Canne à sucre

Belgique : planteurs de betteraves inquiets pour l’avenir

Baisse du cours mondial du sucre

Témoignages.re / 10 août 2013

La RTBF, radio-télé belge, est partie interroger des planteurs de betteraves à Frasnes-les-Anvaing. Les cours mondiaux du sucre sont en train de plonger. Le règlement sucrier actuel protège les planteurs de betteraves de ces fluctuations à la baisse, mais cette protection sautera en 2017. D’où l’inquiétude pour l’avenir. Leur principale crainte, c’est la concurrence du Brésil.

« Le sucre a perdu 20% de sa valeur en un an, mais 50% depuis les sommets de février 2011. Il y a eu d’excellentes récoltes un peu partout dans le monde ces deux dernières années. Mais la production est largement plus élevée que la demande et donc les prix plongent.

Mais cette chute des prix n’a pas d’impact direct pour le consommateur parce qu’en Europe, les producteurs de sucre et les betteraviers sont protégés par des prix minimums.

Valérie Vercammen est secrétaire générale des planteurs de betteraves belges, elle explique qu’il existe deux prix : «  Nous avons le prix européen du sucre qui s’élève environ à 709 euros la tonne en ce moment (des prix moyens de vente collectés mensuellement auprès des producteurs de sucre européens) et parallèlement à cela, nous avons un prix moyen sur le marché mondial qui s’élève pour l’instant à environ 367 euros la tonne  ».

Les betteraviers aujourd’hui ont un prix garanti qui fait partie d’un système européen de garanties de prix pour le sucre. «  Notre règlement de sucre actuel prévoit un prix minimum pour la betterave de 26,29 euros la tonne, un prix garanti payé au betteravier. Mais un prix qui ne suffit même pas à couvrir les frais de production  ».

Fin de la protection : 30 septembre 2017

Les betteraviers belges sont donc protégés, mais cette protection risque de disparaître un jour, et ce jour est connu : c’est le 30 septembre 2017. L’actuel règlement du sucre européen va disparaître et avec lui le prix minimum garanti pour le sucre et pour la betterave sucrière.

C’est un fameux défi pour notre industrie sucrière parce que, grosso modo, la production de sucre à partir de betterave — essentiellement européenne — coûte 30% de plus qu’avec la canne à sucre.

«  Le secteur entier, betteraviers et sucriers européens réunis, avait plaidé pour une reconduction du système actuel jusqu’en 2020. Histoire de nous laisser le temps de parfaire notre compétitivité  », explique Valérie Vercammen. «  À partir du 1er octobre 2017, nous nous retrouvons avec la concurrence du marché mondial. En fait, le prix de 367 euros par tonne de sucre sur le marché mondial est inférieur au prix moyen de production du sucre, même celui des pays les plus compétitifs, comme le Brésil  ».

L’idée étant que la productivité augmente dans notre industrie sucrière et que dans le même temps, les coûts de production augmentent dans des pays comme le Brésil, de sorte que la concurrence ne soit plus trop inégale...

Ce n’est pas impossible puisque chez nous, le rendement du sucre par hectare augmente de 2% par an. Il y a aussi une importante augmentation des investissements en recherche et développement. »


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