Canne à sucre

Baisse de 90 % du bénéfice de Tereos

Résultat net en chute libre à cause de l’effondrement du prix du sucre

Manuel Marchal / 11 juin 2015

Le 9 juin, Tereos a publié ses résultats 2014. Le résultat net passe de 176 à 17 millions d’euros. La faute à l’effondrement du prix du sucre en Europe à cause de la surproduction et des importations autorisées par l’Union européenne. Pas d’amélioration prévue avant 2017 qui verra la suppression des quotas. Tereos cherche à fusionner avec Cristal Union qui refuse pour le moment. Les 38 millions d’euros de subvention supplémentaire demandés seront-ils suffisants après 2017 ? Les planteurs de La Réunion auront-ils la certitude de pouvoir vendre leurs cannes jusqu’au moins en 2021 ?

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Les craintes de fermeture de l’usine de Bois-Rouge dans deux ans se renforcent.

La crise du sucre était hier à la une de la presse en France, notamment du Monde et du Figaro.

La baisse du prix du sucre touche directement Tereos. Ses résultats en pâtissent. Ils sont eux-aussi en baisse. Le chiffre d’affaires a chuté de 8 %, et le résultat net de 90 %. Ses concurrents européens Nordzucker et Südzucker ont eux aussi pris un choc. En 2 ans, le prix moyen du sucre sur le marché européen est passé de 730 à 400 euros la tonne. Dans deux ans, il n’y aura plus la protection du prix garanti pour les invendus sous quota. Cette baisse est liée à plusieurs années de forte production, avec des stocks au plus haut. Elle est favorisée par les décisions de l’Union européenne qui autorise des pays à faible coût de production à exporter leur sucre vers l’Europe.

L’éthanol produit notamment avec la canne ne permet pas de compenser la baisse du prix du sucre, car la chute des cours du pétrole l’entraîne aussi vers le bas.
Voici quelques explications données par Tereos :

« Concernant le sucre en Europe, le cadre réglementaire en vigueur jusqu’en 2017 – et en particulier les contraintes d’exportation – s’est traduit par une augmentation importante des niveaux de stocks. Cela explique la poursuite de la baisse des prix sur le début de l’exercice 2015/16 puis leur stabilisation à un niveau de 415 – 420 €/t. Dans ce contexte, Tereos anticipe une nouvelle dégradation des résultats de ses activités sucrières en Europe »

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32 % de hausse au Mozambique

Thierry Lecomte, Président du Conseil de Surveillance de Tereos, a souligné que

« Dans moins d’un an, nous sèmerons les dernières betteraves du quota. Le changement sera très important : il n’y aura plus de prix minimum pour la betterave et il faudra s’attendre à encore plus de volatilité. Nous continuons à nous préparer à cette échéance importante pour aborder l’après 2017 avec une offre et une compétitivité renforcées ».

Pour la betterave, Tereos a traité 19,8 millions de tonnes pour produire 3,2 millions de tonnes de sucre, soit une hausse de 400.000 tonnes. C’est la conséquence de rendement très élevés.

Pour la canne à sucre, Tereos constate une légère augmentation des cannes récoltées au Brésil et à La Réunion. C’est surtout au Mozambique que les progrès sont spectaculaires, avec une hausse de 32 % grâce à l’amélioration du rendement en zone irriguée. Les 22,6 millions de tonnes de cannes récoltées ont donné 1,8 million de tonnes de sucre, 750.000 mètres cube d’éthanol et près de 1.000 Gwh d’électricité.

Cristal Union refuse la fusion

Face à cette situation, Tereos cherche à fusionner avec son principal concurrent français, Cristal Union. « La coopérative convoitée a froidement refusé cette offre de mariage », écrit le Monde. « Avec la fin des quotas, la consolidation est inévitable. Il me paraît normal et évident qu’on ait une réflexion au niveau français », affirme Alexis Duval, le président du Directoire de Tereos cité par le Monde, « qui milite toujours pour un rapprochement de Tereos et de Cristal Union », indique notre confrère.

Le seul partenaire des planteurs est donc face à des difficultés qui pourraient l’amener à se restructurer encore. Ce n’est pas rassurant pour l’avenir à La Réunion. Les 38 millions d’euros de subvention supplémentaire demandés par la filière seront-ils suffisants pour maintenir une industrie de la canne à La Réunion après 2017, date de suppression du quota ?


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