expérience dans ce domaine et compte s’impliquer davantage en vue d’atteindre les objectifs fixés au niveau national". Ci-dessous le communiqué dans son intégralité :

« Le monde fait face aujourd’hui à une grave crise alimentaire résultant, entre autres, de la demande croissante pour les biocarburants et d’une sous-production agricole par rapport à l’accroissement des populations. Maurice n’est pas épargnée et les questions de sécurité alimentaire du pays sont légitimes et pressantes.

Cette crise intervient au moment même où l’industrie sucrière est pleinement engagée dans un programme de restructuration profonde dans le sillage de la réforme du régime sucrier européen. Des investissements massifs ont été consentis pour s’assurer de la réussite de cette restructuration qui est vitale pour la survie de l’industrie de la canne à Maurice.

Toutefois, les membres de la MSPA ont toujours été conscients de l’importance d’assurer un certain niveau de sécurité alimentaire sur notre propre sol, et restent prêts à collaborer avec toutes les parties concernées afin d’aider notre pays à faire face à ce défi. Ceci est d’autant plus applicable en ce qu’il s’agit d’atteindre l’auto suffisance dans la production de pomme de terre.

Il faut savoir que l’industrie sucrière est déjà à la base de presque la totalité de la production locale soit un total d’environ 14.000 tonnes de pomme de terre, alors que la consommation est de 25.000 tonnes. La moitié de ces 14.000 tonnes est produite directement par les compagnies sucrières, et l’autre moitié par des petits planteurs (Young Farmers, sociétés coopératives, et planteurs individuels), en grande majorité sur des terres louées de l’industrie sucrière.

L’industrie sucrière a déjà une longue expérience dans ce domaine et compte s’impliquer davantage en vue d’atteindre les objectifs fixés au niveau national. Pour cela, la MSPA compte poursuivre ses discussions avec les autorités afin de voir dans quelle mesure les obstacles à l’auto suffisance en pomme de terre peuvent être aplanis, notamment les cycles de production, les facteurs de stabilisation des volumes et des prix tout au long de l’année, les capacités additionnelles de stockage, et l’approvisionnement en quantité suffisante de semences de bonne qualité. »


À La Réunion, les prix augmentent plus vite qu’en France

43% d’augmentation depuis 1990

Dans "Économie de La Réunion n°132" daté d’avril 2008, l’INSEE rappelle que l’inflation est plus forte à La Réunion qu’en France. La vie est pourtant déjà plus chère dans notre île.

« Entre 1990 et 2007, les prix observés à La Réunion ont augmenté de 43,2%, soit un rythme moyen annuel de 2,1%. Dans le même temps les prix relevés sur le territoire national (métropole + Dom) n’ont cru que de 34,5% (soit une moyenne annuelle de + 1,8%). La hausse des prix réunionnaise est légèrement supérieure à celle constatée en Martinique (42,0%), l’écart est plus important avec la Guadeloupe (36,2%) et surtout la Guyane où l’inflation est faible (31,6%).
La hausse des produits alimentaires qui représentent 19,5% de la consommation du "ménage réunionnais moyen" est de 36,3%.
Les prix des "Loyers et services rattachés" dont près de 80% de la pondération provient des loyers des résidences principales augmentent de 73,4% sur la période. »


Une hausse du SMIC inférieure à l’inflation

En France, pour faire face à une inflation sans précédent depuis vingt ans, le gouvernement anticipe la hausse du SMIC. Elle sera de 2,3% au 1er mai. Mais elle sera insuffisante pour compenser la hausse des prix. Sur un an, l’inflation a été de 3,2% en France, du jamais vu depuis 1991. À La Réunion, selon l’INSEE, l’inflation est sur la même période de 2,5%. C’est d’ores et déjà supérieur à la hausse du SMIC. Quid des autres minima sociaux et des allocations versées aux travailleurs privés de travail ?


Rodrigues, le grenier de Maurice ?

Dans son édition d’hier, "l’Express" de Maurice souligne les efforts faits pour que Rodrigues puisse permettre à Maurice de faire face à la hausse des prix des produits alimentaires de première nécessité.

« L’île Maurice peut compter sur Rodrigues pour pallier la crise alimentaire car nous avons déjà commencé à engranger un bon stock de maïs pour assurer à la population rodriguaise une certaine sécurité alimentaire. Le maïs peut se substituer au riz en cas de crise grave », déclare Louis-Ange Perrine, commissaire de l’Agriculture.
Avec la sécheresse en Australie, les restrictions sur l’exportation de grains secs par les gouvernements indien et chinois qui ont eu un impact assez conséquent sur les prix de grains secs à Maurice et à Rodrigues, le commissaire Perrine déclare qu’il a déjà pris des dispositions pour relancer la production d’autres denrées alimentaires de base telles que la pomme de terre, l’oignon, les haricots rouges et blancs, le piment, le limon, l’ail avec l’aide des méthodes culturales naturelles et la mécanisation pour faciliter le travail des planteurs.


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